Ma mère ne m’a jamais donné la main – Thierry Magnier / Francis Jolly

ma-mèreUn homme revient sur les traces de son passé. Creuset de ses souvenirs, une maison en ruines qui l’a vu grandir et a précipité la fin de son enfance… Une maison peuplée de fantômes et de douleurs sourdes et lancinantes. Là-bas, il a tout perdu…

 

Après ce que l’on nomme pudiquement « l’accident », la famille quitte cette grande maison coloniale et rentre à Paris. Les liens se distendent et l’homme reste seul. Les souvenirs eux s’accrochent… Une mère mal-aimante, un père souvent absent, une sœur jumelle avec qui, petit à petit, la relation fusionnelle s’effrite. 

 

Contraint de revenir sur les lieux de son enfance pour régler une succession, l’homme se souvient. Accompagné dans son « pèlerinage » par son meilleur ami, dans ce pays qui a tant changé, le narrateur convoque ses fantômes. Ils sont tous là, tapis au creux des murs fissurés et des sols craquelés. En sommeil, prêts à refaire surface…

 

Ce texte, je l’ai dégusté. Et que dire de ces photos fantomatiques qui l’accompagnent… Union parfaite des mots et des images. Une expérience quasi sensorielle. Les mots eux, m’ont touchée en plein cœur. J’y ai retrouvé cette esthétique de l’épure que j’aime tant, cette poésie du « presque rien ». Thierry Magnier dédicace cette nouvelle à Jeanne, sa « sœur d’écriture ». Que dire si ce n’est que j’ai aimé sentir cette connivence…

 

L’histoire, elle, est simple en apparence mais ne donne pas d’emblée toutes les clés au lecteur. On chemine à l’aveugle, en suivant pas à pas cet homme dans sa tentative d’entrée en résilience. Beau, simple et émouvant.

 

 

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© Francis Jolly

 

 

Premières phrases : « La poussière a envahi les lieux, partout de la poussière. Beaucoup. Avant la poussière c’était uniquement dehors. Surtout quand le vent très chaud de l’été soufflait, là il fallait vite fermer les fenêtres et les portes. Aujourd’hui les fenêtres ne servent plus à rien, la plupart ont disparu, pillées, cassées, le vent s’installe comme il veut. Il est le seul habitant. »

 

 

Éditions Le bec en l’air (Janvier 2015)

Collection Collatéral

96 p.

 

Prix : 14,90 €

ISBN : 978-2-36744-076-7

 

 

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8 commentaires sur “Ma mère ne m’a jamais donné la main – Thierry Magnier / Francis Jolly

  1. oui très beau billet, un livre que je zyeute depuis qques jours, une histoire qui m’intéresse hein et un passage par librairie aujourd’hui héhé et ce we je me régale !

  2. J’ai découvert cette collection la semaine dernière en librairie… et m’en suis acheté un titre, écrit par Eric Faye, sur le Transsibérien.

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