L-ampleur-du-saccage.jpgQuinze jours que j’ai fini ce court roman… Et quinze jours que je me demande comment je vais vous le présenter. Ce roman qui bouscule a obtenu le Grand Prix Littéraire du Web dans la catégorie Romans Français, prix organisé par les Chroniques de le Rentrée Littéraire

 

L’ampleur du saccage nous emmène à la rencontre de quatre hommes, petit à petit, nous comprenons ce qui les relie… Un secret, une femme. Le passé est un fardeau parfois bien lourd à porter…

 

Une fois n’est pas coutume, je vous livre une partie de la présentation de l’éditeur qui ne dévoile que le strict nécessaire : « Héritiers maudits d’un effrayant geste collectif attisé par une féroce répression sexuelle qui, trente ans plus tôt, a profané le corps d’une femme et marqué leurs destins respectifs du sceau de la désespérance, quatre hommes liés par la fatalité du sacrilège traversant la Méditerranée pour connaître, sous le ciel algérien, l’ultime épisode de leur inconsolable désastre. » 

 

Paumé, sans repères, n’ayant aucune connaissance de ses origines, Arezki dépend d’un être trop silencieux qu’il a toujours eu du mal a cerner mais qu’il ne peut s’empêcher d’aimer. Un soir, il commet l’irréparable. A 30 ans, accusé de viol et de meurtre au premier degré, il atterrit en prison. Une prison dirigée par Riddah, un homme qu’il ne connaît pas et qui va pourtant l’aider à s’enfuir… Un homme qui justement a très bien connu celui qui l’a élevé dans un terrible secret, Si Larbi. Un autre homme aidera ensuite Arezki, peut-être aussi paumé que notre « héros »…

Une histoire d’hommes donc ? Pas seulement… L’ombre d’une femme plane…

 

Ce roman est brillant. L’écriture est percutante, sans détours. On ne sort pas indemne de cette lecture où l’on ne fait pas que frôler l’horreur, l’innommable, l’indicible… Inexorablement, on s’enlise dans la noirceur de l’homme, inutile de chercher une quelconque porte de sortie ou un infime rayon d’espoir… il n’y en a pas ! Oui, cette lecture dérange, insupporte même parfois. Le coeur au bord des lèvres, on ne peut pourtant pas se détacher de ce récit et de ces personnages qu’on suit tour à tour. On en ressort marqué au fer rouge, complètement sonné, anéanti.

L’auteure ne nous épargne rien avec ce récit court aux mille facettes, aux angles saillants et tranchants. Elle déroule avec un talent évident cette histoire aux accents de tragédie grecque et laisse son lecteur estomaqué… Ce n’est clairement pas le genre de roman que l’on lit en aillant la tête ailleurs. Une fois commencé, on s’y embourbe corps et âme… A découvrir…

 

Les avis de Stéphie, Leiloona, Jostein, Nina

 

Un grand merci à Abeline et aux Chronique de la rentree litteraire

 

Premières phrases : « Avec la fin de mes hallucinations viennent les bruits de la ville, les aboiements des chiens et sa voix qui m’appelle. Homme menteur, routier à tout faire, Si Larbi, mon étrange tuteur, s’absente des semaines et des mois mais revient toujours à la maison. Il est ce corps boomerang qui provoque ma colère tant il retient de secrets. »

 

Au hasard des pages : « Tout est ma faute. J’ai élevé Arezki dans le confinement du silence, il en allait de ma vie car ma vie entière a été vouée au maintien éternel du secret qui pèse sur l’identité de sa mère et de son père. Mon seul désir était de mourir en sachant que j’avais porté ce même secret aussi loin que possible et qu’à aucun instant je n’avais failli à mon devoir. Et pourtant, j’ai aujourd’hui le sentiment irrépressible d’avoir échoué. Obsédé par l’idée de le garder éloigné de son passé, ce passé dont je suis moi-même l’artisan, j’ai certainement minimisé le mal que cela ferait à Arezki. » (p.23)

 

Éditions Actes Sud (Août 2011)

118 p.

 

Rentrée littéraire 201113/14

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Catégories : Littérature française

24 commentaires

Commentaire n°1 posté par clara · 14 avril 2012 à 05h51

Tu penses bien que je l’ai noté !!!

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h03

    Tu m’étonnes ! Une très bonne surprise de cette rentrée !

Commentaire n°2 posté par Cynthia · 14 avril 2012 à 08h05

(Eh bien Clara, moi qui pensais être matinale pour un samedi ^^)

Je note ce titre !

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h04

    C’est vrai que Clara est matinale ! Tu peux noter ce titre Cynthia, pas optimiste, certes, mais vraiment un très bon roman !

Commentaire n°3 posté par jerome · 14 avril 2012 à 09h09

ça a l’air sympa en effet. Je ne fonce pas tout de suite à la librairie mais je le note quand même. Après ma lecture d’hier, si j’enchaîne dans la foulée avec ce titre, je peux commencer les antidépresseurs lundi 🙂

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h05

    Effectivement, si tu veux une lecture « détente » et pas « prise de tête », passe ton tour pour l’instant ! Par contre, garde ce titre dans un coin de ta tête, c’est très bon !

Commentaire n°4 posté par L'irrégulière · 14 avril 2012 à 10h36

Je ne crois pas que ce soit pour moi…

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h05

    Je te confirme que ce n’est pas bien gai…

Commentaire n°5 posté par Valérie · 14 avril 2012 à 11h59

Je me souviens que ce roman m’avait tentée lors de la rentrée littéraire.

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h05

    Oui, je me rappelle que tu l’avais noté parmi tes envies de la rentrée ! Tu as eu du flair, c’est vraiment un roman à lire !

Commentaire n°6 posté par Leiloona · 14 avril 2012 à 15h04

Lu d’une traite : heureusement qu’il est court, car la plongée en eaux profondes est impressionnante ! 

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h06

    Oui, je ne te le fais pas dire ! C’est d’un glauque quand même !

Commentaire n°7 posté par Isa · 14 avril 2012 à 16h47

bien, une fois de plus je m’incline et je note !!!!

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h06

    Prépare toi à une lecture éprouvante tout de même…

Commentaire n°8 posté par Manu · 15 avril 2012 à 10h46

Parfois, il y a des romans que je n’arrive pas à cerner malgré les billets que je lis ou la quatrième de couverture. Celui-ci en fait partie. Je préfère passer. 

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h07

    C’est pourtant un excellent roman de cette rentrée, difficile à résumer je te le concède…

Commentaire n°9 posté par Stephie · 15 avril 2012 à 17h17

Une très belle écriture, une histoire très difficile. Un de mes romans de la rentrée préférés

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h08

    Et une sacrée claque aussi ! Mazette, comment elle a pu écrire un truc pareil ?

Commentaire n°10 posté par Alex-Mot-à-Mots · 16 avril 2012 à 09h59

Eh bien, voilà un roman qui a l’air bouleversant.

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h10

    Oui, une histoire malsaine et très prenante !

Commentaire n°11 posté par emmyne · 16 avril 2012 à 13h32

Même commentaire que Jérôme ^^ ( j’vais attendre le soleil ! )

    Noukette · 18 avril 2012 à 14h12

    Ici j’en ai plein du soleil, t’en veux ? 😉

Commentaire n°12 posté par blueverbena · 6 mai 2012 à 13h38

Oui alors je confirme ce que je viens de laisser comme commentaire chez Sara, ça me dit bien cette histoire…

    Noukette · 6 mai 2012 à 23h15

    L’écriture est vraiment très travaillée, le roman est très bien construit… Certes, ce n’est pas gai, mais il faut découvrir cette auteure de talent !

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