Le monde ne se terminera jamais. Tant que Chloé aura ses amis, les gens qu’elle aime, le monde ne se terminera jamais. C’est à ça que ça se résume, finalement, non ? Les gens qui nous ont touchés, ceux qu’on a touchés. C’est ça, le monde. Est-ce qu’ils se souviendront de nous ? Est-ce qu’on se souviendra d’eux ? Qui a eu un impact sur qui ? Qui a été qui ? Ouais. Genre, toute cette merde. C’est ça, le monde.

Si vous évoluez un peu loin de la planète adolescente, que votre propre adolescence remonte un peu trop ou que vous préférez ne pas tenter de percer les codes de cette jeunesse désabusée qui vous fait lever les yeux au ciel, cette incursion en milieu lycéen peut facilement prendre des allures de safari en terres inconnues. Pour ceux qui, comme moi, n’ont finalement jamais quitté l’école et sont même maintenant de l’autre côté de la barrière, c’est à la fois fort réjouissant, déroutant, émouvant et instructif. Et en peu flippant aussi quand on a la chance inouïe d’observer au quotidien les mœurs étranges d’un ado de 15 ans…

Minh Tuan, Chloé et Gaspard sont des losers autoproclamés. Trainant leur ennui et leur flemme abyssale dans les couloirs du lycée quand ils daignent y mettre les pieds, leurs journées suivent presque toutes le même schéma. Ils ne font rien mais ils le font ensemble, tout le temps. Et la perspective du bac dans six mois, ils s’en tapent, continuant de sécher les cours, de fumer des joints ou de se mettre des murges sévères à peine sortis du lit. Perdus pour la cause. C’est un fait acquis pour tout le monde qu’ils ne décrocheront pas le précieux sésame. Qu’importe, leur planète, elle, continue de tourner. Mais peut-être qu’ils n’avaient pas tout prévu. Pas prévue cette petite pique à leur orgueil endormi quand leur professeure principale les traite de branleurs. Pas prévue non plus l’arrivée de Tina et sa façon particulière de voir le monde…

Neuf mois. Neuf mois de cours, de notes prises, de leçons retenues, de feuilles empilées, de bureaux partagés avec untel ou untel, de rumeurs sur les couples à venir, sur les couples passés, neuf mois d’ennui, d’angoisse, d’espoir, d’amitié. Ce sera bientôt terminé. Ils le savent tous. Ils font ce qu’ils peuvent pour ne pas y penser.

Impossible de ne pas jeter un œil en arrière et de ne pas convoquer ses propres souvenirs même s’ils sont à des années lumière de ce que peuvent vivre les anti-héros de Vincent Mondiot. Je n’y peux rien, l’effet tribu, je crois que ça me parle. Culotté et résolument ancré dans notre époque, Les derniers des branleurs est une véritable radioscopie de la jeunesse actuelle. Truffée de références à la pop-culture (mention spéciale aux annotations en marge, quelle bonne idée !), trash, insolent et au plus près de ses rêves et de ses désillusions, le roman scrute la jeunesse dans tout ce qu’elle peut avoir de détestable, d’horripilant.. et de furieusement attachant.

Lauréat du Prix Vendredi 2020, Les derniers des branleurs ne laissera personne indifférent, il a toute sa place dans les pépites jeunesse partagées avec Jérôme, comme (presque) chaque mardi.

Le blog de l’auteur

Et lire aussi… Rattrapage

Éditions Actes Sud Junior (Juin 2020)

450 p.

 

Prix : 16,80 €

ISBN : 978-2-330-13696-3 

 

pepites_jeunesse


3 commentaires

Alex-Mot-à-Mots · 12 janvier 2021 à 11h20

Les moeurs étranges d’un ado de 15 ans : et plus, même….

Jerome · 20 janvier 2021 à 12h59

J’étais moi-même un sacré branleur au lycée, j’avoue, mais ces trois-là sont clairement hors-catégorie 🙂

Les Derniers des Branleurs : revue de presse | Survivre la Nuit · 28 janvier 2021 à 13h23

[…] « Culotté et résolument ancré dans notre époque, Les derniers des branleurs est une véritable radioscopie de la jeunesse actuelle. » La Bibliothèque de Noukette […]

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