Que son papa d’habitude si sportif se mette à rechigner pour jouer au foot, passe encore. Qu’il la laisse gagner à la course à chaque fois, soit. Qu’il trouve tout un tas d’excuses bizarres pour ne pas aller se balader en forêt, admettons. Mais Olivia est vite obligée de se rendre à l’évidence, son papa n’est pas du jour au lendemain devenu feignant…

J’avais cru que mon papa préféré, comme j’aime l’appeler, avait attrapé la maladie de la paresse ; il avait attrapé la maladie tout court.

Et cette maladie, c’est la « Tartiflette », en tous cas, c’est comme ça que son père a décidé d’appeler cette maladie orpheline qui lui est tombée dessus. Une maladie à l’issue fatale qui fait que rien ne sera plus jamais comme avant… Mais la vie continue et l’amour fait le reste. Quand les difficultés à marcher deviennent trop grandes, la Chaise à grande Vitesse fait son apparition dans la maison. Quand les seize marches qui permettent à papa de rejoindre sa chambre chaque soir deviennent impossibles à gravir, un petit coup de pouce du destin permet d’équiper la maison d’un monte escalier. Jusqu’au jour où papa s’installe définitivement en bas avec vue quotidienne sur un jardin immense dont il ne peut plus profiter. Mais il reste les crêpes parties, les tartiflettes dégoulinantes de fromage en plein été, les rires, les foires à tout… et l’amour bien plus fort que les larmes…

Sophie Adriansen se glisse dans la peau et la tête de cette petite fille confrontée à la plus douloureuse des épreuves avec une justesse et une pudeur qui forcent le respect. Olivia n’est pas une guerrière mais elle fait front, aidée par l’amour de ses parents et une incroyable maturité forgée dans la douleur. Dans ses mots, toute la peur, toute l’incompréhension, toute la colère et tout l’amour d’une petite fille qui peu à peu doit se faire à l’idée de perdre son papa. Mais aussi la vie qui continue, malgré tout, les petites victoires, les bonheurs simples qu’il faut savoir cueillir au jour le jour, les souvenirs qu’on se construit et qui eux ne s’éteindront jamais…

Parfaite funambule, Sophie Adriansen aborde le sujet de la maladie, du deuil et de la fin de vie avec toute la délicatesse et l’intelligence qu’on lui connait. Un texte bouleversant et précieux habité par un formidable souffle de vie ♥

Une pépite évidente pour une nouvelle lecture partagée avec Jérôme, comme chaque mardi (ou presque).

L’avis d’Antigone

Je réalise soudain que plein de choses, dans notre maison, sont faites pour les gens qui se tiennent debout. Le compartiment congélateur et les robinets. Les étagères et les poignées de porte. Les tiroirs et le dessus de la cheminée. Tout ce qui m’était inaccessible quand j’étais petite l’est devenu à papa. C’est normal d’être petite avant d’être grande, mais être cloué à un fauteuil sans être vieux ni avoir eu d’accident, ça ne l’est pas.

Pourtant, je n’ai jamais entendu papa se plaindre. Est-ce qu’il le fait quand je ne suis pas là ? Et je ne l’entends pas non plus moins rire qu’avant. Mon papa est extraordinaire. Mais ça, je n’ai pas attendu l’arrivée de Tartiflette pour le savoir.

Éditions Nathan (Septembre 2018)

118 p.

Illustrations de Tom Haugomat

 

Prix : 5,95 €

ISBN : 978-2-09-257707-3

 

pepites_jeunesse

 

By Hérisson


6 commentaires

Cristie · 9 octobre 2018 à 11h20

Il a l’air très beau !

Alex-Mot-à-Mots · 9 octobre 2018 à 13h12

Joli nom de maladie : la tartiflette.

Jerome · 9 octobre 2018 à 14h00

Tellement casse-gueule ce sujet mais tellement bien traité au final. Chapeau bas, l’exercice est magistralement maîtrisé !

Antigone · 9 octobre 2018 à 15h19

Coup de coeur évident !

krol · 9 octobre 2018 à 22h06

Et bien, comment passer à côté de ce roman jeunesse maintenant ?

gam · 11 octobre 2018 à 21h52

Je l’avais noté après la critique d’Antigone, je le surligne donc

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *