Je trouve cette couverture magnifique… On y voit une femme appliquée, dessinant patiemment les unes après les autres les différentes bandes d’un drapeau multicolore qui finira par l’habiller totalement. Elle apprend. Elle se construit. Se déconstruit. Jusqu’à quel point est-on capable de bouger les lignes ? Celles que l’on suit sans vraiment réfléchir… celles qui nous conditionnent, presque malgré nous…?

Quand Anne apprend que sa fille est un garçon, elle n’y est pas préparée. Dans son monde, ses normes, ses valeurs, dans tout ce en quoi elle croit, il n’est pas possible qu’une fille soit un garçon, ou inversement. Ce n’est pas ce qu’on lui a appris. Et Anne a beau être ouverte d’esprit, cette nouvelle la bouscule.

Lucie veut se faire appeler Alex, IL est prêt à faire sa transition et il a besoin que sa mère soit là pour lui. Pour Anne, c’est un coup de massue. Elle aussi va devoir entamer sa propre « transition ». S’ouvrir davantage. Accepter qu’il existe une variété de genres et que ceux ci puissent cohabiter. Tout se mélange… L’incompréhension, la stupeur, un certain sentiment de culpabilité… mais aussi une volonté d’être là pour elle, pour lui, de l’accompagner, le comprendre, l’aimer… toujours.

Alex était en colère, il voulait aller vite. J’étais trop lente à m’adapter.

J’avais beaucoup à apprendre, à explorer.

J’avais moi aussi besoin d’avancer, de progresser pour m’affranchir, bouger mes lignes.

Comme un coming out : le processus est lent.

Transitions est un témoignage, une histoire vraie (les noms des personnages ont toutefois été modifiés). On suit Anne dans ses questionnements, ses errances, son besoin de comprendre, pas après pas. Son chemin est long, lent, difficile et il est admirable. Elle se documente, cherche à mettre des mots sur ce qu’elle vit, et finit par comprendre que son éducation et la société l’ont conditionné sur ce que devait forcément être une fille ou un garçon. C’est un véritable parcours que le lecteur suit grâce à ce journal qu’elle tient pour consigner toutes les étapes de sa « transition », ce changement de regard qu’elle opère sur son enfant.

Graphiquement, j’ai retrouvé avec bonheur l’inventivité et la force du trait de Élodie Durand découverte avec La parenthèse. Torturé, aérien, brut… le graphisme est pluriel et s’affranchit lui aussi des codes. Une transcription parfaite des errances intimes et des bouleversements intérieurs vécus par les personnages de ce roman graphique qui a tout pour devenir un incontournable.

Transitions. Journal d’Anne Marbot de Élodie Durand

Éditions Delcourt – Collection Mirages (Avril 2021)

176 p. / Prix : 22,95 / ISBN : 978-2-413-02431-6 

 

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                                                        Caro                                          Stephie


19 commentaires

Cristie · 19 mai 2021 à 08h49

Très intéressant, je la note !

Stéphie · 19 mai 2021 à 09h19

Celle-ci me semble incontournable en effet

eimelle · 19 mai 2021 à 10h41

il a l’air très réussi en effet!

Blandine · 19 mai 2021 à 13h45

Je suis vraiment très curieuse de découvrir ce titre!

Amandine · 19 mai 2021 à 13h59

Je le note car le propos comme l’esthétique pourraient bien me séduire.

Sabine · 19 mai 2021 à 14h31

Un beau sujet et un graphisme plutôt chouette !

Mokamilla · 19 mai 2021 à 17h20

J’ai d’abord la Parenthèse à découvrir sur mes étagères.

Sophie Hérisson · 19 mai 2021 à 18h12

Les extraits que tu montres donnent envie d’aller plus loin dans la découverte ! Merci !

Hilde · 19 mai 2021 à 20h01

J’aimerais bien découvrir aussi, je pense que la manière d’aborder ce sujet me plairait et c’est vrai que la couverture est belle.

PatiVore · 19 mai 2021 à 21h16

Je ne connais pas cette BD mais elle traite d’un beau thème et c’est vrai que la couverture est réussie !

gambadou · 19 mai 2021 à 22h00

Très intéressée parce que j’ai vécu ça avec ma nièce/neveu. Et c’est vrai que l’on a beau être ouvert, cette transformation est quand même un choc. C’est facile de l’accepter, mais plus dure de le vivre au quotidien.

Violette · 21 mai 2021 à 14h40

Les choses bougent dans ce domaine tout de même, heureusement ! Le graphisme me plaît beaucoup.

krol · 22 mai 2021 à 09h47

Tout à fait intéressant… c’est noté.

Fanny · 23 mai 2021 à 09h14

J’avais aussi aimé les traits d’Elodie Durand dans La Parenthèse. Ces bandes dessinées qui interrogent le genre me plaisent particulièrement.

Géraldine · 1 juin 2021 à 11h11

Bien intéressantes ces transitions. je note !

Jérôme · 4 juin 2021 à 18h24

Graphiquement ça semble parfaitement raccord avec un sujet aussi difficile à traiter.

Nathalie · 30 juin 2021 à 13h48

Ce doit être très intéressant ! Je note.

La légende de Songoku (4 tomes) d’Osamu Tezuka – PatiVore · 19 mai 2021 à 21h13

[…] Une belle relecture (série déjà lue il y a 12-13 ans) pour Un mois au Japon (qui continue en mai) La BD de la semaine et les challenges BD, Des histoires et des bulles (catégorie 11, une adaptation littéraire, voir le paragraphe ci-dessus) mais aussi 2021, cette année sera classique (série parue au Japon en 1952 et inspirée d’un récit du XVIe siècle), Contes et légendes #3, Jeunesse Young Adult #10, Littérature de l’imaginaire #9 et bien sûr Les étapes indiennes #2. De plus, le tome 4 dont la couverture est rouge entre dans Lire en thème de mai (et pour le 1er thème secondaire, il y a des monstres, démons, sorcières). Plus de BD de la semaine chez Noukette. […]

Leonard Cohen, sur un fil – Philippe Girard – Mes Pages Versicolores · 23 mai 2021 à 09h14

[…] … c’est chez Noukette […]

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