Heureux les heureux – Yasmina Reza

Heureux-les-heureux.png

 

 

« Heureux les aimés et les aimants

et ceux qui peuvent se passer de l’amour.

Heureux les heureux. »

 

Jorge Luis Borges

 

Et effectivement, on croise dans ce roman choral des amoureux, des déçus, des frustrés, des déprimés, des jaloux, des menteurs. Certains qui font semblant de s’aimer, d’autres qui tentent d’oublier que tout s’effrite autour d’eux… Des êtres imparfaits, hypocrites, mesquins, médiocres. Des êtres qui peinent à être heureux et qui sont finalement bien seuls.

Ils s’expriment ici, chacun à leur tour, au lecteur de reconstituer les liens qui les unissent…

 

Je n’avais jamais lu de roman de Yasmina Reza. Je dois vous avouer que je ne suis pas certaine de réitérer l’expérience de sitôt… La lecture de Heureux les heureux m’a laissée perplexe du début à la fin, elle m’a agacée aussi. Si je me suis ennuyée ? Finalement, le problème n’est pas là. La construction de ce roman est assez particulière : des chapitres courts portant chacun comme titre le nom d’un des personnages, une vingtaine de personnages en tout, des hommes et des femmes que rien en apparence ne semble relier entre eux. Pourtant, ils se connaissent, de près ou de loin, sont voisins, amis, amants, font partie de la même famille, se rendent chez le même médecin…  Des morceaux de vies, des petits instantanés d’une vie banale, tendance déprime et médiocrité, voilà le tableau assez pessimiste de la nature humaine que nous brosse Yasmina Reza.. Rien de bien réjouissant donc… Le problème est qu’aucun de ces personnages ne sort du lot, aucun ne déclenche une quelconque empathie chez le lecteur. On assiste à leurs petites histoires en simple témoin, on tourne les pages sans grand enthousiasme en se demandant où tout cela va nous mener et quel message (si message il y a…) veut faire passer l’auteure… Personnellement, je cherche toujours…

 

Une lecture que je partage avec Cryssilda, Leiloona, Saxaoul et Stephie.

Une déception pour Clara, A propos de livres n’a pas été emportée…

 

Au hasard des pages : « Il faudrait un jour étudier ce silence, spécifique à la voiture, à la nuit, quand vous rentrez après avoir affiché votre bien-être pour la galerie, mélange d’embrigadement et de mensonge à soi-même. Un silence qui ne supporte même pas la radio, car qui, dans cette guerre d’opposition muette, oserait la mettre ? » (p. 28)

 

« Les hommes sont d’une fixité totale. C’est nous qui créons le mouvement. On s’épuise à animer l’amour. » (p. 59)

 

« J’aimerais souffrir d’amour (…) Je ne rêve pas d’union, d’idylle, je ne rêve d’aucune félicité sentimentale, plus ou moins durable, non, je voudrais connaître une certaine forme de tristesse. Je la devine. Je l’ai peut-être déjà éprouvée. Une impression à mi-chemin entre le manque et le coeur gros de l’enfance. Je voudrais tomber, parmi les centaines de corps que je désire, sur celui qui aurait le don de me blesser. Même de loin, même absent, Même de loin, même absent, même gisant sur un lit, me présentant son dos. Sur l’amant muni d’une lame qui écorche. » (p. 72)

 

« Un homme est un homme. Il n’y a pas d’homme marié, pas d’homme interdit. Ca n’existe pas tout ça (…) Quand on rencontre quelqu’un, on ne s’intéresse pas à son état civil. Ni à sa condition sentimentale. Les sentiments sont changeants et mortels. Comme toutes les choses sur terre. Les bêtes meurent. Les plantes. D’une année à l’autre, les cours d’eau ne sont pas les mêmes. Rien ne dure. Les gens veulent croire le contraire. Ils passent leur vie à recoller des morceaux et ils appellent ça mariage, fidélité ou je ne sais quoi. Moi je ne m’embarrasse pas plus avec ces bêtises. Je tente ma chance avec qui me plaît. » (p. 114)

 

Éditions Flammarion (Janvier 2013)

220 p.

 

Lu dans le cadre du

prix-relay-logo-copie-1.png

 

Roman en compétition dans la sélection du mois de Mars

 

Challenge-petit-bac-2013.jpgEt une nouvelle participation au challenge Petit Bac

chez Enna !

Catégorie Sentiment… 

 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-heureux-les-heureux-yasmina-reza-115654846.html

17 commentaires sur “Heureux les heureux – Yasmina Reza

    • Oui, assez… Et pourtant les critiques trouvent ce roman « drôle »… Pas sûre d’avoir lu le même du coup…

  1. com ej el’ai dit en come sur mon blog, es anti-dépresseurs bont partir comme des petits pains avec la vente de ce livre ! Je reproche à l’auteure d’avoir choisi des personnages bobos qui ne connaissent pas les difficultés ou les inquiétudes matérielles d’une bonne partie de la population. Un zoom sur ces personnes qui arriuvent à s’apesnatir sur leur malheur personnel quand d’autres les accumulent sur tous les plans. Des personnages égoïstes en un sens…

    • Je n’avais pas lu les critiques de la presse sur ce roman mais je m’y suis intéressée depuis… C’est vrai que pour le coup les blogueurs ne sont pas sur la même longueur d’ondes !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *