Petits arrangements avec nos coeurs – Camille de Peretti

Petits arrangements avec nos coeurs

 

A 16 ans, Camille sort avec Stanislas plus pour tester son pouvoir de séduction et faire comme les copines que par amour. Un premier baiser très attendu et Camille se lasse. La relation, déséquilibrée, est vouée à sa perte, lui, amoureux transi, elle, inaccessible et cruelle.

 

A 25 ans, Camille a tout réussi. Devenue écrivain, elle pioche dans ses aventures passées pour façonner les personnages de ses romans. Stanislas ne fera pas exception à la règle. Prise d’une subite envie de savoir ce qu’il est devenu, elle se met en tête de le retrouver. Rapidement, elle retrouve sa trace : installé à Londres, il est devenu trader à succès. Une correspondance s’installe et très vite les barrières se rompent. Complicité de façade ou réelle intimité, les échanges se font séducteurs et les retrouvailles deviennent une évidence.

 

Mais Stanislas a une petite amie, dont il semble certes pouvoir se débarrasser facilement… ce qui n’est pas le cas de Camille mariée et bien mariée à César un artiste dont elle s’est entichée quelques année plus tôt. Un mariage dans lequel elle s’ennuie et qui ne l’épanouit plus. Bien décidée à vivre malgré tout son histoire avec Stanislas, Camille se jette à corps perdu dans une relation adultère passionnelle, finit par quitter son mari et s’installe à Londres avec Stanislas.

Après l’euphorie des débuts vient l’heure du désenchantement… Camille, à nouveau, s’ennuie. Petit à petit, l’amour se délite, les rancœurs naissent et la fin, à nouveau, semble inéluctable…

 

Petits arrangements avec nos cœurs ou la chronique douce amère d’une histoire d’amour vouée à l’échec. Une histoire d’amour aux multiples facettes… Amour fou, frénésie des débuts, fougue des sentiments. Mais le couple est fragile, très vite, il tangue et vacille. Stanislas et Camille s’embourbent dans leurs contradictions, voulant le tout et son contraire, Camille simulant un attachement qui n’est plus et Stanislas faisant mine de ne rien voir. Ces « petits arrangements » arrangent effectivement tout le monde… Ne pas voir que le couple construit sur des bases fragiles n’en est déjà plus un, croire à un sursaut possible en s’embarquant dans un périple à deux pour s’aimer sans contraintes…

 

Ma lecture a été chaotique, partagée que j’étais entre l’agacement et la volonté d’arriver avec les deux personnages au bout du chemin. Le fait est que j’ai pris un certain plaisir à lire ce roman, l’écriture est fluide, plutôt agréable, à la fois moderne et parfois délicieusement désuète. Le ton est piquant et on note avec le sourire tout un tas de petites phrases qui font mouche sur le désir, le couple et le désamour…

Impossible pour autant de ressentir une quelconque empathie pour ces deux tourtereaux (qui se vouvoient…) et leurs atermoiements… Stanislas, aussi sincère qu’il soit, ne m’a pas touché, Camille, elle, m’a profondément agacée avec ses hésitations, ses contradictions, ses petits mensonges, ses demi-tours, ses « caprices », sa peur de la solitude et ses envies de fuite… 

 

J’avoue aussi avoir eu vraiment du mal à me détacher du côté « autofiction » de ce roman. Ce n’est pas nouveau, je suis sincèrement mal à l’aise avec l’idée de mettre autant de soi dans un personnage et dans une histoire… Rien à faire, ce n’est pas mon truc… Je découvre cependant une « voix » que j’aurais plaisir à retrouver, un jour ou l’autre, au détour d’un autre roman…

 

 

Une lecture que je partage avec Jérôme, l’Irrégulière et Moka

 

 

L’avis d’Antigone

 

 

Premières phrases : « J’avais seize ans et j’étais vierge. Lycéenne, je savoure ce mot. La sonnerie dans le couloir, les petits mots qu’on se passe sous la table, le goût de la pointe de l’effaceur que je tète lorsqu’elle a séché, la plume qui glisse sur la douceur des feuilles de papier Clairefontaine à grands carreaux, le trait rose de la marge, mes classeurs et trois livres serrés contre ma maigre poitrine, le sac à dos sur une épaule, un ruban de satin noué au bout de ma lourde natte brune. »

 

Au hasard des pages : « Il n’y a rien de plus troublant qu’une correspondance, rien de plus parfait pour tomber amoureux. » (p. 49)

 

« Une rupture se doit d’être triste, et pourtant, quand la fin est proche, il y a des ressorts de joie, des intervalles de complicité, des alternances de gaité. Dans ces laps de temps, on rit d’autant plus facilement qu’on sait que c’est la dernière fois. La vraie tristesse vient après, quand il n’y a plus rien à partager, même pas une explication ou une dispute. » (p. 147)

 

« L’amour s’assortit toujours de promesses. Une rupture est un parjure. » (p. 218)

 

 

Éditions Stock (Avril 2014)

234 p.

27 commentaires sur “Petits arrangements avec nos coeurs – Camille de Peretti

    • Je ne m’attendais pas à ce que tu fasses un coup de cœur de ce roman mais c’est tout à ton honneur de t’être aventuré sur des terrains qui ne sont clairement pas faits pour toi… Et puis tu seras peut-être un des rares avis masculins sur ce titre, et ça, c’est précieux…! 😉

  1. A vrai dire qu’il soit question d’autofiction et de pure fiction ne change absolument rien pour moi. Si l’histoire me touche, je me moque de savoir si elle est liée ou non – à quelque degré que ce soit- à la vie de l’auteur.
    Cette histoire m’a beaucoup parlé même si je peux totalement comprendre cet agacement pour les personnages qui peuvent paraître antipathiques en bien des points.
    Et puis c’est rigolo, je n’ai pas tout noté sur l’article mais j’ai relevé les même citations que toi au fil de ma lecture.

    • J’ai vu que cette histoire t’avait beaucoup touchée, cela s’est vu dans ton billet d’ailleurs, tout en finesse comme d’habitude… Ce n’est pas un coup de cœur pour moi mais par contre j’ai maintenant très envie de découvrir Nous sommes cruels par exemple…

    • Et tu connaissais l’auteure aussi. Pour moi c’est une découverte, et dans l’ensemble une bonne vu que j’ai envie de découvrir le reste de son œuvre…

    • Je commence à te connaître et je pense effectivement que ce roman n’est pas fait pour toi… Cela dit, on se trompe peut-être toi et moi ! 😉

  2. Je ne suis pas loin de rejoindre ta lecture, même si l’autofiction ne me gêne pas (Justine Levy y excelle je trouve) encore faut-il que l’écriture tienne la route et que le récit emporte. Un peu déçue par ce titre ci, j’avais beaucoup plus aimé « nous sommes cruels ».

    • J’ai été lire ton billet sur Nous sommes cruels et je suis plus que tentée par sa lecture !! Le côté épistolaire et réécriture des Liaisons dangereuses, c’est plus qu’alléchant !

  3. Tu es nettement plus mitigée qu’Antigone, et tu parles un peu différemment du livre… Autre éclairage intéressant, qui me ferait peut-être hésiter : je n’avais pas compris qu’il y avait une large part d’auto-fiction !

    • J’ai l’impression que c’est le cas dans tous les romans de l’auteure, son personnage principal est toujours « Camille »… Je suis un peu passée à côté du livre oui mais je n’ai pas dit mon dernier mot avec cette auteure ! Nous sommes cruels me tente beaucoup !

  4. Bonjour,
    J’ai lu ce livre et franchement j’ai sauté un bon nombre de pages pour arriver à la fin…. L »auteur se regarde écrire, et je n’ai ressenti aucune empathie pour aucun des personnages. …

    • Je suis mitigée sur ce titre mais je n’ai pas détesté… J’y ai pris plaisir même si cette lecture ne restera pas un souvenir impérissable…

  5. Bon, j’avoue ne pas être du tout tentée cette fois, tu semble très tiède toi même et le sujet ne m’emballe pas du tout… La bonne nouvelle c’est que ça en fera un de moins à rajouter sur ma LAL déjà surencombrée ;0)

  6. Alors déjà je fuis l’auto-fiction, mais en plus les gosses de riches qui se regardent le nombril en se demandant où ils vont dans la vie, je ne peux vraiment plus, c’était très à la mode dans les années 2000, j’en ai trop lus, je sature….je regrette que les auteurs peinent à inventer des histoires et reviennent tout le temps à la leur…

  7. Je doute que ce roman soit pour moi, qui ai déjà du mal avec la littérature française contemporaine et encore plus avec l’auto-fiction.

  8. Rien de pire que de ne pas ressentir d’empathie pour les personnages. je passe. Dommage, la couv me faisait penser à l’époque Maud Letthielleux, que l’on n’a pas revu chez les libraires depuis quelques années maintenant.

  9. Bonjour Noukette, un petit coucou en passant car j’ai vu ton commentaire touchant chez Soukee, je suis émue de savoir que vous pensez encore un peu à moi ! Du coup je fais un petit tour sur les blogs, je suis un brin nostalgique ce soir …. Je t’embrasse bien fort et te dis à tout bientôt !
    (Concernant ce livre, il ne me tente pas vraiment, je n’avais pas du tout aimé Nous sommes cruels)

    • Comme ça me fait plaisir de te lire…! J’avais été très peinée de ton départ de la blogo, j’ai longtemps espéré que tu reviendrais et puis le temps a passé…
      J’espère que tu vas bien, que tu savoures toujours autant tes lectures même si tu ne les partages plus de la même façon. N’hésite pas à revenir ici de temps en temps, tu seras toujours la bienvenue ! Je t’embrasse !

  10. Je comprends tout à fait ton point de vue … j’ai davantage aimé la première partie que la seconde, car voir un couple se déliter comme une évidence ne me fait pas forcément du bien en ce moment.;)

    • Comme toi j’ai préféré la première partie à la seconde, même si ce n’est probablement pas pour les mêmes raisons… Une chose est sûre, je relirai cette auteure !

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