Parce que tu me plais – Fabien Prade

parce que tu me plasi

 

Il m’a énervée ce Théo. Glandeur né, sans ambition, feignant, profiteur, pique-assiette, menteur. Il m’a énervée mais je l’ai quand même suivi avec le sourire, le genre de sourire indulgent et un brin nostalgique qu’on peut avoir quand on repense à ses jeunes années, insouciantes, parfois inconséquentes, toujours « too much »…

 

A 25 ans, Théo passe donc son temps à ne rien faire. Enfin si. Il fume, beaucoup, vend même de l’herbe à l’occasion, il boit, plus que de raison, il sort, presque tous les soirs, et il collectionne les conquêtes. Jusqu’au jour ou notre Don Juan de pacotille tombe sur Diane. Et Diane n’est pas comme lui. C’est une fille bien. Belle et élégante. Une fille des beaux quartiers. Avec une éducation. Un avenir… Pas le genre à fricoter avec les bad boys désœuvrés.

 

 

Parce que tu me plais est un premier roman culotté qui m’a fait décrocher quelques sourires. Pas un roman inoubliable, non, mais un roman sans prétention qui m’a néanmoins fait passer un bon moment. Même si je ne suis clairement pas la cible visée… (mon dieu que je me suis sentie vieille en le lisant !!)

Moderne, au langage très « djeun’s », parfois cru mais résolument vrai, ce roman très parisien « branchouille » est celui d’une génération qui ne veut pas grandir. Celle qui veut tout tout de suite et si possible sans efforts, celle qui veut jouir de l’instant sans penser au lendemain, celle pour qui la vie est un gigantesque jeu. Théo est l’archétype même de cette génération « sale gosse »… Et si on ne peut s’empêcher de s’attacher à lui, on a tout de même furieusement envie de lui mettre des claques, voire de lui foutre des coups de pied au fesses…

 

 

Premières phrases : « C’était début mai. Paris redevenait enfin un endroit agréable à vivre. Les filles, qui s’étaient coffrées tout l’hiver sous leur couette pour regarder des saisons entières de Girls en streaming, ressortaient enfin dans les rues. Par beau temps, j’aime me poser à une terrasse de café dans le Marais, et les regarder évoluer librement. Ça peut paraître limite, mais objectivement, j’ai toujours perçu ça comme une sorte d’accord tacite. »

 

Au hasard des pages : « Je suis définitivement tombé amoureux de Diane. Après quelques nuits à remettre en cause mon schéma existentiel, j’ai été obligé de me l’avouer. J’étais complètement accroc. Pourtant la banalité de cette histoire m’ulcérait. Le coup de foudre au café. La meuf qui-te-rembarre-alors-ça-t’intrigue. Les magouilles pour la retrouver. La tentative de baiser. Son mec. Tout ça était si cliché, si « écrit », si cinématographique, que j’avais du mal à croire que cela m’arrive à moi. Et dans le rôle du boloss en plus. Parce que elle, elle ne m’aimait pas. Je le sentais. Ou plutôt, je sentais qu’elle aimait son fiancé plus que tout. Dès qu’elle parlait de lui, ses fantastiques yeux gris-vert se mettaient à briller, m’arrachant toujours un bout de cœur au passage. C’était mort-né. » (p. 47)

 

 

Éditions Nil (Août 2013)

128 p.

 

 

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Nouvelle lecture pour le challenge 3% Rentrée littéraire

chez Hérisson !

 16/18

 

 

Challenge premier roman

Et une nouvelle participation au challenge Premier roman

chez Fattorius !

12 commentaires sur “Parce que tu me plais – Fabien Prade

  1. Oh ben ce Théo ressemble beaucoup à mon « Machin » de « Libre, jeune et assoupi » que j’ai commenté dernièrement. Je comprends qu’il t’ait agacé. Ces djeuns, je crois qu’on ne peut plus rien attendre d’eux.^^

  2. c’est rare que je dise ça, mais c’est vraiment mal écrit. Le langage très « djeun’s » que tu soulève est pour moi artificiel sans aucune saveur, idem pour le côté cru. Désolé mais pour moi ça n’a pas passé !

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