Ce qui ne nous tue pas – Antoine Dole

Ce-qui-ne-nous-tueTempête dans le petit monde de Lola. Ses parents se séparent. Il y a eu les cris, les pleurs, les gifles. Il n’y a plus que le silence maintenant que son père a passé la porte et les a laissées seules sa mère et elle. Mais Lola ne veut pas de la détresse de sa mère. Ni de sa compassion. Elle est forte, du moins il faut que tous autour d’elle le croient…

 

Mais Lola a mal. C’est en elle que gronde la tempête. Et Lola a la haine. Alors Lola s’enfuit. Vite, laisser derrière elle ses repères qui n’en sont plus et ces mensonges censés rendre la vie plus belle. Calmer cette violence qu’elle arrive de moins en moins à réfréner, tenter d’oublier que plus rien ne sera jamais comme avant, faire taire cette colère qui la ronge…

 

Quand Lola se réveille dans cette cage d’escalier, elle ne sait pas encore qu’elle va y trouver un refuge inattendu. Qu’elle deviendra Anna. Et qu’elle viendra se heurter à la solitude de Colette qui vivote dans son appartement… Colette et sa mémoire qui flanche, Colette et ses souvenirs qui s’effilochent, Colette chez qui le temps semble s’être arrêté. Colette qui sans même le savoir arrivera à apaiser sa douleur et à faire renaître dans son petit cœur en friche la douceur et la tendresse…

 

 

Antoine Dole plonge dans l’esprit de cette jeune fille déboussolée avec une étonnante facilité. Difficile de ne pas percevoir son mal-être, sa douleur, son rejet de tout ce qui l’entoure. Difficile de ne pas comprendre son envie de tout foutre en l’air pour laisser derrière elle le chaos qu’est devenue sa vie. Lola est une adolescente en colère, à fleur de peau. Fragile. Une gamine cabossée par la vie qui en veut à la terre entière et qui choisira la fuite pour éviter de cracher sa douleur à la face du monde. Jusqu’au jour où elle rencontrera Colette. Colette et sa bulle de solitude. Une jolie rencontre oui…

 

Si j’ai lu ce roman sans déplaisir je n’en ferai pas un coup de cœur.  Peut-être parce que j’ai encore très présent à l’esprit A copier 100 fois… Un texte ô combien percutant. Alors oui, il y a toujours cette voix de l’adolescent en souffrance mais elle n’a pas fait naître en moi l’émotion attendue. Je dois même avouer que par moments je trouvais que l’auteur en faisait trop.

Pourtant, j’ai aimé cette narration alternée choisie par l’auteur : d’un côté celle de Lola qui revient sur les raisons de sa fugue, de l’autre un récit à la troisième personne de ce qui se passe dans cet appartement entre les deux femmes. Une narration qui permet de découvrir lentement ce qui a amené Lola à se retrouver là. Trop lentement peut-être et c’est sûrement le plus gros reproche que je ferai à ce roman : cent pages, c’est court certes, mais ici, c’est presque trop…

 

Une lecture en demi-teinte que je partage avec Jérôme et Stephie, pas plus emballés que moi…

 

Le blog de l’auteur

 

Les avis de Anne Loyer, Bauchette, Mathilde

 

 

Au hasard des pages : « Chaque matin, quand je sors de chez moi pour venir en cours, il ne reste plus que de la colère. Contre moi, contre les autres, contre la vie. Le moindre murmure provoque des ondes de choc irrémédiables. Et c’est plus fort que moi, je le jure : au contact des autres, quand j’ouvre la bouche c’est la colère qui parle, et quand je lève la main c’est la colère qui frappe. C’est la colère tout le temps, qui décide, qui agit. Et c’est la peine ensuite, qui endort les dégâts. » (p. 20)

 

« Leurs solitudes apprennent à se connaître, langage commun, des mots qui se perdent, des gestes qui s’interrompent ; la solitude c’est ça : des vides, des blancs, des trous et puis des manques, et l’inverse à la fois : tous ces mêmes vides qui n’attendent que de se remplir et pour lesquels tout est bon à prendre. Lola prend conscience pour la première fois de ce que c’est, se sentir seule, avec la sensation persistante que les absences ne se combleront pas d’elles-mêmes. » (p. 29-30)

 

 

Éditions Actes Sud Junior (Janvier 2014)

114 p.

11 commentaires sur “Ce qui ne nous tue pas – Antoine Dole

  1. Oui c’est carrément trop… Je n’ai pas réussi à rentrer dans la rage de l’ado, même si au fond, elle a toutes les raisons de le ressentir. Et j’ai trouvé l’histoire de la mamie pas exploitée à fond. Je trouve qu’il y avait de quoi faire un chef d’oeuvre et que rien n’est abouti…

  2. Un mélange de « trop » et de « pas assez » ce roman, c’est dommage. Antoine Dole nous doit une revanche mais je ne suis pas inquiet, il nous a déjà prouvé qu’il avait un sacré talent.

  3. J’ai lu les billets de tes copains de LC… Je ne vais pas noter ce titre. Par contre, j’ai de noté « A copier 100 fois ».

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