A la folie – Pascal Marmet

A-la-folie.jpgJe suis en général plutôt friande de polars, je ne dis jamais non à une bonne lecture détente surtout en vacances…! J’ai donc embarqué le dernier roman de Pascal Marmet dans ma valise, gentiment envoyé par l’auteur, mieux, je l’ai lu quasi d’une traite dans l’avion, deux gamins endormis sur les genoux m’empêchant de bouger le moindre orteil… 

La proposition de l’auteur m’a séduite, le pitch et la couverture énigmatique aussi. La quatrième de couverture annonce un « thriller romantique », évoque une « machination diabolique ». Le fait est que dans ce roman, le lecteur va de surprise en surprise…

 

Pascal Langle a tout du pauvre type à la dérive. Inconsolable depuis la mort de sa bien-aimée dix ans auparavant, il vivote, accablé de tristesse et sans réel but si ce n’est celui « d’honorer » la mémoire de Ludmilla. Pour elle, il s’est éloigné de la capitale trop pleine de souvenirs pour devenir propriétaire d’un théâtre dans le vieux Nice.

C’est pourtant à Paris que nous retrouvons Pascal Langle au début du roman, plus précisément dans l’étude de maître Saltz, ce dernier souhaitant lui restituer un énigmatique cahier noir portant son nom, un journal datant de 2001 écrit par Ludmilla… Dans ce cahier, Ludmilla parle notamment d’un enfant…, mais quel enfant ? Avec violence, Pascal voit resurgir son passé, et c’est furieux qu’il apprend l’existence d’autres cahiers, qui par contre ne lui sont pas destinés. Son cahier porte le numéro 11 et est le dernier d’une série numérotée : que diable contiennent les autres cahiers ? Et surtout, qui en sont les destinataires ?

En sortant de l’étude, il bouscule sans le savoir Joanna Marcus, future propriétaire du cahier numéro 3… Mais Joanna ne connaît pas de Ludmilla…

 

Je n’irai pas plus loin dans le dévoilement de l’intrigue, sachez juste que ces cahiers sont le point de départ de bien des emmerdements soucis pour nos deux protagonistes ! Aucun temps mort dans ce thriller, tout s’enchaîne à une vitesse impressionnante, voire déconcertante… L’écriture de Pascal Marmet est agréable, elle s’adapte comme un caméléon aux personnages principaux, personnages qui, d’ailleurs, sont plutôt bien campés. Tous les ingrédients sont présents pour faire de A la folie un bon polar… pourtant, ce n’est pas un coup de coeur.

J’avoue avoir été quelque peu déstabilisée par la deuxième partie du roman : tout s’accélère, on y fait la connaissance de personnages secondaires qui pour beaucoup m’ont paru très caricaturaux et certains rebondissements sont complètement surréalistes… voire vraiment tirés par les cheveux… Bref, j’ai poussé un nombre incalculable de « Nooooon, pas possible ! », « Rhooooooo, mais c’est quoi ce bordel foutoir ? », « Mais d’où elle sort celle-là ? » « Mais qui, qui, qui joue en première base ? » « Nooon, pas le colonel Moutarde, dans le bibliothèque avec le chandelier…, noooon !! » Je vous rappelle chers lecteurs que j’ai lu ce roman en altitude, la pression, toussa toussa… ceci explique peut-être cela… Et puis le happy end là…, non, vraiment…, était-ce si nécessaire ?

Que dire donc ? A la folie est un excellent « page turner » comme diraient mes copines blogueuses expérimentées, j’aurais cependant préféré une intrigue moins échevelée, plus développée, moins incohérente sur la fin, une centaine de pages en plus n’auraient pas été de trop à mon goût…

Un polar qui se lit vite, qui m’a néanmoins fait passer un bon moment de lecture mais qui ne restera probablement pas gravé dans ma mémoire… Un grand merci à Pascal Marmet pour sa confiance.

 

Liliba, l’Irrégulière, Daniel Fattore sont emballés… Lucie et Céline sont mitigées… Cynthia est énervée !

 

Premières phrases : « Un escalier de bois se dresse face à moi. Immeuble bourgeois, odeur d’encaustique, tapis épuisé, poussière séculaire. Me voilà plongé dans le Paris que j’ai connu, que j’ai jadis traversé du nord au sud, d’est en ouest. Comme autrefois, place de parking à quatre-vingt-dix euros. Rien à cirer, mais plus pour les mêmes raisons. Ce rendez-vous à Paris m’enfonce dans ce que j’ai mis dix ans à décoller de ma mémoire, comme si mon souvenir était de sable, comme si l’on essuyait par une vague d’eau, une inscription, un prénom, une cicatrice tracée sur une plage. Mais ces souvenirs sont de marbre et je n’ai pu que voiler le passé à coups de décisions, de rencontres vides, de changements de cap. Depuis cet appel téléphonique, je suis complètement revenu en arrière. L’information reçue a convoqué une tempête d’ouragans en ouvrant la fosse aux serpents. »

 

Au hasard des pages  : « Je reste cramponné au cahier noir comme s’il devait s’envoler et me dirige vers la sortie lorsque la porte s’ouvre brutalement devant moi. On me bouscule. Quelqu’un rentre comme un tank, le cahier m’échappe et s’ouvre sur l’écriture ronde de Ludmilla. Je me baisse pour ramasser mon trésor et sors furibond. Je pourrais aussi bien me trouver dans une fête foraine pleine de bruit ou dans un désert silencieux, je ne vois plus ce qui m’entoure. Dans un état second, je reprends ma voiture en direction de Nice en évitant de justesse trois accidents sur le périphérique. A la pensée de la bombe à retardement que je transporte, les larmes ne sont pas loin de m’aveugler. L’émotion est insupportable. Je n’arrive plus à réfléchir. Je marche comme une machine à avancer vers le futur. Je rentre chez moi, aussi fatigué que si j’étais revenu en courant de Paris. Lessivé. Essoré. Je dépose l’explosif sur mon bureau sans l’ouvrir. Pas maintenant. » (p. 17-18)

 

Éditions France-Empire (Février 2012)

175 p.

 

Challenge ThrillerChallenge Thriller organisé par Cynthia

4/8

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-a-la-folie-pascal-marmet-103197966.html

16 commentaires sur “A la folie – Pascal Marmet

  1. Emballée, oui, parce que j’ai passé un bon moment, et que j’ai beaucoup aimé les deux personnages principaux, mais j’ai les mêmes réserves que toi sur la fin, trop de rebondissements tuent le rebondissement… et les dernières pages, on dirait du Harlequin ! Trop guimauve, dommage !

  2. Je suis évidemment d’accord avec toi même si tout cela m’a plus « énervée » (je devais avoir oublié mes pincettes ce soir-là).

    Attention ou tu auras également droit au commentaire de la groupie qui te dira que 80% des gens ont aimé ce roman !

    Bienvenue au club des 20

    • Eh bien non, pas de commentaire de groupie chez moi, c’est chez toi qu’ils se défoulent parce que tu as été une « vilaine » ! 😉 Gniark gniark ! 😉

  3. je tiens en tout cas à remercier tous les blogeurs par ce billet..

    merci à vous

     » A la folie » est un livre dont on parle beaucoup

    la semaine prochaine j’ai 2 articles dans la presse

    je suis comblé

    j’aurai aussi aimé que ce livre soit plus long

    le manuscrit original faisait 230 pages mais j’ai été censuré et réduit à 175 pages

    c’est dommage

    le pire pour un auteur est de recevoir aucune critique

    bonne ou mauvaise d’ailleurs car nous les auteurs cela nous aide à progresser

    donc Merci à vous Noukette même si vous billet n’est pas des plus flatteurs

    en tout cas vous avez pris le temps de lire ce livre et ça au moins c’est positif!!!

    • Bonjour monsieur Marmet et merci à vous de venir commenter ici !

      J’ai lu votre roman avec grand intérêt, vous avez su capter mon attention dès les premières pages ce qui est généralement bon signe ! Vous l’avez compris, mon plus gros bémol concerne la deuxième partie de votre roman et cette impression que les choses auraient pu se passer moins « vite »… Je me suis sentie un peu « bousculée » par toutes ces péripéties qui parfois me semblalent un peu décousues. Néanmoins, même si je n’ai pas totalement adhéré à votre roman, je reconnais que c’est un polar de bonne facture qui tient en haleine, la preuve, je ne l’ai reposé qu’une fois terminé… Je ne doute pas que vous aurez de bons échos de « A la folie » dans la presse ou sur les blogs, j’espère que cela vous encouragera à continuer dans cette voie du « polar ». J’attends maintenant le « bon gros pavé » que vous ne manquerez pas, je l’espère, d’écrire par la suite !

      Bien cordialement,

      Noukette

    • J’avais vu ça oui ! Tu as du le titiller là où il ne fallait pas ! 😉 Mais tu as vu, il s’adresse à tous ceux qui ont lu son livre, tu en fais donc partie ! 😉

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