La délicatesse – David Foenkinos

La délicatesseBon, ce n’est sûrement pas la première fois que vous voyez passer un avis sur ce roman, d’ailleurs, vous l’avez sûrement déjà lu… Croyez le si vous voulez mais non seulement c’est mon premier Foenkinos  (unbelievable !) mais je suis quasi sûre de n’avoir jamais entendu parler de cet auteur avant, et non, je n’habite pas au fin fond de l’Ouzbékistan, non, je ne vis pas recluse dans un couvent carmélite…

Je sais, c’est mal, mais au départ l’affreux bandeau barrant la couverture d’un « Le roman au 10 prix littéraires » a attiré mon attention, d’une part parce que ça me semblait énorme et que je ne voyais absolument pas de quels prix il pouvait s’agir (quelqu’un sait d’ailleurs ?), d’autre part parce que je n’en avais jamais entendu parler de ce bouquin (rapport à ma vie de nonne…) Ensuite, la curiosité m’a poussée à aller lire quelques avis ici et là, difficile après ça de ne pas se jeter dessus dès le début des vacances ! J’avais donc hâte, très hâte de lire ce roman, tout comme miss La sardine qui elle aussi l’avait en haut de sa PAL et, chose incroyable, ne connaissait pas non plus l’auteur (comme quoi on est au moins deux !) L’excuse parfaite pour en faire une lecture commune

 

Tout commence un peu comme dans un conte de fée. Nathalie et François se rencontrent dans la rue, complètement par hasard. En la voyant pour la première fois, François ressent quelque chose de nouveau qu’il ne peut s’expliquer : sa démarche, sa grâce l’émeuvent à tel point qu’il ne peut s’empêcher de l’aborder, là, comme ça, sur le trottoir et de l’inviter à boire un café, chose qu’il ne se serait jamais crû capable de faire auparavant. Deux ans plus tard, les tourtereaux filent toujours le parfait amour, un amour sans nuages, un de ceux qu’on envie et qu’on admire, un amour qui débouche en toute « logique » sur un mariage. Le quotidien n’entache en rien leur bonheur, même si ce bonheur insolent peut parfois faire peur. Qu’importe, « il y avait encore dans chaque jour entre eux des traces de leur premier jour ». Arrive ce dimanche fatidique, cinq ans plus tard. Un dimanche comme les autres où Nathalie lit un roman russe allongée sur le canapé une couverture jetée sur les jambes, un dimanche comme les autres où François part courir comme à son habitude, un dimanche où Nathalie ne sait pas qu’elle voit son mari pour la dernière fois. Sept ans de vie commune et plus rien, un accident stupide, le deuil, le vide. Le monde de Nathalie s’effondre, vivre devient insoutenable, mais malgré tout, la vie reprend ses droits. Nathalie se réfugie dans le travail et ne pense pas pouvoir aimer de nouveau, d’ailleurs elle n’y pense même pas. Mais la vie réserve parfois de drôles de surprises…

 

Complètement sous le charme ! Comment résister ? Dès les premières lignes, j’ai su que ce roman était fait pour moi : du style, une écriture inventive, du rythme, de l’humour, de la poésie, des personnages que l’on a l’impression de connaître depuis toujours et qu’on ne veut plus quitter ! C’est incontestable, Foenkinos a du talent, j’ai tout de suite été prise dans ses filets, il m’a fait sourire, il m’a étonnée, il m’a émue aussi. J’ai pour (mauvaise) habitude de corner les pages des livres que je lis quand un passage m’interpelle, pour me souvenir d’une phrase ou d’un passage précis. Autant vous dire que mon exemplaire de La délicatesse a été fort malmené…

Une chose est sûre : j’aime le style si particulier de cet auteur et je compte bien découvrir très vite ses autres romans ! On aime ou on déteste mais moi j’ai adoré toutes ces petites parenthèses qu’il distille ça et là : des notes de bas de pages fantaisistes au possible, des listes toutes plus farfelues les unes que les autres (j’adoooore les listes, je suis une fanatique des listes !!), des résultats sportifs, des pensées en tous genre, des définitions de dictionnaire (dont celle, incontournable et magnifique de la délicatesse), des recettes de cuisine, des paroles de chansons… Ces « digressions » sont de vraies bouffées d’oxygène et apportent un vrai plus au roman, un « petit je ne sais quoi » qu’on ne voit pas ailleurs.

Et puis il y a Markus et son fameux dossier 114… Ahhhh, Markus…! Markus m’a donné envie de lire des aphorismes de Cioran dans le RER, Markus m’a donné envie de piquer les Pez de mes enfants (si, si, ça existe encore, quand j’en ai vu en grande surface, j’ai fait des bonds, je suis dingue de ces distributeurs de bonbecs !), Markus m’a donné envie de marcher en talons hauts sur du parquet qui résonne, Markus m’a donné envie de fuir le quotidien pour aller jouer à cache-cache dans le jardin comme une petite fille. Vous allez aimer Markus ! Moi, j’ai a-do-ré Markus… Et je suis sûre que miss La sardine aussi est tombée amoureuse de Markus, pas vrai ?

Bon, qu’attendez-vous encore pour lire La délicatesse ? Ce serait dommage de passer à côté d’une lecture aussi plaisante et rafraîchissante, absolument parfaite pour chasser la morosité de ce « beau » mois de juillet !

 

Les avis enthousiastes de Stéphie, Théoma, Kali, Canel, Caroline, Cryssilda, Fashion, Karine, Miss Alfie, Val, Mango, Lucie, Moka, Pascale, Sandrine, Géraldine, Irrégulière, Fanny, MyaRosa, Dolly, Marion

Ceux plus mitigés, voire carrément déçus de Amanda, Gambadou, Mirontaine, Delphine, Anne, Liliba, Yoshi73

 

Premières phrases : « Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l’adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. A vingt ans, elle envisageait l’avenir comme une promesse. Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu’elle préférait les histoires tristes. »

 

Au hasard des pages : « Il avait choisi un restaurant italien, non loin de chez elle. Elle était déjà bien gentille de dîner avec lui, alors il ne voulait pas lui faire traverser la ville. Comme il était en avance, il commanda deux vodkas au bistrot d’en face. Il espérait y puiser du courage, et un peu d’ivresse aussi. L’alcool ne fit aucun effet, et il alla s’installer dans le restaurant. C’est donc dans un état de parfaite lucidité qu’il découvrit Nathalie, ponctuelle. Il pensa aussitôt qu’il était heureux de ne pas être saoul. Il n’aurait pas voulu que l’ivresse saccage le plaisir de la voir apparaître. Elle avançait vers lui… elle était si belle… de cette beauté à mettre des points de suspension partout… Et puis, il pensa qu’il ne l’avait jamais vue le soir. Il était presque étonné qu’elle puisse exister à cette heure-ci. Il devait être du genre à penser que la beauté se range dans un boîte pendant la nuit. Il fallait croire que non, car elle était là, maintenant. Face à lui. » (p. 102)

 

Éditions Gallimard (Janvier 2011)

Collection Folio

209 p.

 

Challenge-AmoureuxParticipation au challenge amoureux

de l’Irrégulière

Catégorie « Histoire d’amour qui finit bien »…

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-la-delicatesse-david-foenkinos-79865301.html

30 commentaires sur “La délicatesse – David Foenkinos

  1. Pas encore lu, oui, oui, je sais …
    En fait, j’ai un vilain a priori sur l’écriture de l’auteur (déjà croisé dans une chronique de magazine …)

    Marrant, on en a entendu parler lors de la sortie du livre, puis là, avec les vacances, c’est de nouveau le grand boum des lectures communes sur ce livre. Peut-être est-ce un appel du pied pour que je le lise enfin et arrête de faire ma sale tête ?

    • Voilà, arrête de faire ta mauvaise tête ! Le mieux pour te faire ton opinion c’est quand même de le lire ! C’est frais et léger, parfait pour l’été ! 😉

  2. ah!!! moi aussi j’ai relevé tout plein de choses!! (mais pas en cornant les pages, j’suis pas une sauvage moi! :P)
    je vois que nous partageons le coup de coeur!!
    ce roman m’a vraiment charmée!
    et cette écriture tellement simple!! cette construction originale… les digressions! un pur régal! j’en raffole et là, je trouve qu’elles sont particulièrement délicieuses!
    j’ai maintenant bien envie de lire autre chose de l’auteur, en espérant ne pas être déçue tellement ça a commencé fort!
    merci pour cette lecture commune! on remet ça quand tu veux!! 🙂

    • Merci à toi encore une fois, c’était un vrai plaisir, surtout avec un titre comme celui ça ! Et oui, on remet ça, bien sûr, quand tu veux !! 😉

  3. Je suis arrivée sur ton blog par hasard et en lisant « Ouzbékistan » je ne peux m’empêcher de te mettre un lien vers mon billet, écrit hier, au sujet de ce même roman dont je partage tout à fait ton point de vue : http://plumedecajou.over-blog.com/article-la-delicatesse-de-david-foenkinos-80137226.html
    Puis tu remarqueras qu’on a choisi presque la même mise en page ce qui fait qu’en tombant sur ton blog, j’ai presque cru être sur le mien… héhé, j’adore ces petits hasards =D

    Au plaisir de te lire ^^

    Cajou

    • C’est vrai, c’est sympas ces rencontres au hasard des blogs ! Bienvenue chez moi ! 😉 J’ai lu ton billet, drôle cette histoire « d’Ouzbekistan » ! 😉

    • Merci mille fois, ça me touche beaucoup ! (rougis…) Le temps de lire, je l’ai en peu plus en vacances, c’est vrai, mais j’alterne, BD, album, roman, jeunesse… J’aime varier les plaisirs ! 😉

    • Bon, Le potentiel érotique de ma femme m’attire quand même, du coup lecture commune avec ma copine Stéphie pour le mois d’août ! Nous verrons ! 😉

    • Oui, difficile de passer à côté de ce roman depuis sa sortie en poche ! 😉 C’est un livre idéal pour les vacances ! Merci de ta visite ! 😉

    • Je peux comprendre à vrai dire, je ne sais pas ce qu’il me restera de ce roman dans quelques mois… Cela dit, j’ai vraiment pass » un très bon moment de lecture, je ne l’ai pas trouvé si kéger que ça en fait.

    • Cette adaptation me fait un peu peur ! Je ne sais pas quels acteurs seront choisis… Ce genre d’adaptation, ça passe ou ça casse : ça peut vite tourner au film gnan-gnan guimauve ! A voir, je suis curieuse moi aussi !

  4. Moi aussi, j’ai découvert cet auteur avec « La Délicatesse ». Pourtant, on m’avait déjà chaudement recommandé « Le potentiel érotique de ma femme » par le passé, mais ça ne m’avait jamais tentée.
    Quoi qu’il en soit, je crois bien que ce sera ma dernière lecture de cet auteur, en ce qui me concerne. J’ai eu des kilos de choses à reprocher à ce roman : http://marecages.be/?p=3515
    Comme quoi ! La subjectivité et ses imprévus… ! 😉

    • Eh oui, avec ce roman, les avis sont très partagés en fait ! Tout doit dépendre en partie de l’état d’esprit dans lequel on se trouve quand on le lit : j’avais besoin de légèreté, j’ai été comblée ! Et je lirai très bientôt Le potentiel érotique… !

    • Je te comprends, je pense qu’avec cet auteur, ça passe ou ça casse… On aime ou on déteste, pas de demi-mesure !

  5. Je reviens sur mon commentaire…franchement déçue!
    Ton billet est bien meilleur que le livre!

    Bibis!

  6. Je l’ai lu et comme toi, j’ai été séduite par le style d’écriture! Par contre, je ne suis pas tombée sous le charme du roman en général… La fin me laisse sur ma faim et je trouve qu’il manque quelques éléments pour enrichir ce petit roman. Mais, je ne suis pas contre de lire un autre roman de l’auteur pour une raison toute simple: une jolie écriture!

    • C’était mon premier de l’auteur, j’avais beaucoup aimé…! Par contre, Le potentiel érotique de ma femme m’avait déçue…

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