Le rapport de Brodeck 2. L’indicible – Manu Larcenet

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Depuis longtemps, je fuis la foule car tout est venu d’elle… La guerre… et les kazerskwirs qu’elle a ouverts dans le cerveau des hommes. On peut se rassurer en disant que la faute incombe à ceux qui l’exhortent. C’est faux. La foule est un corps solide, énorme, tricoté de milliers d’autres corps conscients. Il n’y a pas de foule heureuse ni paisible. Derrière les rires et la musique, le sang chauffe et s’agite. Je les ai vus, moi, les hommes à l’œuvre, quand ils ont la certitude de n’être pas seuls…

 

Quand on arrive à ce degré de perfection il est difficile d’en dire plus. Manu Larcenet prouve avec le dernier tome de son adaptation du roman de Philippe Claudel qu’il fait définitivement partie des très grands… Longtemps qu’il était dans mon petit panthéon personnel depuis Blast mais là… les mots me manquent tant on touche au sublime, ni plus ni moins.

Une telle force, une telle intensité, ça force le respect et l’admiration. Un noir et blanc somptueux et élégant qu’on ne se lasse pas d’admirer. Un noir et blanc qui gratte, qui exacerbe la noirceur de l’âme humaine et fait ressortir toute sa laideur, tripes et boyaux à l’air. La quintessence du sombre, la définition même du tragique. Une beauté sauvage, âpre, violente. Un voyage sans retour dans un monde dominé par la folie des hommes qui finissent par ne plus l’être…

 

Une maitrise parfaite des silences et des non-dits. Une plongée dans le passé pour tenter d’expliquer « l’indicible », ce meurtre atroce commis par un village tout entier sur un homme qui n’était coupable d’aucun crime à par celui de n’être pas d’ici… Lui c’est « l’autre », « der Anderer », cet étranger qui fera naître une haine déraisonnée et poussera ses habitants à commettre l’irréparable. Un artiste qui arrivait à capter l’ambivalence des êtres sous ses pinceaux… Cet « autre », c’est un peu Manu Larcenet lui-même finalement…

 

Et Brodeck raconte… La mission impossible qui lui est confiée – ou plutôt imposée – de consigner les faits qui ont mené au drame. Un rapport qui absoudrait les responsables du crime. Mais dans son carnet Brodeck écrit aussi, dans le plus grand secret, et ses mots illicites prennent des allures de confession. Les souvenirs refont surfaces, putrides, tenaces. Réminiscences qui éclairent les faits récents et questionnent le comportement des hommes face à ce qu’ils ne comprennent pas ou ne maîtrisent pas… 

 

On se sent tout petit devant une telle œuvre… Alors on se tait et on savoure, encore et encore… Un incommensurable chef-d’œuvre que je partage avec Jérôme et Mo’ qui eux ont eu la patience d’attendre pour découvrir les deux tomes à la suite…

 

Mon avis sur le premier tome du diptyque

 

Les avis de Jacques, Tamara, Yaneck

 

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Éditions Dargaud (Juin 2016)

168 p.

 

Prix : 22,50 €

ISBN : 978-2-205-07540-3

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez moi !

 

La BD de la semaine c’est aussi chez…

 

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                                   Jérôme                                                                      Mo’

 

 

yaneck  adoption   nathalie   charlotte

          Jacques                        Moka                            Nathalie                         Charlotte

 

 

caro   entre-ici-et-ailleurs   faelys

            Caro                         Stephie                           Faelys

14 commentaires sur “Le rapport de Brodeck 2. L’indicible – Manu Larcenet

  1. Bien envie de lire ce tome 2, mais il faudrait avant que je relise le 1, histoire de bien saisir toute la force de cette histoire… ! (Et après, faudrait aussi que je m’engloutisse les Blast …)

  2. Je l’ai commencé hier soir, j’ai hâte de voir ce que ça donne. Surtout si tu dis qu’il surpasse Blast qui est une de mes séries de BDs préférés.

  3. J’avais acheté le tome 1 à sa sortie et ce ne fut pas toujours simple d’attendre pour le lire. Mais je ne le regrette vraiment pas. Pouvoir lire d’une traite la confidence de cet homme était un réel plaisir.
    Quelle force dans la narration. Et comme toi, j’ai savouré ces contrastes entre le n,oir et le blanc, ces jeux d’ombre et de lumière.
    Superbe, réellement.

  4. Je suis d’accord avec Mo, lire les deux d’une traite, ce n’est pas simplement prendre une claque, c’est encaisser un sacré aller-retour. Quelle lecture, mais quelle lecture !

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