Elle est attirante cette couverture, intrigante aussi. Une fois ouvert et feuilleté, l’album étonne encore plus tant la jeune auteure semble s’amuser à mélanger les styles. Un noir et blanc énergique parfois juste crayonné, des expressions parfois caricaturales, un certain sens du mouvement et soudain des planches au pastel éclatantes de couleurs, empreintes de poésie et de douceur. Une alternance qui exprime à merveille cette double culture qui est la sienne. Un aller retour entre les rêves d’une petite fille et cette réalité qu’elle ne peut qu’imaginer au travers des récits de sa mère…

Camille est une enfant pleine de vie, impertinente et turbulente même. La journée, elle ne tient pas en place et à son mot à dire sur tout. Une langue bien pendue, quelques cavalcades ou acrobaties dans les escaliers, des joutes verbales bien senties avec son grand frère… et le soir, le calme d’une chambre dans laquelle elle ne peut s’endormir sereinement qu’après avoir entendu les berceuses et les contes japonais racontés par sa mère.

Avec les cours de japonais qu’un professeur vient régulièrement lui donner à domicile, ces histoires murmurées à la tombée du jour sont son seul lien avec une terre qu’elle n’a jamais connue. Des petits bouts de là-bas qui se mélangent aux kanjis et aux hiraganas qu’elle peine à ingurgiter. Des histoires qui entrent en résonance avec l’imaginaire foisonnant de la petite fille et l’aident à lutter contre les cauchemars qui hantent ses nuits. Des nuits où les monstres des contes se mêlent à sa peur viscérale que sa mère l’abandonne un jour pour rejoindre ce pays qu’elle a dû quitter…

Pour sa première bande dessinée, Camille Royer évoque son enfance et interroge cette double culture qui a façonné celle qu’elle est devenue. Les questionnements de la jeune Camille, ses peurs, les liens forts qu’elle a avec cette mère à la fois si lointaine et si proche, sa prise de conscience de son déracinement… l’album de Camille Royer dessine les contours d’une relation pacifiée avec un pays qu’elle a longtemps imaginé avant de connaître. Une histoire toute simple, non dénuée d’audace et d’humour, qui dit la force du métissage avec beaucoup de sensibilité. Talent à suivre !

Le site de Camille Royer

Éditions Futuropolis (Août 2019)

160 p.

 

Prix : 21,00 €

ISBN : 978-2-7548-2438-5 

 

BD de la semaine saumon

Reprise du rendez-vous de la BD de la semaine

… chez Moka

 

By Hérisson

 


15 commentaires

Eric the Tiger · 28 août 2019 à 06h10

Malgré ton enthousiasme, je ne suis pas sûr de chercher à découvrir cet album. Les dessins ont tendance à me rebuter. Je ne suis pas du tout sensible à ce style. Les goûts et les couleurs… Au plaisir de te relire…

Cristie · 28 août 2019 à 08h09

Je l’ai feuilleté mais je n’ai pas adhéré au graphisme du tout. Je ne pense pas y plonger un jour ce qui est regrettable car le thème avait tout pour me plaire.

Soukee · 28 août 2019 à 09h21

C’est vrai que le trait est vraiment singulier mais l’histoire a l’air intéressante et les problématiques qu’elle soulève aussi. A voir si je croise la route de cet album. 😉

Enna · 28 août 2019 à 09h47

le sujet semble intéressant mais je ne suis pas du tout attirée par les dessins.

Caro · 28 août 2019 à 12h16

Les graphismes sont un peu trop particuliers pour moi, le coloriage surtout… Mais on ne sait jamais…

Mylene · 28 août 2019 à 13h40

j’avoue, tu me rends très curieuse !!

PatiVore · 28 août 2019 à 23h10

Le thème de cette BD me plairait bien mais les dessins sont… bizarres ! Mais si j’ai l’occasion de l’avoir en mains, je la feuilletterai pour être sûre.

Moka · 29 août 2019 à 10h24

Graphiquement ça ne me rebute pas même si mes yeux ne pétillent pas dans l’immédiat… J’ai lu quelques titres dans cet esprit côté dessin et ça peut vraiment être réussi.
Pourquoi pas.

Violette · 29 août 2019 à 12h14

ça m’intrigue mais les dessins… hum, le côté enfant qui a fait, ça me dérange.

Bouma · 29 août 2019 à 17h09

à voir si je la trouve en bibliothèque, parce que le dessin ne m’accroche pas plus que ça mais ce que tu en dis m’intrigue

Jerome · 30 août 2019 à 13h20

Le dessin est quand même très particulier. Il faudrait que je vois l’album en vrai pour me faire une idée plus précise.

Alex-Mot-à-Mots · 31 août 2019 à 13h39

Un graphisme original.

Nathalie · 31 août 2019 à 17h28

Pour l’histoire pourquoi pas, mais le graphisme avec tous ces coups de crayon ne me tente guère…

Alice · 2 septembre 2019 à 21h28

Je suis tout comme toi très attirée d’entrée par l’univers de la couverture. Et vu ce que tu en dis, je ne peux que tenter le coup ! Belle rentrée.

Azilis · 4 septembre 2019 à 09h37

Elle ne me tente pas du tout mais il ne faut jamais dire jamais! 😉

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