Le soleil à mes pieds – Delphine Bertholon

le-soleil-a-mes-piedsJ’ai lu ce roman il y a plus d’un mois maintenant et le premier mot qui me vient à l’iesprit en y repensant c’est « malaise »… Malaise oui, mais aussi fascination. Les personnages sont à la fois terriblement attachants et absolument détestables, ces qualificatifs pouvant tout aussi bien convenir à un seul et même personnage. Ce qui je dois l’avouer m’a profondément déroutée.

 

Le roman s’articule autour de deux personnages, deux sœurs surnommées « la grande » et « la petite », il faudra d’ailleurs s’en contenter jusqu’à la toute fin où seront enfin dévoilés leurs prénoms. Ce qui n’a finalement que bien peu d’importance.

 

Deux sœurs liées bien malgré elles par un terrible secret, un évènement qui a marqué leur enfance et a encore maintenant des répercussions énormes sur leurs vies adultes. La petite passe sa vie coupée du monde, enfermée à longueur de journée dans sa petite chambre de bonne parisienne, une chambre où elle se sent en sécurité, loin de la fureur et des bruits de la vie, loin des gens, loin de sa sœur… La grande, elle, occupe tout l’espace où elle se trouve, ramène tout à elle, parle beaucoup, et fort. Tout l’opposé de la petite qu’elle tient sous sa coupe et tente de diriger comme une marionnette. Lasse, la petite subit sans broncher la tyrannie et la méchanceté de la grande qui tisse inlassablement sa toile autour d’elle.

 

La relation est forcément bancale, malsaine, viciée. On aimerait protéger la petite, on se met à détester la grande au pouvoir si grand… Et puis petit à petit, on comprend, du moins on commence à recoller les morceaux de ce lourd passé qu’elles ont en commun. De là à dire qu’on plaint la grande…? Personnellement, je n’ai jamais réussi à lui trouver une quelconque circonstance atténuante, je l’ai haïe du début à la fin. A chacune de ses apparitions, je me sentais comme la petite, à manquer d’air, à vouloir me débattre, à vouloir m’enfuir. Détestable, vraiment. Et pourtant fascinante, comme souvent dans ces cas là. Un personnage très ambivalent qui continue longtemps après lecture à me mettre mal à l’aise. C’est dire…

 

Un mot sur le style de Delphine Bertholon que je découvre avec ce roman. Une écriture sèche, âpre, sans concessions, qui colle parfaitement au propos. Une curiosité pour tout dire, qui m’a bien souvent désarçonnée. Malaise, le mot revient… Peut-être parce que l’auteure confie la narration à la petite, qu’on ressent fortement sa souffrance, qu’on ne sait comment en sortir… J’ai par moments eu l’impression d’être prise au piège de cette narration, du coup je ne saurais dire si j’ai aimé ou non ce roman. Il m’a marquée en tous cas…

 

Krol, Yv et Mr Canel sont déçus…

Stephie, Séverine, Clara, Hérisson, Solenn, l’Irrégulière, Sophielit, Lionel, Lucie et bien d’autres sont conquis !

 

Premières phrases : « La petite lovée sur les genoux, la grande se balançait, installée dans le rocking-chair au milieu de la cuisine. Leur mère, pieds nus en robe azur sur le tapis à franges, rangeait les cubes de bois dans la boite des cubes de bois. Le soleil de mai, par la vitre trop juste, détaillait ses rayons au compte-gouttes. Par à-coups éclairés, les cheveux de Maman semblaient trempés dans l’or : la petite ne pouvait s’empêcher de les regarder, comme en état d’hypnose. »

 

Au hasard des pages : « Elle n’est pas seule, ça non.

Être seule, c’est juste être avec soi. La Solitude, c’est différent : c’est vivre avec la peur, la culpabilité, l’incertitude, la tristesse, la honte. La Solitude, c’est être plein à l’intérieur de soi, et manquer de tout.

Elle voudrait bien être seule. Pour voir.

La grande n’a besoin de personne. Rien ne lui manque. Elle se suffit. C’est pour ça qu’elle entasse ; pour être pleine chez elle, puisqu’elle est vide dedans. » p. 67

 

 

Éditions JC Lattès (Août 2013)

187 p.

 

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J’ai atteint les 1% pour le challenge Rentrée littéraire

chez Hérisson !

 6/6

En route pour les 2%…!

 

Challenge-petit-bac-2013.jpg

Et une nouvelle participation au challenge Petit Bac

chez Enna !

Catégorie PARTIE DU CORPS

13 commentaires sur “Le soleil à mes pieds – Delphine Bertholon

  1. Ce que tu dis de ce roman m’intrigue vraiment… On sent bien dans ta chronique ce malaise et en même temps on a envie d’aller vers ce roman pour bien cerner tes propos.

    • J’ai du mal à me positionner, j’avais un peu l’impression d’être un papillon de nuit attiré par la lumière. Et en même temps, c’est une lecture qui dérange… A découvrir !

  2. J’avais beaucoup aimé « Grâce » son roman précédent. Je suis donc bien tentée. Mais comme j’ai « Twist », un autre roman d’elle dans ma PAL, il passera sans doute avant.

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