Au pays des kangourous – Gilles Paris

Au-pays-des-kangourous.jpgLe voilà le roman que j’attendais sans même le savoir…!

Tout, j’ai tout aimé… L’histoire, les personnages, la plume délicate de l’auteur, les sentiments par lesquels je suis passée pendant ma lecture et cette sensation d’avoir entre les mains une petite pépite, rare et précieuse.

 

Certains diront que ce n’est pas un grand roman, d’autres pointeront du doigt les bons sentiments qu’ils pensent y déceler. Personnellement, j’y ai vu un roman sensible, intelligent qui décrit à merveille le monde de l’enfance confronté à un monde adulte souvent incompréhensible, dur ou violent. Le tout par les yeux d’un enfant justement, et c’est sûrement là le tour de force principal de l’auteur : faire en sorte que le lecteur adulte ne se sente jamais agacé par la voix enfantine, bien au contraire…

 

« Je me demande parfois pourquoi maman ne m’embrasse pas. Pourquoi elle n’est pas là quand papa est malade. Et pourquoi elle part aussi loin. Je finis par croire que c’est de ma faute. Mais j’ai beau fouiller dans mon crâne, je ne vois pas ce que j’ai fait de mal. C’est comme ça. Les grandes personnes changent d’humeur tout le temps. »

 

Un matin, Simon 9 ans, trouve son père recroquevillé à l’intérieur du lave-vaisselle… Tout de suite, il prévient sa grand-mère, Lola. Il aurait bien prévenu sa mère mais voilà bien longtemps qu’elle ne passe qu’en coup de vent dans leur appartement du Trocadéro. Carole est une femme d’affaires ambitieuse, bien plus que son mari qui se contente d’écrire les romans des autres. La plupart de l’année, elle la passe en Australie, loin, très loin et les coups de fil sont rares. Pas le temps, pas l’envie… Carole ne sait pas aimer…

A Paris, Paul a de l’amour pour deux et Simon grandit relativement heureux, si tant est qu’on puisse être heureux sans l’amour d’une mère. Paul fait de son mieux pour combler le vide quitte à s’oublier un peu. Jusqu’au fameux épisode du lave-vaisselle… Là, Paul ne peut plus faire semblant. Alors qu’il tente de se reconstruire dans un hôpital, Simon est recueilli par sa grand-mère, une grand-mère un brin loufoque affublée de copines tout aussi fantasques qu’elle. Une petite bouffée de fraîcheur nécessaire pour supporter les visites rendues à un père dépressif. Et puis il y a Lily aussi, cette petite fille aux yeux violets rencontrée dans les couloirs de l’hôpital, Lily, elle, sait trouver les mots.

 

Gros coup de coeur pour ce roman…! Gros coup de coeur pour Simon, que j’ai eu envie de prendre dans mes bras tout au long du roman, un peu comme j’avais eu envie de consoler Adrien, « l’enfant-rien »… Si Adrien était à la recherche d’un père, Simon lui essaye d’exister aux yeux d’une mère avare de tendresse et de mots d’amour. C’est sûrement ce qui m’a le plus touchée en tant que maman… Malgré cela, malgré les questions, malgré l’angoisse, malgré les non-dits qui détruisent, Simon reste un petit garçon, à la fois naïf et terriblement lucide, rêveur et les pieds sur terre… Un petit garçon confronté à la maladie de son papa, une maladie qui ne dit pas son nom, qui le rend triste, absent, qui l’éloigne de lui presque autant que sa maman partie au pays des kangourous. Heureusement, il y a Lola, la grand-mère rêvée, et Lily, l’amie inattendue…

 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce très beau roman mais les mots me manquent. Juste un mot peut-être, merci… Merci monsieur Gilles Paris pour ce petit bijou, tendre, émouvant, drôle et bourré de fraîcheur…! Merci pour ce roman qui donne envie de dire « je t’aime », de faire des bisous papillon en pagaille et de sautiller partout au son des Black Eyed Peas… Merci pour les larmes, d’émotion, de bonheur, qui ne coulent pas si souvent…

 

Un vrai roman doudou bourré d’amour qui me restera longtemps en mémoire…!

 

Un grand merci à Stéphie pour le prêt de ce sublime roman ! Les avis de Mirontaine, Hérisson, Géraldine, Clara, Lucie, Cajou, Sylire, l’Irrégulière, Sharon, MyaRosa, Noann, Laure, Catherine

 

Le blog de l’auteur

 

Premières phrases : « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine d’à côté quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. J’en ai oublié mon petit déjeuner. Je ne savais pas quoi faire. Maman était repartie au pays des kangourous et, à chaque fois qu’elle voyage, elle nous demande de pas la déranger à cause du décalage horaire. »

 

Au hasard des pages : « Comment dire à Lola que maman ne m’a jamais dit « je t’aime » ? Peut-être me le dit-elle à sa façon quand elle me prend par la main ou qu’elle m’emmène à Saint-Germain-des-Près respirer les bougies parfumées ? Papa, lui, le dit chaque jour et à voix haute : « je t’aime » quand il vient me réveiller. « Je t’aime », quand il me tend une tartine de pain grillé beurre fondu et confiture aux fraises. « Je t’aime », quand on fait légume le dimanche dans le lit à regarder des DVD. « Je t’aime », quand on joue aux Mille Bornes et aux petits chevaux. « Je t’aime », quand il laisse la porte de ma chambre entrouverte juste avant que je ne m’endorme. Et quand il vient me voir la nuit et qu’il s’assoit au bord du lit, je l’entends toujours chuchoter « je t’aime ». Depuis qu’il est fatigué, pas une seule fois il ne m’a dit « je t’aime ». Mais, quand il sourit, quand il pose sa main sur moi et qu’il me regarde avec ses yeux gris, peut-être que lui aussi, à sa façon, il me dit « je t’aime ». Si ça se trouve, maman est trop fatiguée par les décalages horaires pour me dire « je t’aime ». Papa fait une dépression. Peut-être que maman aussi. Je suis devenu l’enfant sans « je t’aime ». Un orphelin privé d’amour à cause de parents trop fatigués pour le lui dire. » (p. 90-91)

 

Éditions Don Quichotte (Janvier 2012)

288 p.

 

 

Challenge-petit-bac-2013.jpgNouvelle participation au challenge Petit Bac

chez Enna !

Catégorie Animal… 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-au-pays-des-kangourous-gilles-paris-114254336.html

20 commentaires sur “Au pays des kangourous – Gilles Paris

    • Ecoute… je ne sais pas… J’espère en tous cas… Et puis je n’ai pas le souvenir d’avoir lu d’avis masculins sur ce roman, j’aimerais beaucoup…! Mais je suis quasi sûre que tu aimeras en fait…

  1. Aaaargh, pourquoi suis-je venue sur ton blog ??? Encore une fois, je l’ai noté pour un futur achat, je suis faible, je résiste jamais à la tentation ! D’ailleurs, je crois que l’auteur a également écrit « Autobiographie d’une courgette » que j’ai chez moi mais que je n’ai pas encore lu. Tu connais ?

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