L’Epouvantable peur d’Epiphanie Frayeur – Séverine Gauthier – Clément Lefèvre

épiphanie frayeur

« Arrête ! Arrête ! Tu me serres trop fort.

Tu… Tu me fais mal.

Je… J’étouffe…

 

Pourquoi tu fais ça ? Tu prends toujours tellement de place.

Je n’arrive plus à respirer. Tu ne me laisses jamais respirer.

Tu dois t’en aller… Tu dois me laisser. Tu… me fais mal. »

 

Où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, Épiphanie n’est jamais seule. Dans ses pas, fidèle comme une ombre, sa peur ne la quitte pas d’une semelle. Épiphanie a 8 ans et demi, comme sa peur. Elles ont grandi ensemble, mais pas vraiment à la même vitesse. La peur d’Épiphanie grandit, grandit, grandit… effrayante et démesurée… jusqu’à prendre bien trop de place. Et aujourd’hui Épiphanie est bien décidée à se débarrasser d’elle, même si pour cela elle devra affronter les dédales de cette forêt sombre et mystérieuse qui semble renfermer bien des secrets. Même si pour cela elle devra aller à la rencontre de l’énigmatique Docteur Psyché…

 

Surmonter ses peurs. Réussir à les apprivoiser. Arriver à les faire taire… Couper ce cordon invisible qui relie Épiphanie à cette peur viscérale qui la possède toute entière. Il n’est pas certain que les personnages bienveillants et bien intentionnés que croisera la petite fille sur son chemin lui soient d’un grand secours. Hasard des rencontres, étonnantes entrevues, guides fantasques, inadaptés ou visionnaires, comme Alice ou Dorothée avant elle Épiphanie se heurte aux questions sans réponses. Et devra grandir seule…

 

Attention bijou ! Aller à la rencontre d’Épiphanie Frayeur, c’est un peu retrouver ses rêves et ses peurs d’enfant. Celles qui vous empêchent d’avancer, vous hantent et vous rongent mais font aussi, curieusement, partie de vous. C’est voir ressurgir toutes ces questions qu’on se posait avec toute la candeur de l’enfance. Et qu’on se pose encore parfois…

 

Délicat, poétique et divinement riche, l’album se pare des plus beaux atours pour s’offrir aux yeux des jeunes lecteurs. Foisonnant, inquiétant, fantasque et joliment absurde, L’Épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur est un voyage magique aux confins des peurs enfantines. Teinté de douce folie, le dessin de Clément Lefèvre est étrangement accueillant. A la frontière du rêve, on se coule avec bonheur dans cet univers à la fois doux et torturé qui colle si bien à la quête de la jeune Épiphanie. Une quête magnifiquement mise en mots par la talentueuse Séverine Gauthier qui a décidément plusieurs cordes à son arc… Somptueux et indispensable, tout simplement…! ♥

 

L’avis de Mo’ qui a glissé cette merveille entre mes mains (mille merci… ♥), ceux de Moka et de Yaneck

 

D’autres (sublimes) albums de Séverine Gauthier sur le blog : GaranceMon arbreCœur de PierreL’homme montagne 

 

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 Éditions Soleil (Octobre 2016)

Collection Métamorphose

92 p.

 

Prix : 18,95 €

ISBN : 978-2-302-05385-4

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

 

 

challenge12016br

37/18

Challenge 3% rentrée littéraire catégorie « Touche à tout »

chez Hérisson et Léa Touch Book

Noir d’ancre : le Prix de la nouvelle érotique 2016

noir d'ancreJ’aime beaucoup l’idée de ce prix : écrire durant une nuit une nouvelle inédite en respectant une double contrainte, celle d’un contexte et d’un mot final. Pour cette première édition, les participants devaient s’accommoder du thème « Jamais sans toi, peut-être avec un autre » et terminer leur nouvelle par le mot « Ancre ». Un large éventail de possibilités pas forcément maritimes si tant est que l’on arrive à tenir éveillé jusqu’à 7 heures du matin, dernier délai pour renvoyer la nouvelle par mail.

 

Neuf nouvelles dont la nouvelle gagnante que j’ai lues sans déplaisir sur la route des vacances. Neuf nouvelles dont quelques jours plus tard je ne garde malheureusement que très peu de souvenirs. La qualité des dites nouvelles n’est pourtant pas à remettre en cause. Comme Jérôme le soulignait le mois dernier, il y a au contraire une jolie variété dans ce recueil. Et pourtant. C’est souvent le reproche que je fais à ce genre de littérature. C’est une littérature de l’instantané. On passe un bon moment, ou en s’ennuie, au choix, mais peu nombreux sont les textes qui arrivent à marquer durablement. Assez frustrant finalement…

 

Parmi les neuf nouvelles du recueil, quatre sont écrites par des auteurs dont je connaissais déjà la plume, parmi elles celle de Diniz Galhos dont j’avais découvert le premier roman à la sauce tarantinesque il y a quelques années. C’est peut-être celle qui m’a le plus surprise. Il y a là de la douceur et une belle façon de briser le tabou de la vieillesse. Une jolie plume aussi, délicate et sensuelle. A des kilomètres de celle de Gilles Milo-Vacéri, pas désagréable mais un peu trop « masculine » à mon goût dans cette accumulation des descriptions quasi chirurgicales. Régis de Sà Moreira a choisi quant à lui un point de départ original qui malheureusement m’a laissée de marbre. Reste la nouvelle de Catherine Verlaguet, dont j’ai aimé la subtilité et la belle sensualité. Quant à la nouvelle gagnante, je l’ai trouvée anecdotique…

 

J’attends de voir maintenant si d’autres éditions de ce prix verront le jour. L’occasion peut-être de découvrir des auteurs à suivre dans ce genre où pour ma part je trouve qu’il est très compliqué de sortir du lot…

 

L’avis de Jérôme

 

Pour lire la nouvelle lauréate : clic

 

Éditions Au Diable Vauvert (Octobre 2016)

154 p.

 

Prix : 12,00 €

ISBN : 979-10-307-0083-1

 

mardi c'est parmis

By Stephie

« Les carnets d’Estelle »

« Les carnets d’Estelle »[1]

Jusqu’au dernier instant, un doute immense : Va-t-on réussir à s’enfuir, à larguer les amarres, le boulot, les minots, les obligations conjugales, la grosse fatigue, le vélo, la Twingo… Jusqu’au dernier moment, l’angoisse… Sourde. Le stress… Total. La lutte… Folle. Voiture ou train ? Sac ou valise ? Jupe ou pantalon ? Combien ? Pourquoi ? Quelle culotte ? Pour qui ? Ahhhhhhhh…..

 

Jour 1

 

Et puis ce jeudi-là, dans une gare du sud de la France, deux mouettes encore étourdies par la vie, se retrouvent sur le quai. Encore un peu sonnées, encore un peu paniquées (enfin une mouette surtout transpire, l’autre donne TOUT pour lui offrir déjà du plaisir !), elles envahissent, d’un coup d’un seul, 6 sièges. Les mouettes s’étalent !

Quelques déboires plus tard, après du vélo-bateau-Twingo-train-et-car, c’est, dans la nuit noire, qu’elles trouvent Irène et Steph dans un bar. Retrouvailles. Intenses. Emotion mhuuuuum présente. Angoulême 2017 peut toutafé débuter. Bières. Équipe de Curling et Eddy Mitchell. Mais pas que…

L’appart’, sacrebleu, comment va-t-on tenir toutes dedans. Un chauffe-eau qui goutte. Des voisins en pleine teuf-techno-de-mauvais-goût qui donnent tout. Trop ! Des lions et un éléphant étonnés de se trouver là. Nuit agitée. Réveil matinal. Angoulême on est là.

 

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Jour 2

 

Une ville. Des remparts. Des bulles. Des badges. Une mouette-presse. Rhooooo cette émotion ! Merci Noukette et Steph. Sans vous, on serait de pauvres-mouettes-esseulées.

1er coup de cœur qui ne nous quittera plus. Jamais. Un lardon en couple. De la poésie. De l’amour déjà c’est sûr. Sylvain Moizie. Simon Hureau. Domas. Gaetan Nocq. Et Bast, un an après, pas changé, presque pas effrayé ! La Boite à bulles est dans la place !

La tristesse de l’éléphant de Nicolas Antona et Nina Jacqmin. Hiiiiii ! Merci Steph <3. Punaise cette BD-là laissera des traces, du doux, du fort et quelques larmes…

Moka et Jérôme. Le bonheur des retrouvailles ♥

Sabine. Enfin. Et puis Antigone. Formidable de mettre un visage, une voix, une douceur sur des bloggeuses de talent….

 

Riad. Riad. Riad. Œil ému. Cœur qui bat du mauvais côté. Des bottes moches. Riad. Riad. Riad. Des mouettes figées dans leur amour. Abouliques totales. Et là… sa phrase choc : « Ben, vous êtes encore là ?«  Riad. Riad. Riad. On sera TOUJOURS là pour toi !

 

Les mouettes se séparent. Chacune sa route, chacune son destin. Pour 2 heures. France Inter contre une bière. Pénélope Bagieu au micro, et encore des bulles. Faites chauffer la carte bleue. « Le poilu va me tuer, je lui avais promis de la freiner. » Perdre les pédales. Un peu. Pouffer à gorge déployée. Si. Dire n’importe quoi. Faire n’importe quoi. Baudouin et le rire d’Irène. Cette émotion-pas-croyable. Une main aux fesses. Stupéfaction de Stéph  8-O

 

La maison des peuples et de la paix. Expos et rencontres. Les planches de Doigts d’honneur s’exposent. Chapeau Bast. Pinaud et bière-qui-arrache !

LA soirée SNCF. Champagne et petits fours. Moka-ébahie-par-la-jeunesse-du-maire. Photos et poses divines ! Des auteurs-punaise-comme-ils-sont-biens. Partir avec eux. Trouver des Q, et par paires !

Un resto. Un choix fou de pâtes. « Surprenez-moi« . Une partie de Mémory. Des nouveaux copains. Oui, que voulez-vous, le Qféder… S’enfuir à la gare. Noukette. C’est si bon de te serrer fort. Jérôme-chou-qui-jamais-ne-flanche !

Finir la soirée. Rire encore. Partager. Rire toujours. S’entasser dans l’appart’. Être bien. Dormir un peu. Les voisins qui remettent les basses. Et le chauffe-eau qui dégoulinasse…

 

 Votre Photo Polar (4)

 Jour 3

 

Réveil en fanfare. C’est parti mon kiki. LA culotte est de sortie ! Se jeter dans la foule. Ce monde fou ! Fabcaro. Une cadence infernale. Peuchère ! On est loin de l’auteur esseulé d’On n’est pas là pour réussir  ;-) Et ça fait plaisir. Tout donner pour la cacedédi de Julie-la-nouvelle-fan-absolue-de-Zai Zai Zai Zai .

Perdre le fil. Offrir des carambars. Contre des dédicaces. Faire des bises. A tout va. Des kdos. Steph et son merveilleux James ♥. Comme un lundi. S’aimer drôlement fort. Des éditions indépendantes, libres et militantes. Bien fou dans ce monde de brutes. Eric Wantiez et Marie Deschamps. Mathieu Siam, légèrement diminué ;-) . Oh les éditions Makaka. Johan Troianowski et Olivier Clert. Et un album offert par Noukette qui fera le bonheur des nôtres.

Merci aux éditions Jarjille pour tous ces moments partagés. Et les sacs précieusement gardés. Vous nous avez sauvées.

Repasser par la Boite à bulles (mais oui encore !). Coller des bises de nouveau. Frimer un peu. Et puis L’ours Barnabé. Être chamboulées, toutafé. Dédicaces pour poulette. Le retour sera triomphant ! Merci Philippe Coudray.

Rencontrer Pierre-Henry Gomont. Avoir un 1er enfant, Peirera prétend. Déjà en garde alternée. Ce chamboulement. Cette pression aussi. Une mouette autoritaire. Un père. Et une mère déjà dépassée.

 

Foule immense. Être bousculées. Flancher parfois. Se soutenir toujours. Organisation d’exception de Steph-qui-gère-à-bloc. Reprendre des forces. Et du déo. L’homme semence et Jack London. Mhuuum Toi Moka ♥ Une bière ou deux. Kobane Calling et Manolis. Mhuuuum  Vous  Jérôme-chou,  Noukette et Moka ♥. Émotion palpable.  Lunch. C’est bien bon de te revoir.

 

Rire d’Estelle. Griffonner en cachette son carnet de commande. Jambon à la broche et verres de vin. Les mouettes-sont-cuites. « J’ai mal  ! » Irène souffre. La mouette s’inquiète ! Se raconter des potins. Et sortir dans la rue. Une queue-leu-leu improvisée. Trouver un bar. Des jeunes. Des mètres de mojitos. Même pas peur. Danser. Danser. Danser. S’embrasser. Se dire des mots doux. Des mots fous. Au plus près. Pour le meilleur. Toujours. Rencontrer Aurélien. L’élu de l’année. Notre Fauve d’or 2017. L’entrainer. Se mêler de ce qui ne nous regarde pas.

Rire. Rire. Rire. A perdre haleine. Est-ce bien raisonnable ? Déshabiller des hommes. Confidences pour confidences. La culotte est de sortie. Et le kuféder encore. Une trouble histoire de fleur dévorée. Savourée. Jérôme-chou est TOUJOURS dans la place. Mais keskilé fortiche  :-P

Une folie. La rue. Et puis soudain… Eux. Nouvelle queue-leu-leu improvisée. LES voisins. Ils n’attendaient que nous. De la passion. Un retour pas très catholique. Affronter l’herbe glacée. Dernière bière. 6h du mat’. Coiffure collée-serrée. Une nuit torride de filles !  Chaud, froid, soupirs et ronflements. Putain que c’est bon ! On a 28 ans et demi, c’est dit !

 

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Jour 4

 

Le réveil pique grave. Il faut partir. Vite. Être au bout. Ne plus pouvoir. Une mouette qui tire l’autre. S’effondre. Dans un Bar. Encore ? Ohhhhh Estelle !

La séparation. Moche. Le manque est déjà total. Comment tenir un an sans eux ?

Le train. Mais avec Steph. Coucou Fabcaro.

Rire. Et se souvenir. Se dire. Tout. Ou presque.

La nuit. La gare. Enfiler le vélo dans la Twingo. Ça passe large. Rentrer. Momo. Dans ses bras. Tout contre le nouveau-puissant-véhicule. Pavillon envahi. Yeux ébahis. BD sorties. Et puis la nuit.

 

Angoulême, c’est fini…

 

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« N’oubliez pas qu’on ne connait jamais tous les possibles » Eric Wantiez

Quatre jours, quatre nuits avec vous.

Ouvrir le champ des possibles. Croire. Se rêver immortelles.

Et s’aimer comme jamais.

 

 

Merci.

A Noukette et Steph

A Moka et Jérôme

A Irène

A Aurélien

Au collectif DIG-nos-voisins

A Vous

A ceux que nous avons oublié de nommer

A tout ce qu’on n’a pas raconté !

A Riad et à Estelle

A l’année prochaine

Merci.

 

Les mouettes

Julia et Framboise

                         

[1] Clin d’œil à Riad et à Estelle-la-divine-serveuse-qui-nous-a-régalé-presqu’autant-que-Riad-c’est-dire !

Ce que tient ta main droite t’appartient – Pascal Manoukian

tout-ce-que-tient-ma-droit-t-appartient-768x1125La vie ne tient pas à grand chose… Une succession de micro-évènements, quelques actes manqués, des faux pas, des mauvais choix, quelques rencontres…

 

Cinq poignées de main. C’est ce qui a déterminé le destin de Charlotte et de Karim. Cinq poignées de main pour que leurs routes se croisent. Cinq poignées de main pour précipiter leur existence dans l’horreur, mettre tout entre parenthèses et dessiner un avenir des plus sombres. Cinq poignées de main pour enterrer la joie, faire de l’amour une collection de souvenirs qui s’estompent et transformer l’espoir en un sourd désir de vengeance…

 

Ce soir là, Karim a tout perdu. Son présent, son avenir qui prenait doucement forme. Ce soir là, tout aurait pu être différent, si, si seulement si…

 

Si ce roman n’avait pas été écrit par Pascal Manoukian je crois que je ne l’aurais jamais ouvert. Je me doutais que le voyage serait douloureux et qu’il me serait impossible de m’installer confortablement dans cette lecture. C’est peu de le dire… Il m’a fallu des respirations pour en tourner la dernière page. Du temps pour digérer ce que je lisais. Du temps pour tenter de comprendre…

 

Quand la fiction rejoint à ce point le réel, la lecture est en tout point chamboulée. Extrêmement réaliste, le roman de Pascal Manoukian nous décrit notre monde dans toute sa violence. C’est un roman de l’urgence, brut, précis, implacable. Au cœur de l’horreur, au plus près de l’(in)humain, l’auteur nous livre un roman magistral qui marque au fer rouge. Après l’inoubliable Les Échoués, ce nouveau roman de Pascal Manoukian dit le monde dans toute sa complexité. Plus qu’un coup de poing. Une déflagration…

 

Une lecture nécessaire que je partage avec Leil

 

Les avis de Charlotte, Delphine-Olympe, Joëlle, Krol, Laure, Nicole, Stephie, Yv

 

Éditions Don Quichotte (Janvier 2017)

290 p.

 

Prix : 18,90 €

ISBN : 978-2-35949-591-1

 

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Millésime 2017, chez Laure !

Charlotte et moi – Olivier Clert

charlotte et moiIl y a beaucoup de tendresse dans Charlotte et moi. Beaucoup d’amour. Beaucoup d’humanité…

 

Des silences qui en disent long, des solitudes qui prennent racine, des regards remplis de questions sans réponses et des liens qui se tissent doucement, sans bruit, entre des êtres que tout oppose…

 

J’ai aimé ce récit tout en nuances beaucoup plus profond que le dessin rond et enfantin ne pourrait le laisser paraître. J’ai aimé voir naître cette complicité inattendue entre Charlotte et Gus. Parce que c’est l’histoire d’une belle rencontre, parce qu’elle balaye les différences, parce que parfois les histoires les plus simples sont aussi celles qui font battre le cœur un peu plus fort.

 

Il n’y a peut-être pas de hasard finalement… Les rêves sont parfois faits pour être réalisés, les routes de Charlotte et Gus étaient faites pour se croiser… et il y a fort à parier qu’il vont faire un joli bout de chemin ensemble.

 

Voilà, je pourrais en dire beaucoup plus mais je ne voudrais pas vous gâcher le charme de la rencontre. Sachez seulement qu’entre ces pages vous croiserez un petit garçon haut comme trois pommes et une femme solitaire hantée par des souvenirs flous. Qu’il y a ici tout un tas de petits bonheurs à savourer, beaucoup de lumière et un soupçon de magie. Oui, Olivier Clert ne le sait peut-être pas mais il a tout du magicien. C’est le premier album de l’auteur et il montre déjà toute l’étendue de son talent. Des cadrages impeccables, un dessin sensible, un soin particulier accordé aux angles de vue… sous ses crayons, la vie prend une autre couleur et on se surprend à croire que les rêves peuvent parfois se réaliser ♥

 

L’avis de Sabine

 

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Éditions Makaka (Novembre 2016)

144 p.

 

Prix : 23,00 €

ISBN : 978-2-917371-82-4

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Moka

A la dure – Rachel Corenblit

a la dureCe texte très fort ne pouvait avoir sa place que dans cette collection D’une seule voix. Un texte à lire dans un souffle, une voix qui laisse longtemps son empreinte…

 

Arthur a toujours été un bon élève, du genre à ne pas faire de vagues, à rester sagement dans les clous, à travailler avec sérieux pour atteindre un jour son rêve de devenir médecin. Tout le contraire de sa grande sœur, So. So, elle, ne marche pas dans les clous. So s’affranchit des règles, prend les chemins de traverse… même si ceux ci doivent la conduire dans des culs-de-sac et mettre sa vie en danger. So n’a peur de rien. Sa vie, elle la brûle par les deux bouts, accumulant les excès, prenant tous les risques. A 17 ans, elle a pris ses cliques et ses claques pour suivre un garçon, un dealer, qui l’a entraînée dans une spirale infernale.

 

Pour ses parents, elle n’existe plus. Pour Arthur, elle reste tatouée là, dans son cœur, sa grande sœur perdue… Et là voilà qui revient, après des années sans avoir donné de ses nouvelles, profitant d’une absence de quinze jours de ses parents partis en vacances. Arthur est seul à la maison, bachotage oblige. Et So a besoin de lui. So veut décrocher… mais elle veut le faire « à la dure », ici, avec lui pour l’aider. Arthur ne peut pas refuser…

 

« On ne peut pas dire que toi et moi, nous étions proches. Je suis le gentil garçon, tu es la rebelle. je suis le bon élève. Tu es celle qui a laissé tomber les études. Tu n’allais pas devenir copine d’un premier de la classe. Je n’allais pas applaudir les exploits d’une junkie suicidaire. Sauf que les choses ne sont pas si simples. »

 

Six jours qui paraissent une éternité. Six jours à lutter, à y croire, à abandonner. Six jours en huis clos, juste elle et lui, pour affronter des démons aussi tenaces que sournois. Six jours pour réapprendre à s’aimer. Six jours intenses qui donnent la nausée mais font croire en l’espoir…

 

Rachel Corenblit récidive après avoir frappé fort avec 146298 dans la même collection. A la dure. Ce roman porte on ne peut mieux son titre tant il colle aux émotions qui traversent le lecteur. Un roman coup de poing qui laisse un goût amer en bouche. Un roman tendu qui dit aussi à merveille le courage et l’amour fraternel…

 

Une nouvelle pépite jeunesse que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque.

 

A lire aussi, dans un autre registre, le pétillant Que du bonheur !

 

L’avis de Faelys

 

Éditions Actes Sud junior (Février 2017)

Collection D’une seule voix

80 p.

 

Prix : 9,00 €

ISBN : 978-2-330-07285-8

pepites_jeunesse

Shangri-La – Mathieu Bablet

Shangri_laJ’ai par le passé de nombreuses fois surmonté mes préjugés pour me lancer dans des univers à priori à des kilomètres de mes lectures habituelles. Avec bonheur d’ailleurs quand je repense notamment aux claques qu’ont été Les derniers jours d’un immortel ou plus récemment Saga

 

Assez curieusement, Shangri-La m’a tout de suite tentée. Précédée par des critiques plus qu’enthousiastes, en lice pour tout un tas de prix (il va bien finir par en récolter un d’ailleurs, pas possible autrement !), qualifiée de chef-d’œuvre par des spécialistes hautement recommandables… c’est surtout quand je l’ai eue en mains que je me suis dit que l’expérience allait valoir le détour. Et je ne me suis pas trompée.

 

L’objet-livre en lui-même est somptueux, grand format, dos toilé, bien épais. En soi, déjà toute une promesse… Et puis on jette un œil sur les premières planches. Éblouissant. Poussant le souci du détail à son maximum, Mathieu Bablet nous emmène dans l’espace, au cœur d’une station spatiale où vivent les survivants de l’espèce humaine. Depuis quelques centaines d’années, la terre est inhabitable. On peut juste l’observer, de loin…

 

Dans la station, la vie est régie et organisée de A à Z par Tianzhu Enterprises et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… même si quelques voix s’élèvent, d’abord timides, pour dénoncer une privation de liberté. Les humains « évolués » côtoient les animoïdes, espèce hybride créée par l’homme après l’extinction de toute race animale. Têtes d’animaux, corps d’homme, doués d’intelligence et de parole, ils sont la cible privilégiée de ceux qui les considèrent comme une « sous-race » à exterminer. L’homme, pour autant, n’a pas abandonné l’idée de devenir l’égal des dieux voire même de les surpasser et créant de toute pièce une nouvelle espèce humaine. Une nouvelle espèce capable de s’adapter, de vivre et de prospérer sur Shangri-La, région inhospitalière de Titan…

 

J’aurais bien du mal à vous résumer précisément cet album qui est un monde à lui tout seul. Tout y est foisonnant, et d’une folle intelligence. Je suis plus que néophyte en matière de SF mais à mon sens Mathieu Bablet a fait bien plus que créer un univers, il lui a donné corps. Shangri-La est un album ambitieux aux ramifications multiples qui mérite une attention de tous les instants et peut-être même plusieurs lectures pour en comprendre toutes les subtilités. Mais si certains aspects de l’histoire me semblent encore abscons, je me suis coulée dans ce monde sans difficulté. D’autant que ce monde, par de nombreux aspects, ressemble furieusement à ce que l’on est en train de faire du nôtre… Effrayant… et captivant !

 

Un mot aussi sur l’incroyable graphisme de Mathieu Bablet. Il y a du génie dans ce coup de crayon… Les « paysages » sont à couper le souffle, les décors soignés dans le moindre détail. On y entendrait presque le silence de l’immensité stellaire, on arriverait presque à toucher le vide… Je suis moins fan de sa façon de dessiner les visages par contre, le trait y est plus sec, plus hargneux, plus brut. Ce qui n’a pas diminué pour autant mon plaisir de lecture, une lecture partagée avec la pétillante Leiloona, qui a elle aussi choisi de sortir de sa zone de confort avec cet album..!

 

Les avis de Yaneck et Yvan

 

Le blog de l’auteur

 

9782205168396CONCOURS FLASH : En compétition au festival d’Angoulême, je souhaite vraiment le meilleur au sublime Shangri-La ! Finaliste du Prix BD Fnac, il aurait fait un beau gagnant mais c’est le chatoyant L’été diabolik qui a récolté le prix, peut-être plus accessible à un public plus large.

La Fnac me permet d’ailleurs de vous faire gagner 3 exemplaires de ce polar coloré, ça vous dit ? Un simple commentaire en fin de billet indiquant votre participation suffira ! Fin du concours mercredi 1er février à minuit. Bonne chance !

 

EDIT du 03/02/2017 :

La roulette a tourné et les 3 gagnants de L’été diabolik, vainqueur du Prix BD FNAC sont…

 

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Bravo à Violette, Moka et Mélo !

Violette et Moka, j’ai déjà vos adresses, Mélo, j’attends la tienne ! ;-)

 

 

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Éditions Ankama (Septembre 2016)

Collection Label 619

224 p.

 

Prix : 19,90 €

ISBN : 978-2-35910-969-6

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Mo’

Des poings dans le ventre – Benjamin Desmares

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« Sur la banquette du bus qui te ramène chez toi, tu fermes les poings. Tu serres autant que tu peux. Tu essaies d’éviter d’avoir à te pencher sur tes émotions. Ce n’est pas facile. »

 

Un récit tendu de la première à la dernière ligne. Le « Tu » nous saisit et ne nous lâche plus. Dans la peau de Blaise, le lecteur prend sa colère en plein visage. Elle gronde la colère, dans les tripes qui se tordent, dans les poings qui se ferment et anticipent les coups à venir, dans les muscles qui se tendent, dans la bagarre qui couve…

 

« Ba-Ba-Bam ». Trois coups dans le ventre. La signature de Blaise. « Ba-Ba-Bam ». Pour que se dissipe la rage, pour que s’évapore durant quelques minutes l’angoisse qui étreint et la douleur qui ronge. Une soupape. Une respiration. Illusoire…

 

Au collège, on redoute Blaise, son regard qui ne lâche rien, ses poings qui frappent au hasard. Elle est là la violence, prête à surgir. Quand le collège ne veut plus de lui, c’est en ville qu’il fera parler sa hargne. Invincible et craint le jour, Blaise redevient une victime dans ses cauchemars, poursuivi par des ombres menaçantes qui ne le laissent pas en paix…

 

Court, féroce, tourmenté, le récit de Benjamin Desmares nous capture dès les premières lignes. Prisonnier de sa colère, empêtré dans cette rage viscérale qui l’empêche de grandir droit, Blaise souffre et nous avec lui. L’écriture est au plus près des sentiments de l’adolescent, de son errance. Une écriture de l’urgence qui bouscule et laisse des traces…

 

Une pépite jeunesse qui ne laissera personne indifférent que je partage avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque

 

Éditions du Rouergue (Janvier 2017)

Collection DoAdo noir

77 p.

 

Prix : 8,70 €

ISBN : 978-2-8126-1199-5

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Trois saisons d’orage – Cécile Coulon

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« Les Fontaines. Je vous parle d’un endroit qui est mort mille fois avant mon arrivée, qui mourra mille fois encore après mon départ, d’un lieu humide et brumeux, couvert de terre, de pierre, d’eau et d’herbe. Je vous parle d’un endroit qui a vu des hommes suffoquer, des enfants naître, d’un lieu qui leur survivra, jusqu’à la fin, s’il y en a une. »


Je pense sincèrement que Cécile Coulon a du génie. Trois saisons d’orage est peut-être le roman de cette rentrée d’hiver que j’attendais le plus. Passionné, enragé, il vous happe dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher…

 

On est aux Trois-Gueules, cette « forteresse de falaises réputée infranchissable ». On est aux Fontaines, ce village enchevêtré dans la nature qui y prend ses racines, y vit, y meurt. On y ressent le froid, les vents glacials, les orages qui dévastent tout. On y tâte la rudesse qui sert de carapace à ceux qui n’ont pas grand chose d’autre pour se protéger. On observe la vie comme elle va, secrète, loin du bruit et de la fureur du monde de la ville qui bouillonne à quelques kilomètres de là. On apprécie le silence même s’il cache parfois de lourds secrets. Et on écoute l’histoire de cette maison, de ce village et de ces deux familles que la fatalité joueuse et cruelle va réunir… L’histoire d’André le médecin venu de la ville tombé en amour pour les Fontaines, de son fils Benedict et de sa petite-fille, Bérangère. Celle de Maxime le paysan, de son fils Valère, de leur ferme et de leurs vaches…

 

Trois générations confrontées à des orages intérieurs aussi furieux que dévastateurs. Trois générations confrontées au monde qui change, à la folie et à l’égoïsme des hommes, à leur espoir désespéré de maîtriser cette nature qui les domine et le leur montre. Trois générations qui voient les signes sans vouloir les comprendre…

 

« Aux Fontaines, on croyait toujours que le danger venait de l’extérieur, qu’on aurait le temps de l’appréhender, personne ne se posait la question des tremblements intérieurs, des mouvements sous la surface, le soir, quand les cloches se taisaient. »

 

Il est beau ce roman. Superbement écrit, chaque mot à sa place, pas un de trop. Au plus près des émotions qui ne disent pas toujours leur nom, au plus près de cette nature que l’auteure magnifie avec des descriptions à couper le souffle, au plus près de l’Homme, de ses bourrasques intérieures et de ses silences, au plus près de la tragédie qui se joue en coulisse et attend son heure… Un roman vibrant, ancré dans la terre, qui arrive par une grâce inattendue à tutoyer les étoiles. Du grand art…! 

 

Du même auteur sur le blog : Le rire du grand blesséLe coeur du Pélican

 

L’avis de Valérie

 

Éditions Viviane Hamy (Janvier 2017)

265 p.

 

Prix : 19,00 €

ISBN : 978-2-87858-337-3

 

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Millésime 2017, chez Laure !

La baleine thébaïde – Pierre Raufast

La_baleine_thebaideAttention..! Vous prenez un gros risque en ouvrant ce roman. Celui de ne plus pouvoir le lâcher avant la dernière page tournée…!

 

Le titre intrigue, fait sourire, souligne quelque peu notre manque de vocabulaire (j’avoue, « thébaïde », j’ai cherché ;-) ) et puis en route… Pierre Raufast nous raconte une histoire, ou plutôt deux… ou plutôt… Non, Pierre Raufast nous raconte des histoires et on les déguste jusqu’à plus soif, croisant avec ravissement et petit sourire entendu certains personnages déjà entrevus dans la Fractale ou la Variante, comprenant à demi-mots certains mystères restés en suspens (c’est dire si le lecteur habitué se délecte de ces petits clins d’œil…!) et devinant à quel point le bougre en garde encore sous le pied pour les nombreux autres romans qu’il ne manquera pas d’écrire (c’est dit !)

 

Dans La baleine thébaïde, il y a un bateau, une expédition en Alaska, des scientifiques aux sombres desseins, des âmes esseulées, des expériences génétiques plus que douteuses, du secret défense, des hackers flippants, des ébats aquatiques, des inventions pour le moins étonnantes à base de chocolat mais pas que, quelques macchabées, des crabes… et une baleine, oui, une baleine qui porte le doux nom de « baleine 52″ à la fréquence de chant unique au monde et par qui l’histoire – les histoires – commence(nt)…

 

Et ce diable de Pierre Raufast annonce la couleur : « Certaines choses racontées dans ce roman sont vraies ». Pour le reste, le roman est un joyeux fourre-tout mêlant humour, science sans conscience, espionnage 2.0, vastes supercheries, carabistouilles en tous genres… et réflexions très actuelles sur notre monde qui ne tourne pas toujours très rond…

Plume alerte et follement jubilatoire, Pierre Raufast nous entraîne dans sa folie douce de gamin farceur et on se régale ! Un vrai bonheur de se laisser bercer par tant d’intelligence, d’imagination, de tendresse et de fantaisie. A tel point qu’on se sent orphelin quand on tourne (trop vite) la dernière page de ce roman hautement généreux et roboratif en ces temps hivernaux ! 

 

Les avis unanimes de la « team Raufast » : Caroline, Keisha, Leiloona, Miss Leo, Virginie

 

Le blog de l’auteur

 

Éditions Alma (Janvier 2017)

218 p.

 

Prix : 18,50 €

ISBN : 978-2-36279-209-0

 

 

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Millésime 2017, chez Laure !