Le potentiel érotique de ma femme – David Foenkinos

Le potentiel érotique de ma femmeAprès avoir été littéralement emballée par ma lecture de La délicatesse, il était évident que je n’allais pas en rester là ! Mon premier essai avec cet auteur chouchou ayant été un succès sur toute la ligne, ce roman s’est donc tout naturellement ajouté à ma pile de livres à lire, pour tout dire, il a même grillé la priorité à de nombreuse autres lectures ! Et puis avouez que le titre est alléchant non ? Et cette couverture poche ? Bref, tout ça s’annonçait plutôt bien ! Et voilà que ma copine Stéphie a eu l’envie soudaine de relire du Foenkinos, hop, c’est parti pour une petite lecture commune de vacances, à 9000 kms de distance, elle est pas belle la vie ?

 

Hector a voulu se suicider, mais pire que de se louper, il s’est évanoui avant de se jeter sous le métro. C’est donc ainsi que nous faisons connaissance avec le « héros » de l’histoire, un gars au bout de rouleau qui a envie d’en finir avec la vie… Suite à cette tentative avortée, Hector passe six mois à l’hôpital, une convalescence qu’il n’assume pas et qu’il transforme en voyage aux States pour éviter toute explication aux amis et à la famille.

Vous l’aurez deviné, Hector a un problème, un gros problème même, il est atteint de collectionnite aiguë ! Une obsession maladive, pas une passion gentillette, non ! Hector a tout collectionné, frénétiquement, les badges de campagnes électorales, les touilleurs apéro, les jouets qu’on trouve dans les Kinder, tout un tas de trucs farfelus et totalement inutiles, même les dictons croates c’est dire ! Chaque nouvelle collection remplaçant une autre collection. Hector a beau se rendre compte du ridicule de sa vie, difficile de se sevrer d’une telle addiction. Suite à une rechute, Hector fait la connaissance de Marcel Choubert qui lui apprend l’existence de réunions de collectionneurs anonymes, mais ça ne suffira pas. D’où le métro.

Bref, au début du roman, Hector est encore fragile, et c’est à ce moment là qu’il va faire la connaissance de celle qui deviendra sa femme, Brigitte. Et là, c’est le bonheur, plein et entier. Jusqu’au jour où Hector se met à collectionner sa femme, plus précisément les moments où Brigitte se met à laver les vitres…

 

Bon… C’est terrible à dire mais ce roman m’a laissée de marbre. Je n’ai pas vibré, je n’ai pas ri, je n’ai même pas souri. Pourtant, dès les première lignes et la présentation de ce fameux Hector, j’ai retrouvé avec plaisir ce qui m’avait tant plu à la lecture de La délicatesse : un style, un phrasé particulier, un rythme, des comparaisons et des images loufoques voire complètement tordues. Et j’ai aimé ça. Certaines phrases sont d’ailleurs de vraies trouvailles.

Alors oui, c’est inventif, oui, le talent de Foenkinos est incontestable, mais là…, comment dire, je me suis ennuyée. Bon, allez, disons que le personnage principal ne m’a pas séduite (n’est pas Markus qui veut j’ai envie de dire…), et puis cette manie de tout collectionner et cette soudaine fixette de voir sa femme perchée sur des talons hauts pour nettoyer les carreaux, perso je n’y ai pas cru une seule seconde ! Si j’essaye d’analyser un peu plus (humm..), je crois pouvoir dire que Hector m’a profondément agacée à partir de ce moment là en fait, dès l’entrée en scène de la Brigitte. J’ai largement préféré le début du roman qui se focalise sur le personnage d’Hector, son passé d’addict, sa famille… Après, j’ai lâché prise, et cette histoire de lavage de carreaux, ça a vraiment été le pompon !

Et là, je m’en veux en fait, je m’en veux parce que je suis persuadée que cet auteur est fait pour moi. Et là, c’est le flop… Le pire dans tout ça, c’est que je me sens un peu seule sur ce coup là, parce que j’en connais une qui s’est fait pipi dessus de rire en lisant ce roman, hein ma Stéphie ? Trop d’attentes je pense, d’où ma déception, mais une chose est sûre, je vais persister avec Foenkinos, reste à savoir avec quel titre !

 

Kali, Jules, Sylire, Caro(line), L’encreuse, Tamara, sont emballés…

Karine, Yv, Amanda, Joëlle, Miss Alfie, Praline, Sandrine, Edelwe, Stéphanie sont mitigés voire carrément déçus…

 

Premières phrases : « Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l’acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans les ascenseurs avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch. Il serait une sorte de héros de notre temps, avec des mollets ronds. Mais voilà qu’il venait de décider de se suicider. On avait vu mieux comme héros, merci. »

 

Au hasard des pages : « Avec délicatesse, avec évidence dans le poignet, Brigitte nettoie et traque les moindres traces sur les vitres ; il faut ne plus rien apercevoir, faire apparaître la transparence. Brigitte replace quelques mèches de cheveux dans sa queue-de-cheval. Hector n’a jamais rien vu d’aussi érotique. Certes, son expérience en matière d’érotisme ressemble au charisme d’une fissure. Le salon se chauffe au soleil. Sentant un regard bloqué sur elle, Brigitte se retourne pour vérifier : effectivement, son Hector de mari a les yeux rivés sur elle. Elle ne peut pas voir à quel point il a la gorge sèche. Et voilà, la vitre est propre. Hector vient de se confronter au bonheur, c’est aussi simple que ça. Il ne faut surtout pas y voir une manifestation machiste, Hector est l’échantillon le moins machiste qui soit, vous le savez. C’est juste que le bonheur ne s’annonce jamais. Dans certaine histoire, il se manifeste au moment où le chevalier sauve la princesse ; ici, il surgit au moment où le héros regarde l’héroïne laver les vitres. Je suis heureux, pensa Hector. Et cette pensée n’était pas prêt de le quitter. » (p. 86)

 

Éditions Gallimard (Septembre 2005)

Collection Folio

178 p.

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34 commentaires sur “Le potentiel érotique de ma femme – David Foenkinos

  1. Quel titre amusant et intriguant à la fois !!
    Par contre, moi, ayant lu 3la délicatesse » et l’ayant moyennement apprécié, j’ai bien peur de ne pas adhérer à celui-ci.
    Mais comme toi, je ne comprends pas, j’ai vraiment l’impression que cet auteur que je ne peux qu’aimer lorsque je vois des interviews de lui est fait pour moi mais il semblerait que le coup de foudre en reste là !!

    • Je vais persister je crois, il y a d’autres titres de cet auteur qui me font envie, je n’y peux rien, j’adore son style ! 😉

    • Idem, j’ai tellement aimé La délicatesse que je voulais tout lire de lui après ! Je ne suis pas refroidie pour autant ! 😉

  2. C’est le seul que j’ai lu de cet auteur et comme toi, il m’a laissé plus de marbre ! Du coup, j’ai hésité à en lire un autre mais l’année dernière, il était au salon du livre de Vannes alors j’ai acheté et fait dédicacer Nos séparations (j’ai choisi ce titre parce qu’il était en format poche !)

    • Ah mais si, ce roman a convaincu beaucoup de lecteurs… Il n’a pas fonctionné avec moi, c’est tout ! Je retenterai l’expérience avec un autre titre !

    • Si c’était moi, je te dirai La délicatesse, sans hésiter ! Mais Le potentiel érotique a été écrit avant…, à voir ce que tu préfères !

    • Même chose, j’ai peur d’être déçue par certains titres… Les souvenirs me tente bien en tous cas ! J’attends ton avis ! 😉

  3. Eh bien tu vois, Noukette, moi, après « La délicatesse », j’en suis restée là, parce que justement, avant, aucun de ses romans ne m’attirait (donc pour « Le potentiel… », ton billet ne m’étonne pas plus que cela, je ne le sentais pas, ce roman).
    En revanche, le dernier qui vient de sortir (« Les souvenirs »), il me tente.

    • Oui, son dernier m’intrigue aussi, je suis curieuse de savoir comment il va se dépatouiller avec le côté autobiographique, c’est un peu casse-gueule…

  4. Je n’ai pas aimé « La délicatesse »; je n’ai pas aimé le style de l’auteur, ses phrases loufoques, ses chapitres totalement inutiles qui viennent s’intercaler dans le récit. Ce que tu dis de celui-ci ne m’encourage pas à persévérer dans la découverte de cet auteur. Je crois que j’en ai fini avec lui même s’il fait partie des chouchous de la rentrée.
    Tout au long du récit, je me suis demandé quels sont les 10 prix qu’il a obtenus et comment il les a obtenus.

    Bonne journée.

    • Ce que tu n’as pas aimé dans La délicatesse, c’est justement ce que j’avais beaucoup apprécié ! On retrouve ce style dans Le potentiel…, pas sûr que ça te plaise donc…

    • Oui, en tous cas, celui ci est bien en dessous selon moi… Je me laisserais peut-être tenter par son dernier par contre…

    • Dommage que ce soit le dernier, La délicatesse est une petite pépite dans son genre… Mais je ne cherche pas à te faire changer d’avis hein ? 😉

  5. J’ai adoré « la délicatesse » vraiment…Je suis tout à fait de votre avis…Je viens d’acheter « les souvenirs » mais il me paraît moins bien….Est ce que quelqu’un l’a lu?

    • J’avais également beaucoup aimé La délicatesse, mon premier roman de l’auteur. Celui ci m’avait déçu, question de goût je pense ! Je compte bien découvrir Les souvenirs, les avis sont plutôt positifs sur ce titre, très différent de ces précédents vu qu’il est si je ne m’abuse assez autobiographique !

  6. Je l’ai presque finit et en effet c’est assez autobiographique ,  c’est écrit à la première personne…Les chapitres sont construits sous la même forme que ces précédents romans….Je ne trouve pas que cela diffère des autres…Malgré que « les souvenirs  » n’est que la vérité de la vie (viellesse etc…)

  7. J’ai été déçue également, pour les mêmes raisons que toi. Le début m’a emballée, je commençais à m’attacher à Hector, et après ça part en cacahouète ! Je n’ai pas accroché à la relation Hector/Brigitte, ou même aux personnages en eux-mêmes. Je crois que c’est le roman de Foenkinos que j’ai le moins apprécié jusqu’à maintenant…

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