N’oublie pas les oiseaux – Murielle Magellan

N'oublie pas les oiseaux

Je suis rentrée dans ce roman sur la pointe des pieds…

 

L’impression de pénétrer une intimité, de regarder par le trou de la serrure. Car on le sait, le roman est autobiographique et décrit une histoire d’amour passionnée et tumultueuse. L’histoire d’une vie…

 

J’ai pris mon temps d’ailleurs. Persuadée que je ne trouverais pas mon compte dans ce « roman » qui n’en est pas vraiment un. J’avais tort.. et à quel point…

 

Ce roman, parce que oui, finalement et évidemment, c’en est un, est un petit miracle. Et il résonne, longtemps… Je l’ai terminé hier, depuis je le trimbale partout pour en relire des passages. Mince, il me parle ce roman…

 

 

Murielle a 17 ans quand sa route croise pour la première fois celle de « l’homme slave », de 25 ans son aîné. A l’école du spectacle qu’elle intègre, il sera son professeur, son mentor, son pygmalion. Dans sa vie, il sera le grand amour. Le seul. Quand il meurt, au début du roman, elle n’a que 35 ans et un enfant de lui. Entre temps, la passion, dévorante, les ruptures, souvent explosives, les trahisons, multiples tant l’homme aime les femmes et le sentiment d’aimer…

 

En huit mouvements, Murielle Magellan nous livre la partition d’un amour magnifique, fusionnel, passionnel et destructeur. Une histoire d’amour inattendue, belle et nue, cruelle et douce… Vraie. Une histoire intense pleine de soubresauts et de remous, de pièges et d’évidences. Cet amour là, « ce lien qui n’avait pas de nom », il sera celui d’une vie. Il la rendra vivante, vibrante… Il la perdra aussi…

 

Bouleversant. Vrai. Lumineux. On repense à des bouts de sa propre vie, à ces fulgurances d’amour qui font chavirer et déchirent le cœur, à ces moments tellement parfaits qu’ils semblent devoir durer pour l’éternité. On n’oublie pas ces crises de manque, ces fêlures qui rendent si vulnérable, ces déclarations qui transportent et donnent l’impression que tout est possible… De là à dire que l’amour absolu doit faire mal…

 

 

Un roman entêtant qui marque, durablement…

 

 

Du même auteur, j’avais lu et adoré Un refrain sur les murs

 

 

Les avis de Cuné, Delphine, George, l’Irrégulière, Laurent, Leiloona, Séverine, Stephie, Titine, Val

 

 

Morceaux choisis : « J’avais l’intuition d’être au pied d’un amour. Cette tempête en moi lors de son coup de fil déclencheur m’avait fortement marquée. C’était elle que j’attendais à nouveau. Cette collision entre son désir et le mien. L’amour, de mon point de vue, je peux le dire aujourd’hui, c’est attendre longtemps, tapie dans les recoins d’un lien, pour que soudain surgisse l’improbable. Et il surgit. Souvent. Oui. Puissant. » (p. 81)

 

« Dans ce contexte tendu tant dans ma sphère privée que dans le monde, notre amour brinquebalait donc, avec sa drôle de forme qui me convenait, finalement. Un amour d’éclopée. Lui était absent et présent, allait et venait, je l’attendais et l’obtenais. J’étais au chaud près de lui. Il me donnait beaucoup, le temps où je le voyais. Il avait cette faculté de me regarder telle que j’étais, sans filtre, si bien que je n’essayais pas de composer avec lui. C’était bien. » (p. 104)

 

« Le désir est un territoire si fragile, si mouvant. Il faut de la rondeur, et de la douceur pour dire qu’on désire, qu’on ne désire pas, qu’on ne désire plus. Il faut du creux et de l’espace vide. De la ruse et de la bonté. Et quand le désir est sûr, alors du cru, oui, du cœur, aussi, de l’opaque et du jeu. » (p. 248)

 

 

Éditions Julliard (Janvier 2014)

340 p.

 

Challenge rentrée d'hiver

Et une nouvelle lecture pour le challenge « rentrée d’hiver »

de Val…!

30 commentaires sur “N’oublie pas les oiseaux – Murielle Magellan

  1. Acheté au Salon du livre et l’auteur m’a fortement conseillé de lire aussi et d’abord « Le lendemain, Gabrielle » qui a des liens avec celui-ci, paraît-il. Et comme la couverture est un tableau d’Egon Schiele, je n’ai pu que craquer…

  2. j’avais lu de très bonnes chroniques puis j’avais écouté Murielle Magellan quand elle était passée à la grande librairie et je ne suis pas tombée sous le charme…mais peut-être la présentation en a été mal faite car décidément ce roman semble être un coup de cœur, je crois que je vais tenter

  3. Ah oui, sacré coup de coeur on dirait ! Je ne suis pas très « histoires d’amour » (même si j’ai bien noté qu’on était loin des Harlequin^^) donc pas sûre d’y trouver mon compte. Je note en point d’interrogation.^^

  4. Mais quel enthousiasme Noukette…
    Pfff, je ne supporte plus l’autofiction, et je me suis promise de ne pas me frotter une nouvelle fois à ce genre…alors du coup maintenant j’hésite très sévèrement parce que tu n’es pas la première à saluer une belle plume…peut-être que je craquerai en poche…

        • En gros c’est le récit d’événements de la vie de l’auteur sous une forme plus ou moins romancée… A mi chemin entre autobiographie et roman. L’auteur est souvent le narrateur ou le personnage principal. Généralement, je n’aime pas trop quand les auteurs parlent d’eux dans les romans, là, j’ai adoré !

  5. Coucou
    je le lirais car j’ai beaucoup aimé Une refrain sur les murs, livre voyageur à l’époque.
    L’amour est souvent mais pas toujours douloureux mais les histoires que l’on raconte sont souvent empruntent de douleurs … Sinon les happys end ça ressemble à du Harlequin ..
    Bisous

    • Un refrain sur les murs avait voyagé jusqu’à moi aussi… Je suis ravie d’avoir poursuivi la découverte de cette auteure, quelle plume quand même !

  6. Je suis -au moins- aussi envoutée que toi par ce livre! Conquise et charmée par cette plume,par cette histoire exceptionnelle et absolue. J’ai du me faire violence pour rendre ce livre à la bibliothèque et accepter de le mettre entre d’autres mains!

  7. J’aurais aimé être aussi emportée, mais pour réutiliser ta métaphore je ne suis restée que derrière la porte à regarder par le trou de la serrure, je m’attendais vraiment à ce que ce livre fasse écho avec ma vie, mais finalement non, je suis restée en tant de spectatrice, avec pour seule envie celle de baffer l’homme aimé …

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