Et encore je n’ai pas tout sorti des étagères…!

Ces derniers jours j’ai eu besoin de doux, de moelleux, de léger, de tendre. J’aurais pu me ruer sur les chamallows mais j’ai préféré me goinfrer d’albums, et j’ai de la chance, la maison en est pleine. Dans la chambre de ma fille, qui en grandissant n’a pas perdu son amour des belles choses et voue une admiration sans bornes aux illustrations de ses livres chouchous qu’elle lit et relit… mais aussi dans la mienne où certains trônent comme des œuvres d’art, il ne leur manque plus qu’un cadre. C’est beau un album non ? Ça rappelle les parfums d’enfance et ces histoires qu’on écoutait en silence avant de se coucher, ça ralentit le temps un peu, ça le rend souriant…

Alors c’est cadeau. Quelques mots sur ces albums que j’ai aimés dernièrement, rien de très construit ni de très développé mais croyez moi tous ceux-là (et tant d’autres) méritent bien une petite place sous quelques sapins.

 

Le grand voyage en Abécédaire, Christian Demilly et Alain Pilon, Grasset jeunesse (2019)

Il est immense et a un petit côté désuet dans les illustrations qui m’enchante et me ravit. Mélange joyeux d’abécédaire et de récit d’aventure, l’écriture cursive rappelle les méthodes de lecture du début du siècle. Formidable voyage au travers des mots qui s’égrènent sur les pages traversées, on jubile de l’inventivité des auteurs et on se régale de la tête des marmots qui farfouillent des yeux pour repérer les mots dans les illustrations. Joyeux et inventif, dès 4 ans.

 

Le livre des métiers imaginaires de Pierre Ducrozet, Julieta Canepa et Eva Palomar, Actes Sud Junior (2019)

Oubliez les vétérinaires, maîtresses d’école, pilotes d’hélicoptères et autres pompiers. La vie ça serait vachement plus fun si on pouvait faire appel à des chasseurs de nuages, des surfeuses d’arcs-en-ciel ou des collectionneurs d’odeurs d’enfance pour la rendre plus jolie. Étrange et divinement surréaliste, le lecteur découvre avec le sourire quinze métiers qu’il s’est peut-être déjà vu exercer en rêve. Et on a tellement envie d’y croire. Poétique et inspirant, dès 6 ans.

 

Le permis d’être un enfant de Martin Page et Ronan Badel, Gallimard jeunesse (2019)

Il est dans son monde Astor et il y est drôlement bien. Un monde rempli de rêves, de fourmis et de légumes du potager. Et ça ne plait pas trop à la Commission de l’enfance qui lui ordonne de rentrer dans le moule au motif qu’il ne fait pas un enfant très convaincant. S’il veut regagner le droit d’être un enfant, il va devoir faire ses preuves, se goinfrer de sucreries et rire des chatouilles. Qu’on se le dise ! A savourer dès 4 ans par toutes les petites têtes de toutes les couleurs qui ont bien raison d’être les enfants qu’ils ont choisi d’être. Epicétou !

 

Une super histoire de cow-boy de Delphine Perret, Les Fourmis rouges (2018)

« C’est l’histoire d’un cow-boy. Je l’ai remplacé par un singe, parce qu’on m’a dit qu’un cow-boy ça faisait trop peur avec ses dents cariées et son air mauvais. Son pistolet a été remplacé par une banane parce qu’un pistolet c’est trop dangereux. » L’histoire qu’on lit sur la page de gauche retrace les frasques d’un immonde cow-boy, violent et impitoyable. En regard, les illustrations nous dévoilent les occupations très politiquement correctes d’un singe tout mignon boulottant une banane ou faisant des exercices d’aérobic. Le résultat… une dénonciation piquante et joyeuse de ceux qui voudraient que jamais rien ne déborde du cadre. Loufoque et jubilatoire, dès 4 ans.

 

L’ours et son orchestre de David Litchfield, Belin jeunesse (2018)

On l’adore nous cet ours là. On avait beaucoup aimé sa première aventure, quand il apprivoise ce piano trouvé dans la forêt et que la clairière se change en salle de concert. Et puis l’ours est devenu célèbre, à la ville, loin de ses amis. On le retrouve dans la suite de ses aventures et les illustrations de David Litchfield sont toujours un enchantement. On y découvre un vieux violoniste que plus personne ne vient écouter, un chien obstiné… et on y prône à nouveau les belles valeurs de l’amitié. Sensible et musical, dès 4 ans.

 

Hector et les bêtes sauvages de Cécile Roumiguière et Clémence Monnet, Seuil jeunesse (2019)

Il faut bien plus de courage qu’on ne veut bien le croire pour grandir. Se décider à quitter les rives de l’enfance tout en y restant un petit peu accroché. Mais quand on devient une grande sœur, on a un peu l’impression de devoir céder la place, et ça fait mal, ça colère, ça gronde, au dedans. Mais on peut toujours compter sur le vieux doudou abandonné dans un tiroir pour apprendre à dompter ses peurs. Sans jamais lâcher le fil… Poétique et réconfortant, dès 5 ans.

 

On l’a à peine remarqué de Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas, Frimousse (2019)

Au début, c’était juste un trait… Il passait presque inaperçu. Puis le trait s’est transformé en petit muret, il est monté, monté… et s’est transformé en mur. Personne n’a rien pu faire, n’a rien voulu faire, ça s’est fait comme ça, c’est tout. D’un terrain de jeux séparé en deux on en est arrivés à vivre loin les uns des autres. Mais les murs… ça peut se fissurer non ? Ça peut se casser ? L’intelligence et la finesse de deux auteurs qui ont tout compris. Un album pour rappeler que rien n’est jamais acquis, la liberté peut-être encore moins. Intemporel et universel, dès 4 ans.

 

Émerveillements de Sandrine Kao, Grasset jeunesse (2019)

Rarement un album aura si bien porté son titre. De sa couverture texturée qu’on se surprend à caresser à ces pages si pleines de moments suspendus, tout ici surprend par son élégance, sa simplicité, sa beauté et ses innombrables échos à nos pensées les plus intimes. On s’installe au bord du monde, on contemple, on prend son temps, on se (re)trouve. Et parfois, on trouve des réponses aux questions qu’on ne s’était même pas posées. Philo-poétique et inspiré, dès 4 ans.

 

Le grand voyage de Rickie Raccoon de Gaëlle Duhazé, HongFei Cultures (2019)

Allez, avoue. Toi aussi tu es tombé amoureux de cette petite frimousse toute mignonne avec ses grosses lunettes et son bonnet à pompon ? Et je vais te dire un truc… ce n’est que le sommet de l’iceberg cette belle couverture. Parce que tu vas fondre pour Rickie Raccoon élevée par Madame Rosabianca, chèvre angora de son état, quand elle la découvre échouée sur une île de Vancouver après une terrible tempête. Mais Rickie Raccoon ne sait rien de ses origines, et elle aimerait comprendre certaines choses. Direction l’île d’Hokkaïdo où vivent les Tanuki, des êtres possédant le don de métamorphose… A mi chemin entre le roman et l’album, un livre bijou pour apprendre à grandir. Magique et joyeux, dès 7 ans.

 

Avec toi de Pauline Delabroy-Allard et Hifumiyo, Thierry Magnier (2019)

Il est doux et il fait du bien cet album là. Il donne envie de se blottir, de se dire en chuchotant des mots réconfort, des mots qui tiennent chaud, des mots qui bercent. Parce que chaque jour il faut se séparer, se dire au revoir et garder comme un talisman les sourires et tous les moments où l’on se retrouve. Et deux voix s’élèvent, celle de la mère en page de gauche, celle de sa fille en regard. Et tout est dit, de ce lien indescriptible qui relie un parent à son enfant. Émouvant et moelleux, dès 4 ans.

 

Dimanche de Fleur Oury, Les Fourmis rouges (2019)

Ce bonheur fou de retrouver l’univers poétique et douillet de Fleur Oury ! Cet album respire la douceur et l’espièglerie. Il sent l’enfance et ses chemins détournés, quand on découvre que la vie peut être plus ébouriffante qu’elle n’y parait. Quand elle s’échappe du repas dominical chez sa grand-mère, Clémentine la renarde traverse un rideau de ronces et tombe nez à nez avec un petit garçon. Elle ne le sait pas encore, mais elle partage désormais le plus joli des secrets avec sa mamie qui a gardé sa part d’enfance… Tendre et complice, dès 5 ans.

 

C’est mon arbre de Olivier Tallec, École des loisirs (2019)

« J’adore cet arbre. C’est MON arbre. J’adore manger MES pommes de pin à l’ombre de MON arbre. C’est MON arbre et ce sont MES pommes de pin ». Aussi déterminé que possible à protéger son bien le plus précieux, le petit écureuil roux ne recule devant aucune idée ou stratagème farfelus. Un mur, ça pourrait faire l’affaire un mur pour éloigner les curieux et les envieux. Mais si par hasard derrière ce mur, il y avait un autre arbre, plein d’autres arbres… et encore plus de pommes de pin ? Délicieux et drôle, à lire à voix haute aux bambins dès 3 ans.

 

Il est arrivé ! de Christophe Pernaudet et Sébastien Chebret, La joie de lire (2019)

« Il est arrivé ! Il est arrivé ! » Depuis le temps qu’ils l’attendaient ! On se réjouit dans la ville entière, les sourires naissent sur les visages, et tous, partout, redeviennent des enfants. Qui est arrivé ? Mais l’hiver voyons…! Un album qui sublime les joies toutes simples et les petits plaisirs de la vie. Le trait est joyeux et expressif, donne le sourire… et l’envie folle de se rouler dans la neige ! Naïf et joyeux, dès 3 ans.

 

365 (j)ours de bonheur de Liz Climo, Delcourt (2019)

Cet ours aurait pu être un proche cousin de l’ours Barnabé. Dessin minimaliste, petites saynètes à la fois drôles, cyniques, décalées, naïves et d’une grande tendresse, les gags sont tous d’une mignonnerie absolue. Au rythme des saisons, lapin et ours, mais aussi loutre, putois, tortue et bien d’autres, se donnent la réplique. On ne peut s’empêcher de sourire à ces petites historiettes aux chutes délicieuses. Subtil et irrésistible, dès 9 ans.

 

Peau d’âne de Cécile Roumiguière et Alessandra Maria, Albin Michel Jeunesse (2019)

Tout est précieux dans cet album là. Les illustrations raffinées d’Alessandra Maria dont c’est le premier livre, les mots ciselés de Cécile Roumiguière qui revisite le conte de Peau d’âne de la plus belle des façons. Puissamment féminin, moderne et atemporel, on y retrouve tous les thèmes du conte original doublés d’un magnifique hommage à Jacques Demy, Jean Marais ou encore Jean Cocteau. Sa Peau d’âne, libre, insoumise, se pare des plus beaux atours pour s’offrir aux yeux des lecteurs qui vont la redécouvrir. Majestueux et envoûtant, dès 10 ans.

 

Quinze albums, quinze univers… et autant de jolies façons de découvrir le monde à hauteur d’enfant. Ne vous en privez pas ♥

 

  By Hérisson 


8 commentaires

Nathalie · 14 décembre 2019 à 07h59

J’ai acheté Une histoire de cow-boy à Montreuil parce qu’il m’a vraiment fait rire !!

Bidib · 14 décembre 2019 à 10h30

Une belle selection où je vais pouvoir piocher allegrement. Je n’en connais aucun 😁

Kathel · 14 décembre 2019 à 10h57

Pour un petit de six ans qui aime bien les histoires humoristiques ? Peut-être Une histoire de cow-boy… et d’autres sont bien tentants aussi. De beaux albums pour te requinquer, voilà une bonne idée ! Bises, Noukette !

Fanny · 15 décembre 2019 à 12h12

Une histoire de cow-boy sera sous le sapin d’un petit garçon de mon entourage!

Merci pour ces belles recommandations!

Saxaoul · 15 décembre 2019 à 17h26

Je n’en ai lu aucun et pourtant nous ne sommes pas en manque d’albums à la maison !

Violette Doucettement · 15 décembre 2019 à 18h07

voilà qui me fait regretter que mes enfants soient grands… L’ours et son orchestre me tente particulièrement !

Jerome · 26 décembre 2019 à 11h37

J’ai très envie de découvrir « On l’a à peine remarqué  » et « C’est mon arbre » !

Alice · 7 janvier 2020 à 15h58

Que de merveilles ! Merci ! j’en ai déjà lu quelques-uns, Dimanche, ou Riccie Raccoon. Très envie de découvrir les autres, Le cow-boy et l’ours en tête ! 🙂

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