Le genre féminin est réputé plus noble que le masculin à cause de la supériorité de la femelle sur le mâle.

Nicole Beauzée, grammairienne, 1767

Une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, des femmes à la tête de L’État, des rues et des écoles qui portent le nom de femmes célèbres, des hommes qui privilégient leur vie de famille à leur carrière pour élever leurs enfants… rien de plus normal dans le monde de Léa et Tom où le féminin, depuis la nuit des temps, l’a toujours emporté sur le masculin. Dans la vie, dans l’histoire… comme dans les manuels de grammaire.

Dans la cour de l’école, les schémas sont eux aussi bien ancrés et peu de raisons pour que cela change. Les filles annexent le plus bel espace pour jouer à des parties de foot endiablées pendant que les garçons s’amusent sur les côtés. De toute façon, les jeux des garçons ne sont pas très importants, s’il existait une coupe du monde de saut à la corde ou à l’élastique ça se saurait ! Quant aux compétitions de football masculin, elles ne sont pas très médiatisées et peu retransmises à la télévision… Mais quand Tom décide de venir à l’école avec un ballon bleu et se fait traiter de « fille manquée » parce qu’il dribble « comme un garçon »… Léa se met à réfléchir sur la société dans laquelle elle vit…

On ne dit pas magistrat, philosophe, poète, mais magistrate, philosophesse, poétesse, par la raison que ces mots n’ont été inventés que pour les femmes qui exercent ces professions.

Louise-Nicole Bescherelle, Grammaire nationale, 1834

Voilà un petit roman fort réjouissant et ô combien intelligent pour déconstruire tous les clichés et les stéréotypes liés à la domination du « sexe fort ». Le renversement, loin d’être simpliste, est au contraire très habile. Vie quotidienne, langage, tournures de phrases, usages… tout y passe, à tel point qu’il faut au lecteur, même adulte, un petit temps d’adaptation pour s’habituer à ces nouvelles « normes ». Un grand bravo à Florence Hinckel pour ce travail sur la langue et ses usages on ne peut plus parlant !

Un roman poil à gratter qui bouscule nos représentations et pousse subtilement les jeunes à s’interroger sur les inégalités et les injustices entre les hommes et les femmes. Vous l’aurez compris, ce roman original et engagé est à glisser d’urgence entre les mains de nos ados, filles et garçons, et de leurs parents. A  mettre dans les CDI de collège et à conseiller chaudement aux enseignants qui sauront s’en emparer pour engager la discussion avec leurs élèves.

Une pépite jeunesse renversante que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi.

 

L’avis de Fanny

Le site de l’auteure

 

Éditions École des Loisirs (Février 2019)

Collection Neuf

104 p.

Illustrations de Clothilde Delacroix

 

Prix : 10,00 €

ISBN : 978-2-211-23938-7

pepites_jeunesse


4 commentaires

Karine · 26 mars 2019 à 00h32

Pas de surprise, ton avis rejoint celui de Jérôme! Je prends en note… j’avoue que quand on entend ça comme ça… ça fait étrange!

Framboise · 26 mars 2019 à 11h19

Je crois que c’est toutafé pour moi ça :-p je note les copains et un grand merci pour la découverte

luocine · 26 mars 2019 à 15h11

un sujet qui me semble compliqué mais très très à la mode!

Jerome · 28 mars 2019 à 13h06

C’est très intelligent oui, même si je persiste à regretter ce petit coté « catalogue » sans véritable histoire.

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