La liseuse – Paul Fournel

la liseuse

 

Un livre qui parle des livres… et de ceux qui les aiment… et de ceux qui les font. Un livre pour les amoureux des livres mais pas que. Une bouffée de bonne humeur, une plongée dans le monde secret de l’édition et tellement plus encore.

 

J’ai adoré La Liseuse. J’ai adoré Robert Dubois, ce personnage de vieil éditeur « à l’ancienne », troquant temporairement ses manuscrits papier pour une liseuse (ou plutôt une tablette numérique) arrivée sans crier gare sur son bureau. Un cadeau de son patron apportée par une stagiaire toute jeunette qui n’a pas l’air de comprendre le bouleversement que cela va engendrer.

 

Pour Robert Dubois, il y aura un avant et un après. D’abord dubitatif, il apprivoise progressivement la bête… et c’est savoureux ! Les scènes de face à face entre l’homme et la liseuse sont drôlissimes, vraiment. Mais bizarrement, ce n’est pas le principal. Ce qui ressort de ce livre qu’on lit d’une traite, c’est l’amour des livres, celui de cet éditeur pour les livres, pour les auteurs et pour ceux qui les lisent. Qu’importe le flacon finalement…

 

Ici, pas de « les temps changent ma bonne dame » ou « c’était mieux avant »… Finalement, cette liseuse sera comme un déclic, et l’équipe de jeunes stagiaires une occasion en or de faire connaître la littérature autrement, de monter de nouveaux projets…

 

Le livre mute, soit. L’amour lui ne change pas. J’ai une bibliothèque personnelle qui frôle l’apoplexie… et une liseuse bourrée d’autres livres que j’accumule et qui eux aussi s’entassent… sans prendre de place. Une vraie liseuse, pas une tablette, légère, pratique et bourrée d’astuces. Et je l’adore. Mais j’aime encore plus les livres, les « vrais », inutile de vous expliquer pourquoi. Alors j’alterne, je jongle, au gré de mes humeurs et de mes envies, et jamais au grand jamais je n’ai cru une seule seconde à la disparition du livre papier. Évidemment, ce roman aborde cette mutation, ses enjeux pour le monde de l’édition. Mais c’est surtout une belle déclaration d’amour aux livres et à ceux qui les font vivre. Et c’est finalement le plus important.

 

Un roman intelligent, inattendu, bourré d’humour et truffé de clins d’oeil revigorants… Un p’tit bijou !

 

Les avis de Aifelle, Nina, Cécile, Cathulu, Cathe, Margotte, Antigone, Dasola, Keisha, Saxaoul, Mélopée, Un autre endroit pour lire, Ys, Clara, Laure, Argali, Alex, Mrs Pepys

 

Premières phrases : « Longtemps j’ai croisé les pieds dessus pour un peu de détente, d’élévation, pour un peu plus de sang au cerveau, maintenant, il m’arrive de plus en plus souvent d’y poser la tête, surtout le soir, surtout le vendredi soir. Je croise les bras sur le manuscrit ouvert et je pose ma tête dessus, le front sur l’avant-bras et la joue sur le texte frais. Le bois du bureau amplifie les battements de mon coeur. Le vieux mobilier Art déco conduit bien les émotions et les fatigues. Ruhlman ? Leleu ? Il en a tant vu. j’écoute mon coeur, mon vieux coeur du vendredi , mon vieux coeur dans le silence de la maison. A cette heure, tout le monde est parti, je reste seul à bord, rincé, parce que je n’ai pas le courage de dresser la tour des manuscrits que je dois emporter pour le week-end. Comme chaque vendredi. »

 

Au hasard des pages : « (…) je me retrouve à câliner ma liseuse. Elle est noire, elle est froide, elle est hostile, elle ne m’aime pas. Aucun bouton ne protrude au dehors, aucune poignée pour la mieux tenir, pour la balancer à bout de bras comme un cartable mince, que du high-tech luxe, chic comme un suédois brun. Du noir mat, du noir glauque (au choix), du lisse, du doux, du vitré, du pas lourd. Je soupèse. Je la pose sur le bureau et je couche ma joue dessus. Elle est froide, elle ne fait pas de bruit, elle ne se froisse pas, elle ne macule pas. Rien ne laisse à penser qu’elle a tous les livres dans le ventre. Elle est juste malcommode : trop petite, elle flotte dans ma serviette, trop grande, elle ne se glisse pas dans ma poche. En fait, elle ressemble à Meunier, le grand patron. Elle est inadaptée. » (p. 14)

 

Éditions P.O.L (Janvier 1012)

216 p.

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-la-liseuse-paul-fournel-109774692.html

13 commentaires sur “La liseuse – Paul Fournel

  1. Ah ça, ça va me plaire, hop dans mon panier pour ma future commande ! Merci pour toutes lesjolies découvertes que je fais chez toi, Noukette. C’est pas pour rien que nous avons choisi le mêmedesign de blog, nous avons certainement bcp de gouts en commun =D

    Bisous

    • Merci à toi Cajou ! Oui, c’est sûr, nous avons au moins en commun l’amour des livres, et c’est déjà beaucoup ! 🙂 J’espère que tu vas te régaler avec ce roman !

    • C’est vrai que le début du livre est particulièrement réussi, les « débuts » entre l’éditeur et sa liseuse ! Truculent !

  2. 730 grammes d’informatique… j’ai aussi passé un bon moment de lecture avec ce livre, qui m’a rappelé ma période de lectures « Oulipo ». J’en parle ici:

    http://fattorius.over-blog.com/article-la-liseuse-de-paul-fournel-l-oulipo-vivant-au-xxie-siecle-112546186.html

    J’ai beaucoup lu Queneau et Perec, il faudrait d’ailleurs que j’y revienne. Et « La Liseuse » relève avec habileté ce que pourrait être la littérature de demain, à l’heure des nouvelles technologies – avec des recettes anciennes.

    • Un bon roman oui… Je garde ton article sous le coude, vu l’heure avancée, et j’irai le lire en étant bien réveillée !

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