Moins que rien. En Haïti, la vie d’Éliette ne vaut effectivement pas grand chose. Loin de sa famille, loin de sa mère trop pauvre pour l’élever, elle habite dans une case de fortune dans les abords de la mal nommée Ville-Bonheur. Chaque jour ressemble au précédent et à ceux qui suivront. Des corvées sans fin qu’elle doit accomplir sans rechigner pour le compte de ses maîtres, Pierre Valentin et sa femme madame Ernestine…

 

Éliette est une « lapourça ». Là pour obéir. Là pour servir. Là pour courber l’échine. En échange, de la nourriture quotidienne et un toit au-dessus de sa tête, une petite case spartiate où elle garde précieusement ses seuls trésors. Une photo de sa mère, un crucifix, une bougie qu’elle économise et un vieux portable hors d’usage. Dans ses rares moments de liberté, Éliette rejoint ses amis, Ricardo et Jean-Jackson. Des « restaveks », enchaînés eux-aussi à leur condition. A eux trois, ils forment une bien maigre équipe de football mais ils se serrent les coudes.

 

Éliette ne se berce pas d’illusions. Peu de chance qu’elle quitte un jour Ville-Bonheur pour rejoindre son village derrière les montagnes violettes de l’Artibonite. Sa mère lui a pourtant toujours dit de croire aux signes. Son salut viendra peut-être de cet étrange tableau que son maître la force à acheter. Un tableau représentant un homme en costume d’époque qui se met soudainement à s’adresser à elle. L’homme dit s’appeler Jean-François-Adrien Piedefer. Il vit en 1770 et c’est un esclave en révolte…

 

« Tu dois partir, Éliette ! Débarrasse-toi de tes chaînes ! »

 

Mi réaliste, mi fantastique, voilà un petit roman prenant et inattendu qui fait prendre conscience au lecteur qu’il existe encore de nos jours des enfants soumis à un esclavage qui ne dit pas son nom. La rencontre, rêvée ou non, entre Éliette et Jean-François-Adrien Piedefer est hautement symbolique. A ses côtés, la jeune fille va finir par relever la tête pour elle aussi se révolter contre sa condition qu’elle acceptait jusqu’alors avec fatalisme. Le parallèle entre les deux époques est plus que parlant. Une façon subtile d’ouvrir les jeunes lecteurs au monde et un livre logiquement soutenu par Amnesty International

 

Une lecture que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi, et que je vais m’empresser de proposer à mes collégiens.

 

L’avis de Fanny

 

Éditions Talents Hauts (Janvier 2018)

Collection Livres et égaux

83 p.

Illustration de couverture réalisée par Julien Castanié

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 978-2-36266-233-1

 

pepites_jeunesse


3 commentaires

Alex-Mot-à-Mots · 27 mars 2018 à 13h00

Je le note pour mes collégiens.

krol · 27 mars 2018 à 18h55

Donc, plutôt âge collège ? Dommage pour moi…

jerome · 28 mars 2018 à 13h16

Un petit livre nécessaire pour faire découvrir aux enfants une réalité bien triste sur laquelle il ne faut pas fermer les yeux.

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