La nuit ne lui apporte pas la tranquillité. Lucie n’est plus jamais tranquille. Dans la chambre proche de la sienne, son fils dort profondément. Sous son oreiller à elle, un couteau de cuisine pour lutter contre les ombres et ces fantômes qui la hantent.

Tamara lutte. Contre elle-même. Contre son corps. Contre l’envie qu’elle sait provoquer dans le regard des hommes. En cherchant l’affrontement, Tamara cherche une issue. Elle ne sera plus jamais victime, quitte à devenir lionne et à sortir les crocs.

Nicole évite jusqu’à son propre corps dans le miroir brisé de sa salle de bains. Elle voudrait être transparente, se rendre invisible. A ses yeux et aux yeux des autres. Disparaitre… peut-être que ça serait la solution pour ne plus souffrir.

 

Votre corps parle, écoutez-le.

Extirpez vos sensations les plus profondes et utilisez-les.

Déchargez la colère. Transpercez la culpabilité. Tuez la honte.

Libérez-vous.

Il faut parfois prendre les armes. Revêtir l’armure pour enfin fendre la carapace. Lucie, Tamara et Nicole n’habitent plus leur corps. Longtemps qu’il ne leur appartient plus, souillé, abimé, piétiné, nié. Longtemps qu’elle ont choisi de s’oublier pour oublier… La peur, la douleur, la haine. Figurantes de leur propre vie, ces femmes donnent le change à défaut de changer les choses. Mais il suffit parfois d’une petite étincelle, d’une main tendue, pour reprendre les rennes de sa vie.

Dans ce programme d’escrime thérapeutique, trois femmes choisissent de confronter leurs démons. Elles sont trois. Elles sont des milliers. Et elles ne sont plus seules. Pour libérer la parole, reprendre confiance en soi, et faire à nouveau confiance… les armes. Toucher sans être touchées, permettre au beau et au doux de s’inviter à nouveau… et réapprendre la légèreté. Être à soi, aux autres. Enfin.

Je ne suis pas forte. Je suis morte. Tout m’envahit, je sens encore tout son poids. Je veux être légère. Aujourd’hui je pèse une tonne.

Je ne veux pas être forte. Je ne veux pas être courageuse. Je veux retrouver ma légèreté.

Pour parler des violences sexuelles, choisir de ne pas les montrer. Sous les pinceaux de Quentin Zuttion, ces femmes bafouées deviennent guerrières. Ses aquarelles, d’une grande force, expriment toute la violence subie par ces femmes et toute celle qu’elles retiennent. Il capte toutes les blessures, toutes les béances, tous les silences. Montre « l’après ». Fort, très fort.

 

Touchée oui, énormément. Et encore plus de partager cette lecture avec Sabine

 

Les avis de Fanny, Mes échappées

Du même auteur, le magnifique Appelez-moi Nathan

 

Éditions Payot Graphic (Septembre 2019)

206 p.

 

Prix : 21,80 €

ISBN : 978-2-228-92448-1

 

BD de la semaine saumon

… chez Moka

 

By Hérisson


18 commentaires

Fanny · 6 novembre 2019 à 05h59

Une beauté…❤❤❤

Mylene · 6 novembre 2019 à 08h59

ok, ça a l’air vraiment bien !!

Nady · 6 novembre 2019 à 09h27

Très jolie chronique !

Nathalie · 6 novembre 2019 à 10h18

Décidément un thème dont on parle beaucoup en ce moment (et c’est une bonne chose ! ). Les illustrations ont l’air très douces. Je note.

Alice · 6 novembre 2019 à 13h54

J’avais adoré Appelez-moi Nathan, alors forcément je vais me jeter sur celui-ci.

gambadou · 6 novembre 2019 à 14h15

Je comprends que l’on soit touchée à la lecture de cet album

Madame · 6 novembre 2019 à 14h41

Votre lecture commune est bouleversante, très envie de la découvrir et le plus vite possible, merci!

Moka · 6 novembre 2019 à 16h43

Comment ne pas céder après vos chroniques?

Cristie · 6 novembre 2019 à 18h32

Il me la faut !

Saxaoul · 6 novembre 2019 à 21h14

C’est un pari audacieux d’aborder un tel sujet de cette manière et visiblement c’est réussi.

Enna · 6 novembre 2019 à 22h10

Décidément, après Sabine, tu fais mouche avec cet album! Très tentant!

Violette Doucettement · 6 novembre 2019 à 22h41

eh ben ! Je suis d’accord avec Nathalie, parlons-en, beaucoup. Je ne peux m’empêcher d’évoquer Les Chatouilles d’Andrea Bescond (la pièce, je n’ai pas vu le film) qui est une pure merveille…

Alex-Mot-à-Mots · 7 novembre 2019 à 16h02

J’aime beaucoup la première citation. Un dessin très pastel.

bouma · 8 novembre 2019 à 15h46

décidément vous vous y êtes mises à deux pour nous tenter… je note. et merci pour la découverte.

Amandine · 10 novembre 2019 à 13h12

Une lecture qui semble fort émouvante.

Blandine · 12 novembre 2019 à 08h04

Je veux le découvrir, et plus encore après vos deux chroniques !

Jérôme · 13 novembre 2019 à 13h52

Outch ! Un album dont on ne sort pas indemne on dirait !

Les Croques – Oiseaux de malheur – Léa Mazé – Moka – Au milieu des livres · 6 novembre 2019 à 00h16

[…]            Stephie            Noukette            […]

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