La lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson

LaSolutionEsquimauAW

 

S’il y a bien un roman que je voulais lire parmi tous ceux sortis en septembre, c’était celui là. Si ma mémoire est bonne, c’est même un des tous premiers que je me suis offert. Mais j’ai attendu.

 

Très vite sont venus les premiers avis, tous très enthousiastes. La lettre à Helga, un coup de cœur pour de nombreux lecteurs. Bon signe, très bon signe.

 

J’ai lu plein de livres depuis septembre, mais pas celui-là. Je voulais me le garder encore un peu, persuadée que j’avais sur mes étagères une pépite. Quelques avis un peu plus mitigés plus tard, j’étais cuite. Il fallait que je me fasse mon propre avis…

 

 

J’ai mis un mois et demi à venir à bout de ces quelques 130 pages. Oui, vous avez bien lu. Un mois et demi… C’est long un mois et demi. Très long. Je crois que ça ne m’est presque jamais arrivé. Impossible d’enchaîner plus d’une dizaine de pages à la fois. A chaque fois que je reposais ce roman, les mêmes questions. Pourquoi ? La faute à l’histoire ? Aux personnages ? Au style ? Le fait est qu’à aucun moment je n’ai été troublée par cette longue confession d’un vieil homme pétri de remords et de regrets. Cette lettre d’amour à celle qui n’aura finalement jamais fait partie de sa vie, la seule pourtant qu’il aura aimé d’un amour sincère, ne m’a pas touchée. Pourquoi…?

 

On a beaucoup parlé de poésie à propos de ce roman. Effectivement, la langue est belle, charnelle même, elle m’a pourtant fortement perturbée. Sans doute ce mélange très étrange de beauté et de crudité. Toutes ces comparaisons animales, ces palpations diverses et variées, ces galipettes dans le foin… j’ai fini par trouver ça lassant. Certes, le personnage de Bjarni est attachant. Paysan islandais amoureux de son pays, de sa terre et de ses bêtes, j’ai aimé sa simplicité, son romantisme quelque peu discutable, son lyrisme campagnard… Mais ça s’arrête là. Et je crois que ça ne s’explique pas.

 

La lettre à Helga n’était pas un roman pour moi. J’en ressors perplexe et frustrée. C’est pourtant un des gros coups de cœur de mon chouchou et je sais à quel point ce vieil homme l’a touché… Mais je connais l’animal… J’ai pris les devants, j’ai bien préparé le terrain, je l’ai bien brossé dans le sens du poil et il sait déjà qu’entre moi et Bjarni ça n’a pas collé.   Dis…? Tu sais quoi…? Pour me faire pardonner je vais t’écrire une longue lettre, rien que pour toi…! Elle ne fera pas 130 pages, mais elle dira l’essentiel… 😉

 

 

Les avis très contrastés de A propos des livres, Alex, Anne, Asphodèle, Cachou, Cathe, Cynthia, Cathulu, Didi, Fransoaz, Gambadou, Hélène, Hérisson, Jérôme, Jostein, Leiloona, Lystig, Marilyne, Martine, Midola, Natiora, Philisine, Plume, Sandrine, Stéphie, Théoma

 

 

Premières phrases : « À Kolkustadir, le 29 août 1997
Chère Helga,
Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l’intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent par terre au milieu d’une phrase. D’autres s’en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s’éteint alors, comme l’écran à la fin du film? Ou est-ce que le rêve change simplement d’aspect, acquérant une autre clarté et des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s’en aperçoit-il tant soit peu ?
Ma chère Unnur est morte. Elle est morte en rêvant, une nuit où il n’y avait personne. Bénie soit sa mémoire. Pour ma part, la carcasse tient encore le coup, à part la raideur des épaules et des genoux. La vieillesse fait son œuvre. Il y a, bien sûr, des moments où l’on regarde ses pantoufles en pensant qu’un jour elles seront encore là, tandis qu’on n’y sera plus pour les enfiler. Mais quand ce jour viendra, qu’il soit le bienvenu, comme dit le psaume. C’est comme ça, ma Belle ! Bien assez de vie a coulé dans ma poitrine. Et j’ai eu l’occasion d’y goûter – à la vie. »

 

Au hasard des pages : « Je te le dis du fond du cœur, ma Belle, je ne suis plus qu’une vieille bûche vermoulue et pourrie gisant sur le rivage du temps, d’où le ressac m’emportera bientôt. Et nul ne pleurera ma disparition. C’est bien vrai ce que disaient les anciens : on devient lâche en vieillissant. » (p. 111)

 

Éditions Zulma (Août 2013)

131 p.

 

Rentree-litteraire-2013.png

Nouvelle lecture pour le challenge 3% Rentrée littéraire

chez Hérisson !

 15/18

 

 

Challenge premier roman

Et une première participation au challenge Premier roman

chez Fattorius !

34 commentaires sur “La lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson

  1. Et oui, cela arrive… de tas de gens aiment un livre et il n’arrive pas à nous toucher. Ca m’a fait ça avec Muette. Quant à celui-ci, j’ai aimé, sans plus. Mais il a fait son oeuvre… après…

    • Beaucoup d’avis contrastés sur ce roman, c’est aussi ce qui m’intriguait ! Cela dit je ne regrette pas de l’avoir lu, j’ai pu me faire mon propre avis !

  2. Voici ce que j’avais écrit dans ma chronique : « Ta maîtresse, c’était l’Islande, la rude et sauvage Islande. L’intouchable, celle qui règne sur le cœur et le corps des hommes.[…] c’est à l’Islande que tu es resté fidèle, au delà de nos émois, de nos ébranlements. Ton Islande, celle qui t’a mené la vie dure, celle à laquelle tu donnais toute ton énergie, ta force d’âme ». C’est ce qui m’a semblé essentiel dans ce roman (http://litterauteurs.canalblog.com/archives/2013/11/30/28527469.html)

  3. Merci pour ta participation au défi « Premier roman »!
    Dommage que cette première participation soit pour le moins en demi-teinte! Je te souhaite des découvertes plus enthousiasmantes pour tes prochaines lectures.

  4. toi au moins il t’a touché le vieux B. moi je ne l’ai pas aimé du tout… ni sa belle d’ailleurs… associé à une poésie que beaucoup on vu mais qui ne m’a pas touché non plus… un drôle de roman qui fait le grand écart entre admirateur et détestateur 🙂 au moins il ne laisse pas indifférent 🙂

  5. Je vais le découvrir en version audio et je suis bien curieuse de savoir ce que je vais en penser après les multiples avis controversés que j’ai lus un peu partout.

  6. Bon ben moi je me suis laissée emporter et je l’ai pris comme un conte merveilleux 🙂 Un vrai coup de cœur de cette rentrée littéraire pour ce récit très original !

  7. Ca m’agace quand tout le monde encense un roman et qu’à moi il ne me parle pas du tout, donc je comprends carrément ta frustration ! Mais le fait est que c’est comme ça, quand on lit un roman, il n’y a rien de rationnel, on est dans l’émotion, alors forcément on ne peut pas tous être d’accord 😉
    J’espère que tu apprécieras davantage ta prochaine lecture 🙂

  8. J’ai aimé mais pas un coup de coeur. Je me souviens avec plaisir de la vie de l’Islande profonde, de la vision politique du pays, ça c’était vraiment intéressant. Sinon, parfois, Bjarni et Helga, tu leur mettrais bien des claques, non ?

  9. Aaah moi j’ai été séduite par ce vieux Bjarni et j’ai trouvé sa lettre jubilatoire alors que je pensais que j’allais m’y ennuyer profondément. Affaire de goût sans doute. J’espère que tu es toujours partante pour Bukowski.^^

  10. tout pareil, il y a du bon, du positif mais loin de moi l’idée d’en faire un coup de cœur, j’ai été déçue. Peut-être en attendions-nous trop? nan mais même… il n’y a pas que ça…

  11. Bonsoir Noukette, ce roman est dans ma PAL depuis peu. Il faut que je me fasse ma propre idée sur ce roman qui a en effet ses détracteurs. Bonne soirée.

  12. Un livre que je voulais lire aussi au début compte tenu des avis positifs mais ton billet me refroidit un peu…à voir si je me lance alors car je ne suis pas sûre qu’une belle écriture me suffirait à aimer…

  13. En lisant les premiers avis, puis les suivants, souvent dithyrambiques sur ce roman, j’ai rapidement su qu’il n’était pas pour moi : le récit nostalgique sur le mode poétique, très peu pour moi, je ne suis jamais réceptive. Ce livre était sur les étagères nouveautés de la médiathèque mais je ne l’ai pas emprunté, et sans regret…

  14. oh non mais Zut à la fin!!!! Ce livre je l’ai depuis 3 mois, j’avais été conquise par Jérôme et Phili, j’étais certaine de l’adorer et depuis quelques jours vous êtes plusieurs à dire votre déception….J’ai peur qu’elle augure de la mienne! J’ai besoin d’un coup de coeur moi!

    • J’étais moi aussi certaine de l’adorer, comme quoi… Cela dit, rien ne dit que tu vas ressentir la même chose que moi, je te souhaite un coup de cœur ! 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *