Mr – Emma Becker

Mr-d-Emma-BeckerAujourd’hui, Stephie souffle les 3 bougies de son rendez-vous coquin… Trois ans pendant lesquels j’ai ingurgité de mon plein gré quantité de lectures inavouables à la qualité littéraire fort discutable. Trois ans pendant lesquels j’ai beaucoup ri, beaucoup trop. Trois ans pendant lesquels j’ai finalement été très peu émoustillée…

 

Et au bout de trois ans… LA pépite. Le roman qu’on n’attend plus. Celui qu’on ne pensait pas pouvoir croiser un jour. En ouvrant ce roman, on rencontre Monsieur. En quelques lignes, il nous envoûte, nous embarque, nous retourne dans tous les sens du terme… Et très vite, le piège se referme. On trimballe Monsieur partout, on ne le lâche plus, on s’endort avec Monsieur, on rêve Monsieur, on se réveille avec l’envie chevillée au corps de se lover à nouveau dans les bras de Monsieur…

 

Alors on comprend Ellie la malheureuse… Ellie la vingtaine flamboyante, épicurienne, maîtresse de ses désirs et de ses envies, passionnée par les hommes et le plaisir qu’ils peuvent lui donner. Passionnée aussi de littérature érotique au point de commettre quelques textes dans une revue spécialisée à tirage fort confidentiel. Une passion incomprise par son entourage véritablement choqué par ses lectures et son mode de vie. Et Ellie rencontre Monsieur. Ou plutôt, elle entend parler de Monsieur, ce collègue chirurgien de son oncle, quadragénaire marié, réputé pour ses frasques et son amour immodéré pour cette même littérature inavouable. Un amoureux de Calaferte et de sa célèbre « mécanique des femmes »

 

Ellie doit rencontrer Monsieur… Mais pas tout de suite. Un mail. Plusieurs mails… Des lettres. Plein… Des textos… Des coups de fil… Les mots de Monsieur. La voix de Monsieur. Avant même de voir son visage, de connaître le goût de ses lèvres, de s’enivrer de son odeur, de s’oublier et de se perdre dans ses bras, Ellie parlera à Monsieur. De littérature. D’érotisme. D’amour et de sexe… La relation virtuelle s’enflamme et la « rencontre » a lieu. Elle sera sulfureuse, scandaleuse, passionnée, grisante, illégitime, amorale, malsaine, addictive… et profondément douloureuse…

 

Mr aura été une lecture véritablement enivrante. Déstabilisante aussi tant elle parle à merveille des remous de l’amour. Et puis, mince, c’est fichtrement bien écrit… Et c’est un premier roman. En grande partie autobiographique d’ailleurs.

Soufflée, prise de vertige… Des passages sublimes, des moments torrides, les affres du manque, la douleur indicible… tout y est. L’histoire d’Ellie, Lolita moderne et assumée qui s’embourbe dans une relation vouée à l’échec, peut paraître banale… Elle ne l’est pas. Ceux qui aiment à outrance, s’enlisent et en redemandent le comprendront mieux que personne…

 

 

Une pépite repérée chez la divine Moka… L’avis de Marion

 

 

Morceaux choisis : « Saviez-vous que nos deux corps s’entendraient aussi bien ? Moi, je n’en avais qu’une idée très vague : sans vous connaître, bien sûr qu’il était gratifiant de s’imaginer une telle osmose. Ça n’était pas le plaisir qui m’étourdissait, mais plutôt cette fluidité avec laquelle nous baisions, cette communion de mouvements orchestrés avec une sensualité hypnotisante, l’enchaînement parfait de votre souffle et du mien. Moi, Ellie, vingt ans, petit corps dodu peinant à se débarrasser de ses rondeurs enfantines, et vous Monsieur, vos quarante-six ans de caresses et de lèvres lourdes, ensemble dans un lit clandestin, à l’heure où tous les gens que nous connaissions partaient travailler. » (p. 94)

 

« (…) sans son regard j’en oubliais presque pourquoi, tout compte fait, cette histoire entre lui et moi n’était pas qu’immorale. Ses yeux dans les miens me rappelaient que si nous couchions ensemble, si nous discutions ensemble, si nous parlions tant de temps au téléphone ou par écrit, c’est tout simplement parce que c’était bon, et que si Dieu avait mis cette chose bonne à notre disposition, la mépriser ou la craindre était un gâchis pur et simple. » (p. 158)

 

« Ma défaite avec Monsieur n’a rien eu de cataclysmique. Maintenant je le vois. Elle est faite de petites redditions de ce genre, anecdotiques. Une. Puis une autre. Jusqu’à ce que la longe autour de mon cou devienne étouffante. » (p. 175)

 

Éditions Denoël (Janvier 2011)

480 p.

 

 

Mardi c'est permis

 

Tous chez Stéphie !

 

Et vous, qu’avez-vous lu d’inavouable ce mois ci…?

 

18 commentaires sur “Mr – Emma Becker

  1. oh lalalalala, en ai l’eau à la bouche ! voila qui frait du bien dans mes lectures un brin trop sages en ce moment (et pour préparer l’été héhé !)
    des baisers ma belle belle
    et une jolie journée à toi <3

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