Amorostasia – Cyril Bonin

AmorostasiaUne femme à sa fenêtre une lettre d’amour à la main… Un couple s’embrassant passionnément sous la pluie au beau milieu de la rue… Un autre fougueusement enlacé dans une voiture bloquant complètement la circulation. Oui, les amoureux sont seuls au monde, c’est bien connu. Autour d’eux, plus rien n’existe. Seule luit l’étincelle dans leurs regards…

On connaît la chanson… « Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics… » Mais là, tout est différent. Tous ces amoureux, éperdus, attendris, passionnés… sont réellement figés, transis, comme statufiés. Comme si l’amour les avait plongés dans un état de profonde catalepsie. Sur leur visage, un étrange sourire béat, dans leurs yeux, une étrange lueur. Très vite, l’épidémie se propage, les cas se multiplient et s’entassent à la Pitié-Salpêtrière, engendrant une peur panique dans le tout Paris et des départs précipités vers la Province.

 

L’Amorostasia est née. De cette maladie, on ne sait rien, si ce n’est qu’elle touche les amoureux, les vrais, ceux qui s’aiment d’un amour pur et profond « celui que l’on ressent lors d’une rencontre intense ou d’un coup de foudre. » Les « malades » n’ont pas l’air de souffrir, n’ont aucun besoin physiologique, semblent vivre au ralenti, enfermés dans leur corps.  La chimie de l’amour, quoi de plus impénétrable…?

 

Olga Politof, jeune et jolie journaliste, couvre l’évènement pour le journal « Murmures de Paris ». Comme tous, elle veut comprendre. D’autant que ni elle ni son petit ami ne se sont figés… Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’amour entre eux…? Pendant ce temps, dans la capitale, on « s’organise » pour tenter d’endiguer l’épidémie. Sur les conseils du docteur Korda, le gouvernement prend des mesures : interdiction de la mixité dans certains lieux publics, proscription des romans à l’eau de rose, filtres Internet, fermeture des boîtes de nuit et des bars… et forte recommandation aux couples de faire chambre à part. Les femmes, elles, sont montrées du doigt. Et celles par qui l’épidémie est arrivée (évidemment…) doivent porter un brassard noir orné d’un cœur… C’est le cas d’Olga, à l’origine de la maladie de son collègue Lambert, remerciée temporairement de son travail pour éviter de trop vives émotions à ses confrères…

 

Quelle belle idée…! Finalement, il n’y a qu’un personnage véritablement important dans cette histoire, l’amour… Celui qui frappe sans prévenir, celui qui rend fou, celui qui éclipse tout. L’amour est-il une maladie ? Et qu’est-ce que l’amour finalement…? Une simple réaction chimique ? Peut-on réellement expliquer scientifiquement un sentiment aussi complexe et protéiforme que l’amour…? Faut-il aimer avec fougue, à ses risques et périls… ou faut-il préférer un amour plus tiède mais plus confortable…? Oui, il y a tout ça dans Amorostosia… et bien plus encore…

Et c’est une réussite. Une histoire d’amour, des histoires d’amour, une maladie d’amour… Des répercussions énormes, imprévisibles, une contagion impossible à contenir, des débordements inévitables. Ça a l’air tout bête, ça ne l’est pas du tout…

 

Et puis il y a le dessin de Cyril Bonin que j’avais déjà pu apprécier dans Quintett et Chambre obscure. Mais ici, il nous offre un noir et blanc, tout à fait adapté à cet univers particulier et finalement si poétique. Un noir et blanc très classe, élégant et sobre, tout en finesse et en justesse. J’ai trouvé ça très beau. Lumineux.

 

Conquise, je suis conquise. Et cette fin, mazette, elle m’a émue comme rarement…

 

 

Les avis de CristieMarguerite, Tam-Tam, Un amour de BD, Yaneck

 

Le blog de l’auteur

 

AMOROSTASIA-1

© Bonin / Futuropolis

 

 

Éditions Futuropolis (Août 2013)

128 p.

 

C’était ma logo BD Mango rouge !

Chez Mango et chez les autres !

 

topbd_2013.jpg

 

by Yaneck

18,5/20

 

27 commentaires sur “Amorostasia – Cyril Bonin

  1. Ah ! Mais je l’ai complètement zappée, cette BD (alors que je vois dans les commentaires qu’on en a déjà parlé) ! Tiens, tiens : je la verrais bien en cadeau de Noël pour ma fille aînée (qui me la prêtera, of course) …

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