Le nouvel album de Zep surprend et je dois avouer que j’aime le virage qu’il est en train de prendre. Je trouve que ça palette s’étend, tant au niveau du graphisme que des scénarios. Pas de grandes prises de risques mais des univers qui montrent que l’auteur ne souhaite pas se cantonner à un genre.

 

Après l’amitié dans Une histoire d’hommes et le portrait d’un homme en pleine révolution intime dans Un bruit étrange et beau, Zep continue son exploration de l’âme humaine. Il prend pour cela une route assez inattendue avec un thriller d’anticipation en nous parlant de notre monde… et de sa possible fin.

 

Qui connait l’histoire des antilopes koudous du Transvaal, mystérieusement décimées en Afrique du Sud ? A l’époque, des scientifiques avaient émis l’hypothèse que c’était les acacias dont ils avaient l’habitude de manger les feuilles qui s’étaient rendus mortels en augmentant leur taux de tanin. Une mise à mort programmée par les arbres eux-mêmes pour se protéger des Koudous en régulant leur surpopulation. Étrange histoire dont s’est largement inspiré l’auteur pour bâtir le scénario de The End

 

Dokslä, petite île de Suède. Le professeur Frawley et son équipe étudient depuis des années la communication des arbres entre eux, persuadés qu’ils détiennent dans leur ADN l’histoire de la Terre. Le Codex Arboris. Une histoire gravée en eux comme un secret des plus précieux qu’ils ne souhaitent évidemment pas partager avec les humains. Le jeune Théodore Atem intègre l’équipe pour un stage. D’abord sceptique et assez décontenancé par la personnalité atypique du professeur Frawley, il finit par s’interroger… La mort foudroyante et mystérieuse de 32 personnes dans les Pyrénées espagnoles, la prolifération de champignons toxiques sur l’île, le comportement inhabituel des animaux sauvages qui semblent ne plus craindre les hommes jusqu’à les approcher au plus près, la présence d’une usine Pharmacorp à proximité de la réserve… une concordance d’évènements apparemment anodins qui finissent par s’imbriquer comme les pièces d’un puzzle. Tout laisse à penser que quelque chose se trame. A sa façon, la Terre donne l’alerte et la nature reprend ses droits. Reste à savoir si les hommes sauront en percevoir les signes et sauront, à leur tour, s’adapter…

 

« This is the end, beautiful friend »

 

Zep n’aurait pu choisir meilleure bande originale pour son album que la chanson prophétique des Doors. The End… Peut-être est-il en effet temps pour l’homme de reprendre la place qui est la sienne ou qui en tous cas devrait l’être. Avec cet album étonnant, Zep remet les pendules à l’heure. Et il est vrai qu’on ne cesse de s’interroger à la lecture de cet album. Les théories évoquées, les raisonnements scientifiques avancés… l’histoire imaginée par Zep repose sur un nombre de faits avérés, d’autres scientifiquement plus discutables voire franchement improbables mais qu’importe. En choisissant l’angle du thriller environnemental à la sauce post-apocalyptique, Zep embarque son lecteur dans une enquête au dénouement certes attendu mais néanmoins surprenant.

 

Graphiquement, je suis à nouveau séduite par les aquarelles bichromiques de Zep qui confèrent au récit un tempo particulier. La simplicité du découpage et la sobriété du dessin accentuent la tension dramatique qui elle s’installe crescendo… jusqu’au pire. Impossible de reposer cet album avant son dénouement, j’en ressors agréablement surprise, encore.

 

Une lecture que j’ai le plaisir de partager avec Antigone et Mo’

 

L’avis de Jacques

 

Éditions Rue de Sèvres (Avril 2018)

92 p.

 

Prix : 19,00 €

ISBN : 978-2-36981-605-8

 

BD de la semaine saumon

… chez Moka


19 commentaires

Aifelle · 2 mai 2018 à 06h05

Je viens de lire le billet d’Antigone, tu confirmes mon envie de le lire. J’avais beaucoup aimé « un bruit étrange et beau ».

Mo · 2 mai 2018 à 06h34

Sceptique en début de lecture, je me suis finalement rapidement prise au « jeu » . Je te rejoins sur le plaisir à lire cette histoire.

Hélène · 2 mai 2018 à 09h03

Pourquoi pas…

yaneck · 2 mai 2018 à 09h54

C’est vrai qu’il fait dans l’acide, sur ce coup, le père Zep! Il tranche à la hache! J’ai beaucoup aimé cette histoire en effet un peu étrange, mais qui a le mérite de nous renvoyer à nos responsabilité et à notre place dans l’écosystème….
Bon choix.
https://www.facebook.com/notes/gnapp/critique-the-end-fini-la-rigolade-pour-zep/394085161065756/

Antigone · 2 mai 2018 à 10h24

Ton billet est superbe Noukette !! J’espère qu’il donnera à beaucoup envie de découvrir ce très bel album. Que ZEP continue ainsi, je suis d’accord. Bien envie aussi de découvrir ses précédents en format adulte.

Blandine · 2 mai 2018 à 11h02

Avec vos trois avis du jour, et celui de Jacques précédemment, comment ne pas avoir envie de le lire?!

Moka · 2 mai 2018 à 12h18

Il me tente cet album… Je prendrai le temps de le découvrir.

Sandrine · 2 mai 2018 à 12h25

Une idée à garder pour découvrir l’auteur autrement 🙂

Madame · 2 mai 2018 à 14h40

Cette BD m’attend, ton billet me donne envie de la lire (rapidement).

Saxaoul · 2 mai 2018 à 16h55

Je suis assez sceptique par rapport au scénario….

Brize · 2 mai 2018 à 18h45

Bon, celui-ci, il est bien repéré !

krol · 2 mai 2018 à 22h01

Je le veux ! Et puis c’est pas juste, vous vous êtes mises à trois !

Géraldine · 3 mai 2018 à 19h37

Zep + de l’anticipation, je ne peux qu’être tentée !

Caro · 3 mai 2018 à 22h51

Album acheté hier, donc peut-être lecture prochaine…

Alex-Mot-à-Mots · 4 mai 2018 à 12h49

Tentée par cet album. Merci.

Folavril · 4 mai 2018 à 14h47

Cette BD m’attend dans ma PAL, j’ai hâte!

A_girl_from_earth · 4 mai 2018 à 22h48

Ça fait longtemps que je n’ai pas lu de Zep et ce « thriller environnemental à la sauce post-apocalyptique » pourrait bien me plaire, tiens !

jerome · 7 mai 2018 à 12h47

Du post apocalyptique à la sauce Zep, je demande à voir !

Bouma · 9 mai 2018 à 11h37

à vous trois vous ne laissez pas le choix, il faut que je la lise !

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