Mon amour, – Julie Bonnie

mon amourIl n’aura connu sa petite Tess que quatre jours avant de s’envoler pour une tournée qui s’annonce triomphale. La chance de sa vie, celle à ne pas laisser passer. Un mois, juste un petit mois loin de ses deux femmes, ce petit bout de lui et celle qui lui a donné le jour…

 

Par amour, elle a tout accepté. Cette absence qu’elle vit comme une déchirure, ce tête à tête forcé avec cette petite fille qu’elle ne connaît pas encore et qui dépend entièrement d’elle, ce nouveau rôle de mère qui fait d’elle une nouvelle femme… et qui change tout.

 

Mon amour… Ma fée… Des lettres pour dire l’amour et la passion, le manque, l’absence, les ressentiments et les doutes. Des lettres pour tenter de combler les vides qui se créent et se creusent, inéluctablement…

 

Des fulgurances d’écriture qui disent à merveille le lien fusionnel et inaltérable qui relie une mère à son enfant. Cet amour incompréhensible qui dévore tout, cette sensation de saut dans le vide, ce tsunami émotionnel… « Je l’aime d’une façon qui n’existe pas, avec la force de la mer déchaînée. » Un amour fou et inconditionnel qui redistribue les cartes et remet tous les compteurs à zéro… « Cette petite est devenue mon jardin, mon air, mon atmosphère. Ce qu’elle fait transforme ce que je suis. » Une telle évidence…

A des milliers de kilomètres, un père qui le devient un peu malgré lui et sent se refermer le piège. Le lien reste à créer, et ça fait peur, oui, ça fait peur d’être père… La musique devient un refuge, celui qui permet de faire taire cette culpabilité d’arriver à exister sans elles, à y prendre goût même…

 

Mon amour... est un roman épistolaire qui brouille les pistes. Les lettres ne s’adressent pas vraiment à l’autre. Elles disent le vertige, les certitudes qui vacillent, le sol qui tremble et l’équilibre précaire. Elles disent la solitude et les ravages du temps qui éloigne… Le lecteur pense savoir où il va, s’attend à ces liens fragiles qui se distendent. Pourtant, l’essentiel se joue ailleurs. Dans les silences, dans ce que les personnages ne disent pas, dans ce qu’ils taisent ou qu’ils cachent. Dans leurs fuites…

 

Une lecture douce-amère qui bouscule et fait vivre « des émotions stridentes dans les aigus et tonitruantes dans les basses ». Et une chute qui remet beaucoup de choses en perspective..

 

 

Les avis de Charlotte, Clara, Eva, Leiloona, Sabeli et Sophie

 

 

Premières phrases : « Mon amour,

Soudain, la lumière est devenue jaune. On dirait qu’une tornade va s’abattre sur Paris. Notre cour ressemble à une scène de théâtre qui attend ses acteurs et son metteur en scène. Tu viens juste de partir. Le ciel va éclater. C’est long, un mois.

Quand j’étais petite, cette lumière me terrifiait et s’accompagnait du mot typhon. C’était la dernière lumière que l’on voyait avant de mourir. Tess dort dans mes bras. Elle n’a pas peur. Son sommeil est si profond qu’elle me paraît ailleurs.
C’est long, un mois. Est-ce que nous nous reconnaîtrons quand tu rentreras ?« 

 

Au hasard des pages« J’ai pris le pli avec Tess, nous avons notre routine. Quand tu rentreras, au mois d’août, nous serons une famille. J’ai tellement hâte. Je n’ai plus mal, j’ai perdu un peu de ventre. Ce n’est pas encore ça, mais je me sens pleine.

Le vide que Tess a laissé dans mon utérus est comblé par la place qu’elle a pris dans mon cœur. Je n’ai plus peur d’elle, je ne sais plus comment c’était avant. Elle s’est logée dans ma vie, pièce du puzzle. Je suis une mère, pour toujours. C’est d’une banalité effrayante et ça me rend euphorique. » (p. 122-123)

 

 

Éditions Grasset (Mars 2015)

219 p.

 

Prix : 17,50 €

ISBN : 978-2-246-85717-4

 

 

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20 commentaires sur “Mon amour, – Julie Bonnie

  1. Je suis entre deux : entre l’envie de découvrir l’histoire et l’écriture et la peur d’être trop émue et déçue par la fin de l’histoire …

    Que fais je ? 😉 Tu donne sacrément envie en tout cas !

    Bonne semaine Noukette 🙂

  2. lu et aimé ! Se dévore ! Des lettres comme des voies intérieures, intimes qui dévoilent tout… et une chute que j’ai trouvé parfaite et inattendue, bref une fin com je les aime !
    Une jolie semaine ma copine
    je t’embrasse tout plein <3

  3. Chambre 2 m’avait laissée de marbre (oui, je suis un affreuse insensible) mais là, je pense que la forme épistolaire pourrait me faire succomber. Reste que la prose de Julie Bonnie ne m’attire pas des masses.

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