Au bord du monde, Penss observe. Autour de lui, la nature s’épanouit, meurt, renaît dans un cycle immuable que le jeune homme aimerait pouvoir comprendre et maîtriser. Autour de lui, organisés et méthodiques, les hommes et les femmes du clan s’échinent à survivre. Chasser, pêcher… et chaque jour recommencer sans chercher à comprendre ni tenter d’influer sur un cours des choses sur lequel ils pensent n’avoir aucune prise. En marge de la tribu, Penss veut percer les plus grands secrets de cette Terre qui choisit de donner ou de reprendre. Cette Terre capable des plus grandes largesses comme de sombrer dans un long sommeil privant les hommes de nourriture.

Rejeté par son clan, solitaire, marginal, Penss se retrouve seul à la mort de sa vieille mère. Décidé à lire la nature et à la comprendre, Penss se pose et observe. Au printemps, la Terre revit, les fleurs bourgeonnent, les plantes poussent, le monde se déplie… Attentif, curieux, patient, persévérant, Penss commence à apprivoiser la nature et se lance le plus improbable des défis : exploiter, cultiver et maîtriser cette terre nourricière et tout ce qu’elle peut offrir aux hommes. Sans la martyriser, en l’aimant et en la respectant. Et peu à peu, son jardin prospère…

 

Ô monde, tu glisses, danses, frappes, siffles, scintilles, éblouis… Et je me crois bien le seul à voir ta beauté. Car les autres, tous les autres passent leur vie à courir.

Jérémie Moreau s’assoie au bord du monde et imagine les débuts d’une nouvelle ère. Il prend son temps, calque le rythme du récit sur les pas de son héros vers une plus grande compréhension du monde qui l’entoure. Penss observe, contemple et apprend. Pour ne plus subir la loi de la nature, il tente de l’apprivoiser et de la contraindre, portant sur elle le regard d’un scientifique qui tâtonne, expérimente, anticipe et souvent se trompe. Il faut être patient pour espérer arracher à la terre ses secrets mais Penss a tout son temps. Le lecteur aussi, qui déambule les yeux écarquillés aux côtés de ce héros atypique qui capture l’essence même du cycle de la vie.

Impressionnant dans la maîtrise de sa palette graphique, Jérémie Moreau éblouit. Ses aquarelles d’une grande puissance subjuguent par ce qu’elles arrivent à retranscrire du pari insensé de son héros. Le voyage se fait contemplatif dans ce conte philosophique où l’auteur de la Saga de Grimr, fauve d’or 2018, raconte le monde à ses origines tout en nous interrogeant sur notre rapport à la nature. Magnifique !

Les avis de Hélène, Moka, Violette

Jérémie Moreau sur le blog : Le singe de HartlepoolMax WinsonTempête au HarasLa saga de Grimr

Éditions Delcourt (Septembre 2019)

Collection Mirages

228 p.

 

Prix : 25,95 €

ISBN : 978-2-413-01351-8

 

BD de la semaine saumon

… chez Stephie


19 commentaires

Enna · 22 avril 2020 à 08h28

Les planches que tu montres me font très envie!

Mylene · 22 avril 2020 à 09h45

celle-ci me tente énormément depuis sa sortie…. faudra que je vois pour me la commander 😀

Bouma · 22 avril 2020 à 10h20

j’avais eu un coup de coeur pour la Saga de Grimr alors forcément j’ai envie de découvrir ce nouvel album.

cr · 22 avril 2020 à 10h43

Ces planches … !! Je suis totalement tentée !

Natiora · 22 avril 2020 à 11h02

Je dois encore lire La saga de Grimr mais ce n’est pas impossible que je commence par Penss, l’histoire me tente énormément.

Moka · 22 avril 2020 à 12h52

J’aime tout ce qu’il fait. Vraiment.
Ce type a un talent fou.

Hilde · 22 avril 2020 à 15h33

Les planches que tu partages sont belles, tu me donnes envie de découvrir l’univers de Penss.

Blandine · 22 avril 2020 à 19h01

Me voilà très intriguée !

gambadou · 22 avril 2020 à 21h21

ça à l’air très beau en effet

Nathalie · 22 avril 2020 à 21h39

Je la lirai certainement, ne serait-ce que pour les paysages !

sylire · 23 avril 2020 à 21h57

Le côté contemplatif me fait un peu peur mais le graphisme est superbe.
Je me laisserai certainement tentée si l’occasion se présente.

PatiVore · 24 avril 2020 à 02h08

C’est magnifique ! Et puis j’avais bien aimé Le singe de Hartlepool ; je n’aurais pas dû oublier cet auteur… !

Stephie · 24 avril 2020 à 08h59

J’avais tellement aimé Tempête au Haras. Bon Grimr est sur ma PAL, je vais enfin me lancer dedans. Et on verra pour Penss au déconfinement alors

Karine · 25 avril 2020 à 21h10

Ça semble famuleux cet album! Je veux ça!

Antigone · 26 avril 2020 à 12h02

J’aime beaucoup ce que tu en dis et en montre, et ce rapport avec la nature m’interpelle…

Caro · 27 avril 2020 à 20h01

Très envie de retrouver le trait de cet auteur que j’apprécie ! Peut-être quand les librairies rouvriront… En tout cas, je le note !

Alice · 28 avril 2020 à 15h23

J’ai aimé aussi mais je suis plus mitigée, j’avais tellement été éblouie par Grimr. Ici j’ai trouvé ça très beau, avec de belles idées, mais un peu tiré par les cheveux par moments…

**Marie** · 9 mai 2020 à 16h48

Je l’ai lue très récemment. J’ai adoré !

Jerome · 23 mai 2020 à 19h38

Je vais attaquer la saga de Grimr avant de me pencher sur le cas de celui-ci 😉

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