Dans son immeuble à Saint-Rémy-lès-Valence, Romuald n’a vue que sur un parking à vélo au travers des barreaux de ses fenêtres du premier étage. Une petite vie étriquée où il y a peu de place pour l’improvisation auprès de sa maman et de son jeune frère, un père aux abonnés absents et des services sociaux vigilants guettant le moindre dérapage.

Quand Gabriel-du-Secours a insisté pour qu’il aille passer douze jours dans le Midi, au bord de la mer, chez un couple de retraités prêts à jouer les familles d’accueil, la maman de Romuald a d’abord refusé. Pour finalement se laisser fléchir, un peu contrainte et forcée par tous ces gens qui passent leur temps à se mêler de leur vie. Mais ça lui fera peut-être du bien malgré tout à son Rom de prendre le large…

Avec sa valise couverte d’autocollants de tous ces endroits que sa mère rêve de visiter un jour, Romuald prend le train direction la Côte d’Azur où l’attendent Papy Guy et Mamie Juliette. Sur le trajet, un ciel de plus en plus bleu, et soudain… la mer !

Tout était beau. Peut-être que le « loin » dont il rêvait était ici, finalement… Peut-être n’y avait-il pas besoin d’en chercher un autre encore plus loin pour se sentir merveilleusement bien… Du moins, si on y vivait avec les gens que l’on aimait et qui vous aimaient, a nuancé Romuald, essayant d’associer ceux qui étaient loin au bonheur d’être ici.

Un très joli roman, tendre et sensible, où souffle un joli vent de liberté. D’abord un peu honteux de ne pas partager ce bonheur tout neuf avec sa mère et son frère, Romuald se laisse petit à petit aller à la douceur de vivre. Hypnotisé par l’immensité bleue, le jeune adolescent se surprend à apprécier le silence, le temps qui s’étire, les parties de pêche et les balades sur le marché. Papy Guy et Mamie Juliette ont leurs habitudes et imposent leurs règles et Romuald, après un temps d’agacement, s’adapte à cette nouvelle façon de vivre qui, loin de le contraindre, lui donne l’opportunité de s’envoler…

La couverture du roman est belle et simple et résume à elle seule toute sa magie. Sans juger, Jo Hoestlandt raconte l’histoire d’un jeune garçon qui déploie ses ailes. Romuald découvre un monde qui lui est étranger mais dans lequel il apprend à se sentir bien. Il change imperceptiblement, tout en restant fidèle à ses racines, partagé entre l’envie d’être avec les siens et ce désir égoïste de profiter seul de cette parenthèse enchantée. Sans stigmatiser la vie en banlieue, Jo Hoestlandt ouvre le champ des possibles en faisant cohabiter deux mondes que tout semble opposer.

 

Une bien jolie lecture que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi.

De Jo Hoestlandt sur le blog : GéantFourmidablePetite / Les Nivuniconnus

Le site de l’auteure

 

Éditions Magnard jeunesse (Août 2018)

Collection Romans Perles

175 p.

 

Prix : 12,90 €

ISBN : 978-2-210-96514-0

 

By Hérisson

 

pepites_jeunesse


4 commentaires

Alex-Mot-à-Mots · 20 novembre 2018 à 13h48

Toi aussi te voilà en accord avec Jérôme.

manU · 20 novembre 2018 à 20h13

Le sujet me plait bien…

Jerome · 21 novembre 2018 à 13h36

Sensibilité et humanité, il y a vraiment tout Jo Hoestlandt dans ce roman !

Nathalie · 23 novembre 2018 à 15h49

Vous voilà de nouveau d’accord !! Il à l’air bien joli ce roman.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *