Le dernier des nôtres – Adélaïde de Clermont-Tonnerre

hermine

 

« Manhattan, 1969.

La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue. Je n’avais jamais été fétichiste avant ce jour de mai et si j’avais dû me concentrer sur une partie de l’anatomie féminine, j’aurai spontanément choisi les fesses, l’entrejambe, la gorge ou peut-être le visage, certainement pas les pieds… »

 

 

Deux hommes déjeunent dans une trattoria de soHo. Deux amis et associés. Marcus et Werner Zilch. Et une femme mystérieuse : Rebecca. Entre elle et Werner va naître une passion folle qui va les entrainer tous deux, dans des contrées insoupçonnées…

 

« Saxe, Allemagne, 1945.

C’était une nuit de février, une nouvelle nuit de disgrâce pour l’humanité. Des hectares de ruines brûlaient sous une pluie âcre et cendrée. Des heures durant, Dresde n’avait été qu’un infini brasier annihilant les corps, les espoirs et les vies. Aussi loin que portait le regard, la ville était, en cette période de désolation mondiale, l’incarnation du chaos. »

 

Au milieu de cette obscurité, un enfant naît : « Il s’appelle Werner. Werner Zilch. Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres. »

Et dans cette Allemagne dévastée, deux frères ennemis vont s’affronter… Peut être jusqu’à en mourir…

 

Plusieurs histoires sont entremêlées. Plusieurs voix résonnent tour à tour. Deux époques et non des moindres. Une, le début des années 70, où tout semble possible, où la liberté prime, l’audace, la folie, le désir, la soif de réussir et le rêve américain !  L’autre, celle de la fin de la deuxième guerre mondiale. Une époque terrible. Tragique. Affreusement sombre. Et pourtant, des femmes et des hommes continuent de croire, d’espérer. Tentent de survivre. Et de sauver les leurs.

 

C’est un beau roman. Un roman d’aventure. Un roman qui mêle l’histoire avec un grand H et la vie, celle des petites gens… Un roman effervescent, un peu fou, toutafé tumultueux. Un roman « populaire » bien écrit. Certains passages sont d’ailleurs d’une saveur sans égal !

 

Tout de même, j’ai trouvé cette histoire un peu longue à certains moments. Parfois un peu trop emmêlée. Trop foutraque comme dirait ma copine Noukette ! Le foisonnement d’intrigues et de rebondissements a fini par m’agacer, avant de m’entrainer encore et encore (je dois bien l’avouer, je ne l’ai pas lâché !).  Et puis les personnages qui peuplent ce livre m’ont semblé parfois trop caricaturaux, m’ont énervée, dans leurs hésitations, leurs tourments, erf ! Et la fin, punaise, fleure bon le mélodrame !

Ce n’est donc pas un coup de cœur mais j’ai aimé parcourir différentes époques, différentes histoires tout contre Marthe, Wern, Marcus, Rebecca… J’ai aimé surtout je crois cette sombre période de fin de guerre en Allemagne. Et ce combat de femme mené par Marthe. Oh oui, Marthe je l’ai aimé si vous saviez !

 

Je crois qu’il vous faut, malgré quelques bémols, le découvrir. Il vaut le coup d’œil !

 

Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset, 2016.

 

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8 commentaires sur “Le dernier des nôtres – Adélaïde de Clermont-Tonnerre

  1. Rho je l’ai lu là y a un mois et sur le moment je me suis que c’était chouette et en te lisant je réalise que je l’ai déjà oublié

  2. C’est marrant, je n’ai pas eu envie de le lire, sans doute rapport à l’Allemagne qui ne me fait pas rêver…
    (et en passant, ravie de t’avoir rencontrée chez Stock !)

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