Monde sans oiseaux – Karin Serres

monde-sans-oiseauxQuand et où se déroule cette histoire…? On ne le sait pas, et finalement tout cela importe peu….

 

Dans le monde de « Petite boîte d’os », les oiseaux n’existent plus et les maisons sont sur roulettes pour pouvoir les déplacer plus facilement en cas de brusque montée des eaux. Le fond du lac, dernière demeure des morts, est jonché de cercueils et accueille des cochons fluorescents et amphibies. Des cochons qui deviennent parfois cochons de compagnie…

 

Dans ce monde envoutant et irréel vit et grandit Petite boîte d’os, fille de pasteur au prénom on ne peut plus étrange. Un monde qui ne cesse de lui faire se poser des questions. Avant, c’était comment ? Et la vie, la vraie vie, est-ce vraiment celle qu’elle vit maintenant…?

 

Et puis Joseph arrive. Le vieux Joseph. Que tous disent cannibale… Ce n’est pas la légende qui l’entoure qui fascine Petite boîte d’os. C’est lui. Tout lui. Ce qu’il lui apporte. Ce qu’il lui fait découvrir. Ce qu’il lui apprend sur le monde d’avant. La façon qu’il a de se mouvoir dans ce monde hostile en persistant à vouloir donner vie à un jardin. Ses silences. Ses secrets. Entre Petite boîte d’os et Joseph, un grand amour naît. Un amour qui n’a peur de rien, un amour king size, animal et fusionnel qui déjoue tous les pronostics. A la vie, à la mort…

 

Monde sans oiseaux est une petite merveille impossible à qualifier. Un texte magique qui sort avec bonheur des sentiers battus… Ce monde si étrange m’a subjuguée, tant d’inventivité, tant d’audace, tant de grâce, tant de beauté, c’est finalement assez rare…

Et rare, ce texte l’est, sans nul doute. Un premier roman, incroyablement maîtrisé, lumineux et cruel, fantastique, violent mais terriblement vivant. La vie, oui, ce roman est finalement une magnifique ode à la vie. La vie banale, la vie fantasmée, celle où l’on se meurt d’amour mais on l’on se sent tellement, tellement vivant.

 

Une pépite qui brille par son originalité portée par une plume de toute beauté et au grand pouvoir d’évocation. Unique et bluffant !

 

Les avis enthousiastes de Aifelle, Cuné, JérômeLaure, Maryline, Stephie et Yueyin

Ceux plus réservés de Ys et Hélène

 

Premières phrases : « Il parait qu’autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l’air, à plat ventre, sans tomber, et leurs cris étaient très variés. Ils étaient ovipares, comme les poissons ou les lézards, et les humains mangeaient leurs œufs. On les appelait les « oiseaux ». Petite, j’ai demandé à ma mère de me raconter, mais elle a changé de sujet. Cette histoire d' »oiseaux » est-elle vraie ? »

 

Au hasard des pages : « Aller voir sous la peau du lac. Briser la vitre en cas d’urgence. fracasser le miroir qui reflète notre village sur roulettes, paisible, charmant, ravissant, et moi debout au bord de l’eau plate qui continue de monter en reflétant mon visage paisible, charmant, ravissant. Petite Boîte d’Os la Destructrice, on devrait m’appeler. Ou bien Ravage. Je ne les supporte plus, tous, leurs vies, nos vies ordonnées, régulières et policées. Je déteste notre joli village aux jolies maisons multicolores, bien droites et propres au-dessus de leur joli reflet. Je hais les jours qui se succèdent, toujours les mêmes. Le temps passe, je grandis, mon destin se dessine au-dessus de l’eau plate, planche après planche, pas après pas : mariage, enfants, promenade, vaisselle… et je n’en veux pas. » (p. 31-32)

 

Éditions Stock (Août 2013)

Collection La Forêt

112 p.

 

Rentree-litteraire-2013.png

Nouvelle lecture pour le challenge 2% Rentrée littéraire

chez Hérisson !

 12/12

En route pour les 3% !

 

Defi-Premier Roman

Nouvelle lecture pour le challenge de Anne !

 

Challenge-petit-bac-2013.jpg

Et une nouvelle participation au challenge Petit Bac

chez Enna !

Catégorie ANIMAL

 

23 commentaires sur “Monde sans oiseaux – Karin Serres

  1. Chouette, tu l’as aimé aussi ! Je dis justement dans mon billet d’aujourd’hui que si je retiens un livre dans la rentrée littéraire, c’est bien celui-là.

  2. Un texte rare… je crois que ton billet enthousiaste parvient à le qualifier. Et comme Aifelle, je me faisais cette réflexion à propos des parutions de septembre, celui-ci reste ( et appelle à la relecture )

    • C’est un univers très particulier, il faut accepter de se laisser déstabiliser, accepter de sortir de ses habitudes de lecture… C’est justement ce que je recherche, là, je suis conquise !

  3. Un roman plein d’audace tu as bien raison. J’adore voir un auteur se lancer dans un 1er roman en prenant autant de risques, c’est tellement rare. Je le classe sans problème dans mon trio de tête de la rentrée (avec Kinderzimmer et, of course, La lettre à Helga).
    Sinon ton billet est très beau, j’aime quand tu t’enthousiasmes de la sorte^^

    • Je crois que je suis devenue accro aux premiers romans ! Cette année, je crois que je n’ai lu que de très bons premiers romans ! C’est couillu quand même de proposer un tel univers comme ça…
      Bon, me reste à lire La lettre à Helga. J’ai un peu peur d’être déçue après les derniers avis lus à son sujet… Va savoir dans quel camp je vais me situer ! 😉

  4. Eh bien, voilà qui me donne très envie de découvrir Petite Boite D’os !! Depuis que je tiens mon blog, cette rentrée littéraire est de loin ma préférée !
    Des bisous,
    Cajou

  5. J’ai bien aimé aussi, il résonne un peut comme une fable, et ce qui m’a le plus plu, c’est son côté cyclique, comme une vie qui commence, se termine et recommence. Et tout qui va très vite.

  6. Je suis passée complètement à côté de ce qui semble être une petite merveille d’écriture. Ton billet est enthousiasmant et il se dégage une petite poésie magique qui m’attire !

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