La journée avait pourtant bien commencé pour Jefferson Bouchard de la Poterie, hérisson de son état. Un temps radieux, un bon gratin de pommes de terre au four et un rendez-vous pour se faire rafraichir la houppette chez son coiffeur attitré, un blaireau qui a le bon goût de couper les cheveux (ou les poils) en silence. A la perspective de cette parenthèse agréable et des mains de la charmante Carole en train de le shampouiner, Jefferson sourit jusqu’aux oreilles…

Sourire qui disparait instantanément quand il découvre monsieur Edgar assassiné avec ses propres ciseaux. Au mauvais endroit au mauvais moment, le pauvre Jefferson se voit accuser à tort du meurtre sauvage de son coiffeur. Obligé de fuir et de se cacher, il ne lui reste qu’une solution pour se sortir de ce pétrin. Mener lui-même l’enquête pour trouver les véritables coupables et se disculper. Aidé par son meilleur ami Gilbert, un cochon qui n’a pas froid aux yeux, Jefferson s’embarque dans une aventure à hauts risques au pays de ses voisins les humains…

 

Quel plaisir de retrouver la plume de Jean-Claude Mourlevat dans ce polar animalier aux multiples facettes. Si les plus jeunes lecteurs se régaleront de cette course poursuite trépidante et frémiront de concert avec des personnages ô combien attachants, les plus grands applaudiront la finesse sans égal de l’auteur pour aborder les questions de société derrière un ton drôle et léger. Toujours aussi à l’aise pour évoquer les liens qui se tissent et la force de l’amitié, il questionne ici avec grande intelligence notre rapport très ambivalent aux animaux. Culotté, audacieux… mais essentiel pour susciter la réflexion et sensibiliser les plus jeunes.

J’ai évidemment beaucoup pensé à La ballade de Cornebique en lisant de polar animalier. J’y ai retrouvé toute la tendresse de l’auteur, son humour et sa finesse. Sa capacité à y parler de nous aussi, humains trop (ou pas assez) humains. Des qualités mises ici au service d’une cause que ne renierait pas Vincent Message et son époustouflant Défaite des maîtres et possesseurs. De la littérature jeunesse de qualité, une fable douce amère, enlevée et engagée… on aurait grand tort de s’en priver !

 

Une pépite que j’ai pris grand plaisir à partager avec Jérôme, comme chaque mardi ou presque.

Les avis de Bladelor, Bouma, Krol, Pépita

 

Le site de l’auteur

Du même auteur sur le blog : SilhouetteEt je danse, aussi

 

Éditions Gallimard Jeunesse (Mars 2018)

270 p.

Illustrations d’Antoine Ronzon

Couverture illustrée par Lisa D’Andrea

 

Prix : 13,50 €

ISBN : 978-2-07-509025-4

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5 commentaires

Moka · 23 octobre 2018 à 00h06

Un Mourlevat, ça ne se rate pas ! Je compte le lire bientôt !

krol · 23 octobre 2018 à 09h32

Nous avons eu les mêmes références à la lecture de Jefferson ! Mourlevat va enchanter mes élèves à qui je vais offrir cette lecture très bientôt.

Kathel · 23 octobre 2018 à 10h26

De Jean-Claude Mourlevat, je n’ai lu que Terrienne (et beaucoup aimé). Je suppose que celui-ci est destiné à des lecteurs plus jeunes ?

saxaoul · 23 octobre 2018 à 16h54

Je l’ai commandé pour le CDI. Il a toutes les chances pour trouver rapidement des lecteurs !

Jerome · 29 octobre 2018 à 11h46

Tu sais à quel point je suis fan des récits animaliers, celui-ci ne pouvait que me plaire !

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