Causes perdues – Gérard Meric-Cadourel

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Voilà un billet qui a bien failli ne pas voir le jour… Ce roman n’aurait pas été le premier de l’auteur et ne m’aurait pas gentiment été envoyé par l’éditeur… il est fort possible que je l’aurais abandonné après les premiers soupirs d’agacement. Je suis pourtant allée au bout de cette lecture qui m’a été, vous l’aurez compris… fort pénible.

Une bonne idée de base, ce n’est pas suffisant…

 

Nous sommes en 2025. Philippe d’Arciac, avocat au barreau de Paris, passe des vacances bien méritées en famille. Jusqu’à ce fameux coup de fil en forme d’appel au secours de la femme d’Henri Schneider, chef du groupe industriel « Schneider food and co » actuellement en Chine pour un important sommet de grands patrons. Emprisonné sans autre forme de procès et accusé de crime contre l’état chinois, il est envoyé avec neuf autres de ses collègues dans le quartier de haute sécurité de la prison militaire de Shangai… La situation n’est guère brillante…

D’abord réticent à s’occuper d’un tel dossier, Philippe d’Arciac finit par accepter de défendre Henri Schneider. Il est pourtant loin de s’imaginer que celui ci est la victime d’un complot visant à asseoir la puissance du « Grand Leader », chef tyrannique incontesté de la Chine devenue la première puissance mondiale. Contraint de se rendre sur place, Philippe d’Arciac n’est pas au bout de ses surprises…

 

Par où commencer… J’ai peine à croire qu’un tel roman ait pu voir le jour en l’état. Une coquille ou deux, passe encore, mais là, ce roman cumule un nombre incalculable d’erreurs diverses et variées qui handicapent grandement la lecture. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai tiqué et où j’ai failli refermer définitivement le roman, j’avoue franchement que c’est la première fois que je me retrouve à ce point perturbée pendant une lecture…

L’usage de la ponctuation, notamment des virgules, est totalement aléatoire et incongru, les phrases sont lourdes et interminables… (« Au milieu de ce tumulte, son Excellence, avait réussi tant bien que mal, à rejoindre les jardins situés derrière l’ambassade. ») Et que dire de l’usage des majuscules ! (« Aussi, Il n’était pas rare… » / « ce personnage Haut en couleurs… » / « Bien évidemment, Tout l’ameublement de la maison… »). Sans compter que les fautes de grammaire sont innombrables… (« Le serveur servit à Philippe la sole meunière qui l’avait commandée… ») Certaines phrases ne veulent de ce fait plus rien dire, ce qui, vous en conviendrez, est plus qu’énervant… Bref, j’en passe et des meilleures…

On pourrait évidemment tenter de passer au dessus de tout ça pour s’intéresser à l’histoire elle-même. Et là aussi, je suis très loin d’être convaincue. Pourtant, j’ai lu ce gros roman en deux jours, histoire de ne pas perdre le fil dans tout ce fatras économique et politique. Là aussi, c’est bien souvent navrant… Clichés, lieux communs en tous genres, logorrhées verbales interminables et soporifiques, passages documentaires qui n’en finissent plus… dieu que j’ai souffert ! Tout ça manque singulièrement de rythme pour un roman qui se veut thriller : c’est long, c’est lent… et douloureux !

Dommage, je le répète, l’idée était bonne. Les personnages tenaient la route, certains, comme les généraux chinois, étaient même très crédibles. Il reste que ce roman est une grande déception et m’a donné l’impression de perdre mon temps…

 

Merci tout de même aux éditions Persée pour leur confiance et à Pauline pour l’envoi de ce livre…

 

Les avis de Joëlle, Maggie et Rose

Le site de l’auteur

 

Premières phrases : « – Camille, couvre-toi, il fait très froid dehors ! Où sont ton frère et ta soeur ! Les enfants ! Dernier appel ! Venez vous couvrir, nous partons dans cinq minutes !

Natif de Saramon, Philippe d’Arciac aimait passer ses vacances en famille dans sa propriété située à quelques kilomètres d’Auch. Ici loin de tout, dans un monde encore préservé de l’insécurité, du bruit, de la pollution et de la misère citadine, il était heureux de partager ces quelques jours de quiétude et de repos avec Anne, sa femme, et ses trois enfants. L »hiver, il occupait son temps à lire un bon bouquin devant la cheminée ou à jouer aux jeux de société avec les enfants, ou bien, tôt le matin, à l’aube naissante, il partait en compagnie de son labrador Léo se promener dans la campagne environnante, et au retour, il s’arrêtait parfois chez le père Edmond avec qui il discutait autour d’un café des problèmes de la commune, des récoltes à venir, ou de faits divers rapportés sur la Dépêche du midi qu’Edmond sans perdre le moindre détail lisait, chaque jour, attentivement. »

 

Au hasard des pages : « Au cours de ces dernières années, il avait bien remarqué le changement de comportement des officiels chinois vis-à-vis des européens et des américains. Autrefois, leur attitude obséquieuse transpirait la crainte et le respect mais aujourd’hui les dirigeants chinois affichaient une conduite hautaine teinté d’un mépris avéré envers les étrangers comme si la supériorité du blanc si longtemps redoutée avait été gommée par leurs nouvelles richesses. La Chine de l’après-Mao avait bien changé. Le collectivisme étatique avait laissé place à un capitalisme effréné où l’argent domine tout. Les villes dans ce pays avaient poussé comme des champignons, grignotant m2 par m2, les terres des paysans que les figures locales du Parti ou des promoteurs véreux à la solde de l’Etat avaient sans vergogne chassé ou spolié. » (p. 124)

 

Éditions Persée (Mars 2012)

420 p.

 

 

Defi-Premier Roman 3/5

 

 Et une autre lecture pour le

challenge Thrillers et polars de Liliba !

 

Challenge Thrillers et polars-Liliba2/8

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-causes-perdues-gerard-meric-cadourel-108440589.html

7 commentaires sur “Causes perdues – Gérard Meric-Cadourel

    • Il y a des erreurs de l’éditeur, certes, mais pas que… L’ensemble est vraiment fragile, dommage, il y avait de bonnes idées…

    • Il y a le côté brouillon oui et puis toutes ces longueurs… Non, vraiment, je n’ai pas passé un bon moment et je le regrette bien…!

  1. Ben dis donc, heureusement que je passe pour noter ton premier roman ! Je lis avec étonnement le commentaire n° 2 de Laurent : effectivement le travail de relcture et de correction incombe à l’éditeur et c’est désolant de voir la mauvaise qualité de certaines petites maisons d’édition. J’ai moi aussi reçu en SP l’un ou l’autre ouvrage, et je les évite systématiquement désormais, tant la lecture est pourrie par ces problèmes d’orthographe et de coquilles. Cela dit, ce genre de lourdeurs contribue quand même à la mauvaise qualité générale du livre, et l’éditeur doit aussi être capable de suivre et de faire corriger correctement l’auteur. Je comprends parfaitement les réticences de Noukette et je ne crois pas qu’elle a démoli le livre en « osant » écrire ce billet !

    • J’ai hésité avant de dire le fond de ma pensée mais c’était difficile de faire autrement… Il y a effectivement un gros problème de relecture mais il y a aussi des grosses faiblesses par ailleurs… Le roman est très bavard, trop, l’intrigue en est considérablement ralentie… Dommage !

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