Personne ne disparait – Catherine Lacey

9782330057985FS« Sur la douloureuse déception d’être soi, le souffle court des promesses et la séduction du précipice, le premier roman de Catherine Lacey fait retentir une voix inoubliable, d’une originalité radicale et d’une drôlerie inespérée » Quatrième de couverture

 

Voilà. C’est un premier roman. Et c’est bouleversant. Totalement. Intensément. Incroyablement. C’est un ovni. Une merveille. Un truc fou qui chamboule l’intérieur. Qui se lit dans un souffle. Dans l’émotion. Les sourires au coin des lèvres et les larmes au bord des yeux.

Un roman qui ressemble à tant d’autres et pourtant, qui ne ressemble qu’à lui. Ça dit Nous, Vous peut-être ! Ça dit la vie. Celle qu’on effleure parfois. Celle qui nous tient réveillés, la nuit. Le jour aussi.

Des mots qui sonnent justes. Qui résonnent fort. Un récit de l’intime que je partage, un peu parfois, sans aucun doute, sans vraiment le savoir, sans vraiment en parler…

 

Un brin d’histoire :

Elyria, jeune femme New Yorkaise, diplômée de Barnard, employée depuis 5 ans comme scénariste chez CBS, mariée avec Charles, a une vie assez réussie… Et pourtant, un jour, sans dire un mot, s’en est allée. Loin. A tout quitté. Pourquoi ? Pour qui ? Pour elle ? En Nouvelle-Zélande, elle va chercher un nouveau souffle. Vers un ailleurs. Ou peut-être vers elle.

Commence alors un périple vertigineux, un voyage intérieur, fait de rencontres, de paysages éblouissants, de bords de route un peu sordide, d’aventures folles et de désespoir qui chamboule l’âme….

 

Extraits :

« Ce que je voulais dire c’est que j’avais conscience qu’il faudrait que je fasse quelque chose que je ne savais pas faire, c’est-à-dire partir comme une adulte, comme une grande personne, énoncer le problème, remplir des papiers, faire tous ces trucs d’adultes, mais je savais aussi que ce n’était pas tout le problème, que je ne voulais pas seulement divorcer de mon mari, mais divorcer de tout, de ma propre histoire ; j’étais poussée par des courants, par des choses invisibles, souvenirs et inventions et peurs tourbillonnant ensemble – c’était le genre de truc que tu ne comprends que des années plus tard, pas le genre de truc que tu peux expliquer à une quasi-étrangère dans un placard à balais, alors que t’es à peu près saoule, que tu ignores à peu près où tu es et ce que tu fais là, ou pourquoi certaines personnes reconnaissent l’odeur des secrets. »

 

« Mes choix étaient piètres, ils étaient pauvres, fauchés, ils avaient perdu toute valeur aux yeux des autres. Mes choix n’avaient de valeur que pour moi et cette valeur, me rendais-je compte, était elle aussi hautement discutable, maintenant que j’étais assise, engourdie et encore habillée sur un lit d’hôpital, en train d’attendre que quelqu’un vienne analyser en profondeur mon être invisible intérieur, et j’étais tellement sûre qu’on ne me dirait que ce que je savais déjà – qu’il n’y avait aucune raison évidente ou perceptible derrière tout ce que j’avais fait : quitter mon mari sans un mot et errer dans ce pays pendant si longtemps. J’étais simplement là, recroquevillée dans mon rien. Tout ce que je pouvais dire pour expliquer mes piètres choix c’est que j’avais eu le sentiment général d’avoir besoin de partir, d’avoir besoin d’être la première à partir, le besoin de me barricader contre la vie que tous les autres semblaient vivre, la manière apparemment évidente, intuitive, claire et facile, et facile et claire pour tous ceux qui n’étaient pas moi, pour tous ceux qui se trouvaient de l’autre côté de cet endroit appelé moi. »

 

Ce roman est un éblouissement, qu’il vous faut découvrir, je crois !

 

 

Éditions Actes Sud (Février 2016)

288 p.

 

Prix : 22 €

ISBN : 978-2-330-05798-5

 

 

Challenge-Rentrée-littéraire-janvier-2016

 

34 commentaires sur “Personne ne disparait – Catherine Lacey

  1. genre de billet où on peste car on sait qu’on a très envie de lire ce roman , mais que d’obstacles : se souvenir du titre, le trouver en médiathèque, noter le titre dans une liste liste, se souvenir où on a mis cette liste , trouver du temps pour le lire

  2. Encore un titre qui surnage dans l’infini des possibilités, ils sont nombreux à surnager, mais celui ci surnage vraiment bien ! Effectivement, trouver le temps, trouver le temps, trouver le….

    • Et ben merci ;-) en espérant que ce 1er roman t’emporte tout comme moi ! Parce que, sacrebleu, qu’est ce que je me suis régalée !!!

    • Ah mais tout n’est pas perdu !
      Espère que ce 1er roman te régalera (et que tu ne te mordras pas les doigts de l’avoir acheté et lu !)
      J’ai un peu peur moi maintenant !

  3. Hé, ho, on me la fait pas à moi… « Framboise », tsss… Je t’ai reconnue, Catherine Lacey ! :-)
    (mais oui, je vais courir l’acheter, ton bouquin ! <3 )

    • :-)
      Bon maintenant, j’ai un peu la pression hein ! J’espère que tu te régales et que nous raconteras vite vite !
      bisous demoiselle

    • Rhoooo merci ;-)
      Du coup, suis retournée voir la couverture, euh, bon, moi, évidemment, je l’ai lu, et adoré, du coup, je trouve la couverture drôlement belle aie !

    • Des bises demoiselle
      me dis que p’têtre tu aimerais, que c’est toutafé le genre de livre qui pourrait te causer à toi et à ton intérieur de demoiselle ! ;-)

    • Espère que ce roman te plaira et t’embarquera tout comme moi… (ai un peu la trouille du coup !). Je l’ai trouvé très fort et il résonne encore à l’intérieur, pour te dire comme il m’a bouleversé …
      Tu me diras ?

    • Oui, ce roman m’a complètement embarqué… Vraiment… Ai aimé l’histoire, l’écriture, l’humour, le décalage de la narratrice avec la « vraie vie »… ;-)

    • Oh merci !
      Ai toujours un peu la pression, me dis, si ça se trouve, il ne plaira qu’à moi …
      Mais vraiment ce 1er roman m’a enchanté, espère qu’il en sera de même pour toi … ;-)

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