Embrasez-moi – Eric Holder

Embrasez-moi

 

Nous avons beau être le premier mardi du mois, celle lecture là n’a finalement rien d’inavouable. Elle a au contraire tout d’une petite parenthèse délicieuse. Embrasez-moi est un recueil de nouvelles qu’on déguste et qu’on savoure tant l’écriture d’Eric Holder (que je découvre…) est délicate et sensuelle.

 

Sept nouvelles ici, que je ne vous résumerai pas pour ne pas gâcher le plaisir d’une éventuelle découverte. Sept rencontres parfois banales, souvent inattendues, toujours intimes. Des passions aussi fugaces qu’intenses, des histoires charnelles, sauvages, presque magnétiques.

 

Du déjà-vu ? Oui, peut-être, mais ici il y a la langue… Chaque mot est à sa place, aucune digression inutile. Les scènes osées, distillées avec parcimonie, sont justement dosées. Et rien n’est jamais surjoué. Merci à l’auteur de nous épargner ce sentiment de nausée face à une vulgarité souvent gratuite…

 

Francis, Marie, Aurore, Blandine, Farid, Pauline, Lætitia… A chacun son histoire, à chacun ses désirs. On s’embrasse, on s’embrase surtout… Alchimie des corps, fusion des sens, le sexe se fait gourmandise et ne s’embarrasse d’aucune chaîne. Un bonbon dont on aurait tort de se passer…

 

 

Les avis de George et Jérôme et Mina

 

 

Au hasard des pages : « Elle ne sait plus à qui appartient cette main, cette bouche, cette peau. Elle a fermé les paupières afin d’accroître la confusion des corps. Elle n’ignore pourtant pas que c’est Pawel qui ôte avec une lenteur exaspérante les bas de coton noir, dénudant les jambes. Que les doigts habiles qui défont les boutons de son chemisier, en débarrassent ses épaules, dégrafent le soutien-gorge, viennent enserrer les tétons durcis – sont ceux de Joseph.

Mais le bras qui descend degré par degré sa colonne vertébrale, hérissée comme celle des chiens en alerte ; la phalange qui s’est glissée dans le sillon entre ses fesses et tâche d’atteindre sa motte ; les lèvres qui ont remplacé les pinces exacerbant ses seins, les bouts à présent huilés de salive, délicatement tourmentés par une chair encore plus tendre que la leur, de qui dépendent-ils ? »

 

« Le cœur bat trop vite, et le moindre mouvement de Virgile, à présent que la majeure partie est entrée, la transporte. Reste-t-il immobile qu’elle fond comme cire chaude, tendant vers leurs aines un visage incrédule, avant de se rejeter brusquement en arrière, ravageant sa coiffure parmi les taies, al bouche arrondie en O , incapable de préférer le moindre son. Voudrait-elle échapper, c’est impossible. Là voilà clouée, fixée, prisonnière qui peut, sur un mot, se faire ouvrir la porte, mais découvre une torture sublime, un bûcher dont on sort indemne. »

 

 

Éditions J’ai Lu (Février 2013)

Première édition Le Dilettante (Septembre 2011)

156 p.

 

ISBN : 978-2-290-04249-6

Prix : 6,50 €

 

 

Mardi c'est permis

 

Tous chez Stéphie !

 Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

16 commentaires sur “Embrasez-moi – Eric Holder

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