L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

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« Il y avait une part d’insoutenable dans les choses, les gens, les immeubles et les rues : il fallait tout réinventer comme dans un jeu pour que cela devienne supportable. L’essentiel, toutefois, c’était de savoir jouer, et elle et moi – personne d’autre – nous savions le faire. »

 

Pendant les vacances d’été, j’ai profité d’un pause-détox-internet pour engloutir un certain nombre de romans qu’il me tardait de lire. Des romans qui aujourd’hui attendent tous que je daigne leur consacrer une petite bafouille… L’amie prodigieuse en fait partie. Englouti en trois petits jours, malgré quelques petites baisses de régime, je me souviens en être ressortie globalement conquise, ravie d’avoir suivi les conseils enthousiastes d’une grande partie de la blogosphère…

 

Pourtant, trois mois après, il ne m’en reste presque rien… Ni plus ni moins qu’une vague sensation d’avoir passé un bon moment sans pour autant qu’il soit inoubliable…

 

Il y avait pourtant tout dans ce roman pour en faire un coup de cœur. Naples à la fin des années 50. Une amitié indéfectible mise à mal par le temps qui passe et les routes qu’on se choisit où qui s’imposent à nous. Cette interrogation sur le déterminisme social et ce petit coup de pouce du destin qui permet parfois de sortir son épingle du jeu. Une évocation douce-amère de l’enfance et de l’adolescence avec ses tours et ses détours, ses chemins tortueux, ses ruptures, ses impasses, ses retrouvailles et ses rêves un peu fous…

 

Je crois que ce qu’il m’a manqué c’est un vrai souffle romanesque. Lila et Elena ont pourtant toute l’envergure et l’épaisseur nécessaires pour marquer les esprits. Elles sont entières, fortes, entêtées, jalouses, passionnées, déterminées, rebelles, complices et rivales, battantes ou résignées. Agaçantes aussi… parfois… souvent… Pourtant, je me suis surprise à m’ennuyer pendant une bonne partie du roman. Un sentiment de déjà-vu, déjà lu… Du coup, impossible pour moi de réellement m’attacher à elles. J’ai refermé le roman en sachant que je ne me ruerai pas sur Le nouveau nom, même si, la curiosité aidant, je risque de lire la suite de cette tétralogie annoncée une fois tous les tomes sortis en poche…

 

Mon personnage préféré ? Naples la belle, bruyante, brûlante, vibrante, vivante. Rien à dire, Elena Ferrante, qui que soit celui ou celle qui se cache derrière ce pseudo, la rend terriblement attachante… Pour le reste, Le bruit de tes pas, une lecture bien plus ancienne mais dans la même « veine », a beaucoup plus marqué mon esprit…

 

 

Les avis de Athalie, Canel, Clara, Delphine-Olympe, Eva, Framboise, Joëlle, Jostein, Kathel, Laure, Mior, Miss Leo, Nicole, Papillon, Valérie

 

Éditions Gallimard (Janvier 2016)

Collection Folio

430 p.

Traduit de l’italien par Elsa Damien

 

Prix : 8,20 €

ISBN : 978-2-07-046612-2

 

 

ce qu'il m'en reste logo

Chez Asphodèle, oh la belle idée…

29 commentaires sur “L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

  1. C’est vrai que c’est pas mal, parfois, d’écrire un billet avec du recul.
    Contrairement à toi, je me souviens très bien de ces deux jeunes filles, dont je trouve les cheminements respectifs très bien campés par l’auteur. Il est certain que je lirai le troisième volume !

  2. Qu’est-ce que j’ai aimé !! Me tarde de découvrir la suite. J’aimerais lire « Le nouveau nom » dans peu de temps, par peur d’oublier deux ou trois choses (surtout de ne plus situer les personnages correctement)

  3. Ahhhhh j’ai adoré, et jte jure, copine, le 2ème tome est encore plus savoureux ! IL FAUT LE LIRE si 😉
    des baisers <3 plein plein plein <3

  4. J’ai eu un peu du mal à me lancer dans le début de ce roman, mais finalement je l’ai beaucoup aimé et il m’en reste un souvenir assez fort. Comme toi, j’ai aimé la place que tient la ville dans le roman. Je pense lire très bientôt le deuxième.

  5. Je suis ravie de voir mon idée mise en application (dit celle qui n’a toujours pas commencé mais qui ne sait justement par quoi commencer ! 😆 ) ! J’ai offert ce livre à une amie sur les bons échos que j’avais de la blogo et j’espérais le lire car j’aime les sagas mais quand il y a du souffle et que l’on ne s’ennuie pas (un comble pour une saga !) ! Je trouve qu’il t’en reste pas mal malgré tout et il faut peut-être que tu lises le 2ème pour mieux te laisser happer et séduire… 😉 Rien que pour Naples, je pense que je le lirai ! Merci Noukette ! 😀

  6. Très intéressant cette idée de commenter ses lectures après coup, de voir à quel point finalement l’impression se modifie… De mon côté, même après coup j’ai toujours un aussi bon souvenir de ce livre, et plus encore du 2e tome.

  7. C’est intéressant cette idée de laisser pas mal de temps avant de chroniquer une lecture. Quand je fais le bilan annuel de mes lectures et que je tente de faire le point sur celles qui m’ont marquée, je suis parfois surprise du décalage entre ce que j’en ai pensé et ce qu’il m’en reste quelques mois après.

  8. Il manquerait « un vrai souffle romanesque »? Mais ce roman fait plus de 2000 pages en tout car les 4 tomes sont un seul et même livre. Et il tient ses promesses jusqu’au bout. Le problème est qu’à cause de l’archaïsme de Gallimard, la publication de ce roman est prévue sur quatre ans! Mais si vous savez l’anglais ou l’italien, lisez les deux derniers tomes à la suite. Vous pourrez alors apprécier le vrai souffle du livre et vous n’oublierez pas les personnages de sitôt.

  9. La liste des chroniques bloguesques sur ce roman est en effet impressionnante. Je ne l’ai pas encore lu et possible aussi, qu’il ne m’en reste rien trois après ! Bisous

  10. Je vois que le logo d’Asphodèle a déjà trouvé preneuse 😉 Le roman est dans ma PAL. Après quelques avis mitigés, je n’ai pas trouvé urgent de l’en sortir, mais ça va se faire tôt ou tard.

  11. écrire un billet plusieurs mois après est une très bonne idée, car souvent l’impression est très différente que celle qu’on a immédiatement après la lecture. Bon, par contre, « L’Amie Prodigieuse » est typiquement le genre de roman dont je me souviens très bien même quasiment 2 ans après (mais bon, tu le sais, je suis fan de l’auteur!)

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