Dans la forêt – Jean Hegland

dans la forêtIl y a fort à parier que vous allez beaucoup entendre parler de ce premier roman dans les jours à venir. Il y a même fort à parier que vous savez tous déjà de quoi il parle. Vous êtes pourtant bien loin du compte…

 

Rentrée de janvier oblige, des tas de nouveautés se retrouvent sur les tables des libraires, comme chaque année, certains d’entre eux auront les honneurs de critiques et sortiront leur épingle du jeu. Dans la forêt arrive chez nous précédé d’excellentes critiques et il y a de quoi. Publié il y a plus de 20 ans aux États-Unis, adapté au cinéma, il est enfin traduit en France. Et il fera assurément partie de ces romans qui laisseront leur empreinte, tant dans les chiffres de ventes que dans l’esprit des lecteurs…

 

J’ai détesté La route où je m’étais ennuyée ferme. Depuis, j’ai eu un énorme coup de cœur pour Enola Game ou plus récemment Station Eleven. On ne peut donc pas dire que je sois une habituée des romans post-apocalyptiques. Et c’est sûrement pour cette raison que j’ai été aussi embarquée par Dans la forêt (publié dans la collection Nature Writing d’ailleurs, ce qui n’est pas anodin). Peu importent les circonstances et les explications de ce nouveau monde et de la disparition de l’ancien, seules comptent ces deux sœurs et les nouvelles règles qu’elles vont instaurer pour garder intacte leur part d’humanité. Comme elles, le lecteur ne sait rien de ce qui se passe au dehors. C’est par le biais du journal tenu par Nell que l’on entre dans leur intimité…

 

Nell et Eva ont toujours vécu coupées du monde. Pas d’école, des parents un peu artistes sur les bords qui les ont éduquées dans un esprit de totale liberté, une maison éloignée de la ville. Désormais seules et livrées à elles-mêmes (dans des circonstances que je vous laisse découvrir…), elles se raccrochent à leurs passions pour ne pas devenir folles. La lecture et les études pour l’une, la danse à corps perdu pour l’autre. Et la vie, faite de rituels rassurants, s’organise. Mais ça ne suffira pas. La forêt, si proche, effrayante et tentaculaire, sera peut-être le dernier des refuges…

 

« Petit à petit, la forêt que je parcours devient mienne, non parce que je la possède, mais parce que je finis par la connaître. Je la vois différemment maintenant. Je commence à saisir sa diversité – dans la forme des feuilles, l’organisation des pétales, le million de nuances de vert. Je commence à comprendre sa logique et à percevoir son mystère. »

 

J’ai été soufflée par la force de ce texte qui touche à l’essentiel. Il est fait de silences, de toutes ces choses que l’on quitte, de celles que l’on apprend petit à petit à apprivoiser, de ces peurs qui font grandir un peu trop vite. Il est fait de ces notes de musique que l’on n’entend plus, de ces mots que l’on persiste à apprendre pour ne pas perdre pied, de ces lumières qui ne brillent plus mais qu’on continue d’imaginer. Il est fait de ces rêves qui permettent d’espérer encore. Il est fait d’amour, d’intimité et de don de soi…

 

Et puis il y a la forêt, impériale, qui donne lieu à de sublimes descriptions. C’est en elle que tout se joue, que tout renaît et c’est ce que j’ai trouvé de plus fascinant. C’est une lecture animale, brute, au plus proche de la terre. C’est une lecture visuelle, saisissante de réalisme. C’est un premier roman que l’on ressent au plus profond de ses tripes et qui remue, beaucoup, beaucoup… Coup de cœur !

 

Les avis unanimes de Cuné, Eva, Laure, Léa Touch Book, Virginie

 

Éditions Gallmeister (Janvier 2017)

Collection Nature Writing

300 p.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Josette Chicheportiche

 

Prix : 23,50 €

ISBN : 978-2-35178-142-5

 

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Millésime 2017, chez Laure !

28 commentaires sur “Dans la forêt – Jean Hegland

  1. Bonsoir Noukette, j’avais aussi détesté La route: c’est livre cauchemardesque. En revanche, je note celui-ci. Je n’ai lu que du positif. Bonne soirée.

  2. Je ne dirais pas que j’adore ce genre de récits, mais je peux apprécier. En fait, ça dépend comment c’est traité. Il faut une certaine originalité sinon ça tourne toujours un peu autour des mêmes thèmes, survie, menaces, etc… Ce que je trouve intéressant dans ces récits, c’est la réorganisation nécessaire, l’adaptation à un nouvel environnement, et l’évolution des rapports entre les personnages. J’ai fini il y a peu Station Eleven, je garde un oeil sur celui-ci mais ce ne sera probablement pas pour tout de suite, pour souffler un peu de ce type de contexte.:-)

  3. Je ne suis pas lectrice de ce genre de romans mais…J’ai envie de découvrir Station Eleven et ce roman-là.
    Dès que je termine mes « priorités du moment », je me lance !

  4. C’est marrant, je n’est pas tout à fait la même lecture que toi. J’ai beaucoup aimé mais j’y ai aussi (et surtout) vu un livre très engagé sur pas mal de thèmes différents. Ce n’est pas que du « bête » nature writing ;)

  5. tu me donnes envie. Tu m’as rappelé aussi ce coup de coeur qu’a été Enola Game pour lequel je n’ai paradoxalement pas réussi à écrire un billet…

  6. Je me suis jetée dessus lors de ma visite de ce soir à ma librairie ;0) Il était noté dans ma LAL depuis ma dernière visite au site de Gallmeister mais depuis que les billets pullulent (et sont plus qu’enthousiastes) sur ce roman j’en ai eu encore plus envie, impossible de résister tout simplement :0) Et hop, dans vos billets tentateurs sur ma toute nouvelle liste 2017 ;0) Bisous et bon week end

  7. J’ai aimé « La Route » même si je n’ai pas tout aimé dans ce livre. Et je suis bien intriguée par « Dans la forêt » sur lequel on lit beaucoup d’avis positifs en ce moment.

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