Dix-sept ans – Colombe Schneck

17Colombe Schneck a 17 ans quand elle découvre qu’elle est enceinte. Un accident. Et une certitude, elle ne gardera pas cet enfant…

 

Ce qu’il lui est arrivé à la veille de passer son bac, Colombe n’en a jamais parlé. Trente ans plus tard, elle éprouve le besoin de revenir sur ce printemps 1984 qui a bien plus changé sa vie qu’elle ne l’aurait imaginé à l’époque. Trente ans plus tard, elle parle enfin de cet enfant qui n’est jamais né. Parce qu’avorter n’est jamais un acte banal. Et parce que cette absence, chaque jour, la hante…

 

Dans ce très court récit, intime et engagé, Colombe Schneck se confie et se met à nu. Avec pudeur et simplicité, elle témoigne de cet évènement très personnel qui trouvera à coup sûr un écho chez de nombreuses lectrices…

 

Pourtant, assez curieusement, j’ai trouvé ce récit anecdotique. Pas inintéressant, loin de là, mais pas émouvant pour autant… Peut-être, justement, parce que l’auteure a choisi de mêler le « personnel » au « politique ». Peut-être aussi parce que le style choisi, simple et froid, empêche la naissance d’une quelconque émotion…

 

Mais les mots sont là. Utiles. L’auteure a décidé de raconter son avortement suite à une interview de l’écrivain Annie Ernaux accordée à L’Humanité dans laquelle elle rappelle que « rien n’est jamais acquis pour les femmes.  Si vous ne dites pas que vous avez avorté, vous prenez le risque que ce droit disparaisse. »

Le déclic pour Colombe Schneck, le signe qu’il fallait enfin briser le silence. Même si « l’avortement, ce n’est pas un beau sujet de littérature. C’est une guerre que l’on traverse, entre la vie et la mort, l’humiliation, l’opprobre et le regret. »

 

Un récit-confession que l’on peut finalement difficilement juger et où l’auteure, enfin, parle à cet « absent » qui l’accompagne depuis trente ans…

 

 

Les avis de Sophie et Meelly

 

 

Premières phrases : « Ni ma famille, ni mes plus proches amis ne savent ce qui m’est arrivé au printemps 1984. Honte, gêne, tristesse… je n’ai jamais raconté comment, par accident, je suis entrée dans le monde des adultes. »

 

Au hasard des pages : « Avec Vincent, je suis rapide, je vais à l’essentiel. Je ne veux pas partager la peur de ce qui se passe en moi, de ce qui pourrait advenir, un enfant dont il est le père. Il n’y a pas d’enfant, il n’est pas un futur père. Je suis enceinte, c’est ma faute. Je le lui dis pour qu’il soit informé, parce que nous passons du temps ensemble, que nous nous amusons, explorons ce qui est possible avec nos corps, et que cela a eu cette conséquence. Je ne lui dis pas que j’ai pleuré et que je pleure encore, que désormais je fais semblant d’être là, avec lui, dans nos jeux d’adolescents, alors que j’ai rejoint un monde plus lourd.

Je n’ai aucun doute. Il n’y a pas d’hésitation à avoir. Il n’y a pas d’enfant à venir. Nous sommes des lycéens, nous allons passer notre baccalauréat, nous inscrire à la fac, avoir dix-huit ans, partir en vacances et, en rentrant, nous aurons notre vie adulte à construire. » (p. 44-45)

 

 

Éditions Grasset (Janvier 2015)

90 p.

 

Prix : 10,00 €

ISBN : 978-2-246-85608-5

 

 

 

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16 commentaires sur “Dix-sept ans – Colombe Schneck

  1. Je ne crois pas que je le lirai, je prendrai plutôt le récit d’Annie Ernaux, mais c’est fou de voir qu’aujourd’hui encore, il faut un sacré courage pour en parler. Les femmes portent trop seules ce poids-là, quelle hypocrisie de la société (une de plus ..)

  2. Toujours une histoire douloureuse , c’est important de le dire et de l’écrire, sans doute plus supportable qu’un enfant pas désiré mais très douloureux quand même. Et pour l’homme aussi contrairement à ce que l’on croit.

  3. Dis donc, tu fais dans le récit gai et joyeux en ce moment !!! pour ma part, je vais passer mon tour, j’ai du mal avec ce type de récit, un peu pesro, un peu romancé, un peu sujet de société…

  4. L’événement d’Annie Ernux est un livre exceptionnel (son meilleur, selon moi et mes goûts spéciaux). Je comprends la démarche de Colombe Schneck mais je ne vais sûrement pas lire son livre : j’ai trop peur du nombrilisme qui pourrait s’en dégager, ce qu’Annie Ernaux arrive savamment à éviter mais elle est très douée pour cela. C’est sûrement un tort.

    • Très envie de lire L’évènement… Pour toutes les raisons que tu évoques. Je suis tombée un peu par hasard sur le récit de C. Schneck, sûrement utile mais guère inoubliable…

  5. J’ai lu il y a quelques années L’événement d’Annie Ernaux, qui elle aussi avec une écriture sèche décrit son avortement. J’ai lu Val de Grâce de Colombe Schneck que j’avais aimé, justement pour ce que tu lui reproches : cette écriture froide et le mélange des genres. Je pourrais la relire avec ce texte

    • Et tu pourrais aimer… C’est la première fois que je lis C. Schneck, fort possible que je la relise un jour mais j’aimerais la lire dans quelque chose de moins personnel pour mieux apprécier sa plume…

  6. Je ne suis pas très attirée par ce livre, d’autant plus que je n’ai pas une très bonne opinion de Colombe Schneck, que je détestais à l’époque où elle était sur France Inter (je la trouvais prétentieuse et trèèèès antipathique).

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