Un week-end en famille – François Marchand

Un-week-end-en-famille.jpgCe n’était pas une bonne idée. Impossible de reculer pourtant : son week-end, il va le passer au fin fond de la Samouse pour les « beaux » yeux d’une femme qu’il a épousé sur un coup de tête à Vegas, une « cruche » qu’il méprise et qu’il supporte tant bien que mal…

Maurice et Solange, les « bouseux », vont donc faire la connaissance de leur parisien de gendre, citadin convaincu. Non, ce n’était vraiment pas une bonne idée. Le dialogue est compliqué et malgré toute la bonne volonté du gendre de faire bonne figure… la rencontre surréaliste finit par tourner au cauchemar. C’est long un week-end… très long, surtout si c’est pour entendre parler d’itinéraires routiers ou de maisons achetées à crédit. Il faut bien une bonne dose de neuroleptiques pour tenir le coup, mais finalement, pas sûr que ce soit une bonne idée non plus…

 

François Marchand est un sale gosse qui dégomme au vitriol tout ce qui bouge, le tout avec un plaisir non dissimulé. Adepte de l’humour noir corrosif et sans concessions, il sort l’artillerie lourde. La province en prend pour son grade mais l’auteur se plait surtout à flinguer la société de consommation, véritable piège à « décérébrés » qui sont censés peupler la dite province. Ne zappez pas la virée à Ikéa, la visite de l’appartement témoin ou le sacro saint vide greniers, le narrateur (l’auteur ?) nous offre là de belles tranches de rigolade, à condition bien sûr d’être réceptif à ce genre d’humour complètement barré. Ne cherchez pas la vraisemblance dans ce week-end sanglant et souvent désopilant, la caricature est assumée et va volontairement très loin. Ça gratte plus que ça ne chatouille et franchement c’est tellement « too much » et déjanté qu’on ne peut que se bidonner.

 

Un roman court, et honnêtement, il n’en aurait pas fallu plus. Pas sûr que ce genre d’humour tienne la distance, pas sûr en tous cas que j’aurais voulu en lire une centaine de pages supplémentaires. Mais ce roman a atteint son objectif, décapant, cynique, il m’a fait passer un bon moment de plaisir coupable : dire du mal parfois, ça fait tellement de bien ! 

 

Un OVNI lu avec ma copine Stéphie qui, comme moi, avait besoin de se défouler en cette période de rentrée ! Un grand merci aux éditions le Cherche Midi pour ce bon moment de lecture !

 

Les avis de Cathulu et Hérisson.

 

Premières pages : « Au début, c’était juste un petit week-end en Samouse. Dans la famille de ma femme. Je ne pouvais pas savoir que ça allait dégénérer à ce point. Nous sommes arrivés à Andouillé le vendredi, tard. J’étais fatigué, Aurélie aussi, mais il a bien fallu honorer la collation préparée à notre intention, d’autant que c’était la première fois que je rencontrais ma belle-famille. Je venais de me marier avec Aurélie à Las Vegas, dans la foulée d’une perte monumentale au poker, en me disant qu’il valait mieux rassembler toutes les conneries possibles le même jour. »

 

Au hasard des pages : « La vie est peuplée de petits-bourgeois qui n’aperçoivent rien de rien des signes avant-coureurs des catastrophes. J’étais un étranger au milieu des gens, simplement parce que j’essayais de comprendre ce qui se passait autour de moi, là où mes contemporains, pour la plupart, n’avaient pas même cette prétention. Et j’essayais aussi de savoir ce qui allait arriver. Je ne pouvais lutter contre un pressentiment funeste, ce matin-là, à Mourgeac. » (p. 29-30)

 

Éditions Le Cherche-Midi (Août 2012)

110 p.

 

Une deuxième lecture

pour le challenge 1% rentrée littéraire !

Challenge 1% littéraire 20122/7

 

importorigin:http://aliasnoukette.over-blog.com/article-un-week-end-en-famille-fran-ois-marchand-109785793.html

18 commentaires sur “Un week-end en famille – François Marchand

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