Novecento : pianiste – Alessandro Baricco

novecentoJ’aime l’idée qu’il me reste encore un tas de petites pépites qui dorment sur mes étagères. J’aime encore plus l’idée de savoir qu’elles peuvent être lues au bon moment pour relancer une machine un peu endormie. Le tout en procurant une rare émotion…

 

Alessandro Baricco est un auteur qui me parle. J’aime sa façon unique de raconter des histoires. Son inimitable talent de conteur. Cette étonnante faculté à suggérer et à dire l’intime. Ce raffinement discret. Et cette impression troublante qu’il me parle au creux de l’oreille…

Et comme dans Soie, la magie opère… Noveciento : pianiste fait partie de ces livres rares qui vous emmènent loin en quelques pages. Pas d’esbroufe ni d’effet de manche. Pas un mot de trop. Une vraie histoire. De vrais personnages qu’on croirait sortis tout droit d’une fable. Une prose musicale et poétique qui laisse le temps comme suspendu et fait battre le cœur un peu plus fort…

 

A trente ans, Novecento n’a jamais mis le pied sur la terre ferme. Né sur un bateau, il n’en est jamais descendu. Bercé par l’océan qui l’a vu naître, élevé par un trompettiste noir qui lui transmet son amour de la musique, il devient vite une légende. Pianiste de génie, libre et insoumis, Novecento vit pleinement et s’approprie le monde sans même l’avoir vu. Le monde est dans sa tête… et au bout de ses doigts. Et cette musique qu’il compose ne ressemble à aucune autre, hypnotique, magique, vibrante… Unique…

 

Oui, la magie opère… Une vraie parenthèse de bonheur, un petit moment hors du temps. La plume élégante de Baricco fait merveille, cet art de l’épure, cette retenue… je trouve ça tout simplement magnifique… A découvrir d’urgence si ce n’est pas déjà fait.

 

Les avis de Asphodèle, Charlotte, Eimelle, Hélène, Jostein

 

Premières phrases : « Ça arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la tête… et qui la voyait. C’est difficile à expliquer. Je veux dire… on y était plus d’un millier , sur ce bateau, entre les rupins en voyage, et les émigrants, et d’autres gens bizarres, et nous… Et pourtant, il y en avait toujours un, un seul sur tous ceux-là, un seul qui, le premier, la voyait… Un qui était peut-être là en train de manger, ou de se promener, simplement, sur le pont… ou de remonter son pantalon… il levait la tête un instant, il jetait un coup d’œil sur l’océan… et il la voyait. Alors il s’immobilisait, là, sur place, et son cœur battait à en exploser, et chaque fois, chaque maudite fois, je le jure, il se tournait vers nous, vers le bateau, vers tous les autres, et il criait (adagio et lentissimo) : l’Amérique. »

 

Au hasard des pages : « Il l’était vraiment, le plus grand. Nous on jouait de la musique, lui c’était autre chose. Lui, il jouait… quelque chose qui n’existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay ? Quelque chose qui n’existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n’existait plus… ça n’était plus là, définitivement… Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. » (p. 21)

 

Éditions Gallimard (Février 2002)

Collection Folio

90 p.

Traduit de l’italien par Françoise Brun

 

Prix : 4,60 €

ISBN : 2-07-041987-8

26 commentaires sur “Novecento : pianiste – Alessandro Baricco

  1. Jamais lu cet auteur.. mais j’ai entendu dire qu’il a un rythme bien à lui dans ses récits. Je me laisserai peut-être tenter par celui-ci, tu en parles si bien !

  2. lu, lu et relu ! Et l’année dernière vu o théâtre avec A. Dussolier, ce bijou, ce régal, cette émotion …. 😉
    Baricco mon amour <3
    merci ma belle, tu me donnes envie de m'y replonger héhé
    des bizzzzzz

  3. J’ai lu « Mr Gwyn » que j’ai adoré ! Je pense que c’est même MON coup de cœur de l’année ! Ce roman m’a donné envie de découvrir l’univers de l’auteur ; il est fort probable que je lise « Novecento : pianiste » bientôt !

  4. Merci, Noukette, de tout cœur. Je ne connaissais pas Baricco, c’est vous qui me l’avez fait découvrir. J’ai acheté « Novecento:pianiste », au bout d’une dizaine de pages, j’ai compris que j’avais affaire à un grand romancier.

  5. Bonjour Noukette, j’avais lu le roman après avoir vu le film de Tornatore qui date de 1998. J’ai autant aimé l’un que l’autre. Je te conseille donc le film même si des critiques l’ont assassiné. J’avais adoré la musique d’Enio Morricone.

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