L’adoption 2. La Garùa – Zidrou / Arno Monin

L' ADOPTION

« On rêve tous d’histoires qui se terminent bien. On a beau savoir que, par nature, « end » et « happy » ne feront jamais bon ménage, on se force à y croire. Cette espérance, cet aveuglement, c’est notre force à nous, les hommes. Les histoires ne se terminent pas bien. On peut juste faire en sorte qu’elles nous laissent une bonne saveur en bouche. Se lécher une dernière fois les babines avant de sortir de table, ce ne serait déjà pas si mal non ? »

 

Voilà. Ces quelques mots sur les premières planches de l’album et je retenais déjà mon souffre… Personne ne pourra dire en refermant le dernier tome de ce diptyque que Zidrou n’est pas un grand scénariste. Jamais on on l’attend, toujours en embuscade, prêt à dégainer ses dernières cartouches. Un numéro d’équilibriste parfait, oscillant sans cesse entre l’émotion, l’humour et ce réalisme cruel qu’on se prend parfois en plein visage. Du grand art, ni plus ni moins…

 

L’année dernière, je finissais le premier tome de L’adoption la gorge serrée. J’avais fait la connaissance de Qinaya, 4 ans, et de sa nouvelle famille de cœur. J’avais fondu pour son grand-père tout neuf, Gabriel « l’achachi » bien malgré lui, tombé en amour pour cette petite poupée péruvienne qu’un tremblement de terre avait laissée orpheline. J’avais aimé les « Gégés », cette bande de vieillards fort en gueule et tout mous à l’intérieur. Ces carapaces qui se fissurent, ces liens du sang et du cœur qui relient les hommes… et cette claque à la fin de l’album qui fait d’effondrer le parfait château de cartes…

 

Et ce dernier tome, d’une certaine façon, remet tout en perspective. Les hommes et leurs bonnes intentions, leurs choix et leurs erreurs, leurs désillusions et leur capacité à rebondir et à se reconstruire. Surtout ne pas trop en dire… Simplement suivre Gabriel à Lima, dans un voyage douloureux et nécessaire. Le voir avancer, reculer, perdre pied, douter, espérer, renoncer. Imaginer des jours meilleurs, se gorger de belles rencontres. Se recentrer sur l’essentiel, enfin, ce qui dure, ce qui enracine profondément dans le sol… et se dire qu’il n’est jamais trop tard.

 

Une très belle conclusion à ce très beau diptyque. Terriblement humaine, bouleversante, ouvrant grand les portes vers un nouveau départ. Le dessin d’Arno Monin, au diapason, offre un écrin de finesse et de légèreté où la lumière prend toute sa place. Sublime ♥

 

« - Et vous, Gabriel ? Pourquoi le Pérou ?

- Pourquoi ? Parce que je suis un vieil imbécile qui croit encore aux contes de fées, alors que la vie se comporte plus souvent qu’à son tour comme une méchante sorcière. »

 

Le blog d’Arno Monin

 

Des mêmes auteurs sur le blog : Merci - L’adoption (1)

 

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Éditions Bamboo (Mai 2017)

Collection Grand Angle

48 p.

 

Prix : 14,90 €

ISBN : 978-2-8189-4170-6

 

 

BD de la semaine saumon

C’était ma BD de la semaine…

…aujourd’hui chez Stephie

19 commentaires sur “L’adoption 2. La Garùa – Zidrou / Arno Monin

  1. J’ai beaucoup aimé le premier tome même si j’ai trouvé le dénouement invraisemblable. Il me tarde de découvrir cette suite et peut être réviser mon jugement, qui sait ?

  2. Je n’ai pas trop osé lire ta chronique en détails, je l’ai lue un peu vite parce que je veux garder vraiment toute la surprise sur cet album ! Je pense me le procurer rapidement, j’ai très envie de le lire <3

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