Ça raconte Sarah et ça vous transperce. Ça vous laisse un drôle de goût dans la bouche et tout se mélange. Le doux, le beau, le noir, le trop…

Ça raconte Sarah et ça vous dessine des larmes au coin des yeux et des poignards dans le cœur. C’est différent et en même temps si semblable à ce que vous avez pu lire avant. Ça dit l’amour qui dévaste, qui change et qui dérange. Ça dit l’amour qui révèle et lacère à la fois. Ça dit la plénitude et cette incroyable sensation de vide quand l’autre n’est plus l’autre. Ça dit le vertige et l’abandon qui fait que l’on s’oublie…

Ça raconte Sarah est un roman de l’urgence. Celle des regards qui vrillent et vacillent, celle des peaux qui s’aimantent, celle des cœurs qui battent un peu plus fort. Ça raconte Sarah est un roman confession. Une bombe à retardement qui vous explose à la gueule. Sans crier gare.

L’amour avec une femme : une tempête.

On en a lu des histoires d’amour. Des qui finissent bien, des qui commencent mal. Des fiévreuses et des exaltées. Des ringardes et des anecdotiques. On sait ce qu’on va lire, on s’attend au pire, on espère le meilleur… Et il y a ce roman là. Terriblement banal et totalement novateur. Une langue qui se scande et s’étourdit dans des répétitions. Une langue qui pulse et qui entête, ritournelle funeste pour des amours vouées à s’éteindre. Et ça tourne en boucle une fois le livre refermé. Ça agace même tant ça s’imprime.

Je m’étais préparée à ce que ça sonne faux. A sentir tout de suite l’entourloupe, le fabriqué, l’exercice de style. Et c’est tout le contraire. C’est parce que ça sonne juste que ça ébranle si fort. C’est parce que ça fait écho que ça dévaste tout. C’est parce que ça fait sens que c’est de la littérature.

On en ressort exsangue… et ébloui ♥

Les avis de Alex, Gambadou, Joëlle, Loupbouquin, Valérie

Elle ne me téléphone pas. Elle ne me court pas après dans la rue, dans les couloirs du métro. Elle ne m’écrit pas dans les jours qui suivent, elle ne demande pas qu’on aille au théâtre, voir la mer, visiter un jardin, boire un thé, manger japonais. Elle ne demande pas de mes nouvelles, elle ne demande pas de nouvelles de l’enfant. Elle ne sait pas que mon corps entier me brûle, que ma tête est un brasier continu, que je n’ai jamais ressenti une douleur physique aussi sourde et aussi forte. Elle sort de ma vie comme elle y entrée, pleine d’allant. Victorieuse.

Éditions de Minuit (Septembre 2018)

192 p.

 

Prix : 15.00 €

ISBN : 978-2-7073-4475-5

 

By Hérisson


16 commentaires

Nathalie · 13 octobre 2018 à 07h41

Tu m’as donné envie de le lire, c’est malin !! Comme si ma pal n’était pas assez grosse… 😉

eimelle · 13 octobre 2018 à 09h20

il me tente bien!

Moka · 13 octobre 2018 à 10h17

Je suis en train de le lire. Pas d’éblouissement pour l’instant. J’attends de voir quel sera le ressenti final…

L'Irrégulière · 13 octobre 2018 à 10h34

Il est dans ma liste…

krol · 13 octobre 2018 à 10h43

Tu mets des mots forts sur ce roman. Roman, n’est-ce pas ? Mais je vais attendre l’avis de Moka…

Pascale · 13 octobre 2018 à 11h36

Ta critique donne envie ! Toi aussi, tu écris bien ! Tu as pensé à franchir le pas (écrire un roman) ? 🙂 🙂

nicolemotspourmots · 13 octobre 2018 à 14h09

Tout ce que tu écris je l’ai ressenti dans la première partie… ébouriffante ! Mais la suite m’a légèrement ennuyée, cette errance aussi physique que mentale… Enfin ! Cela reste l’un des premiers romans les plus intéressants et singuliers de cette rentrée 🙂

Violette · 13 octobre 2018 à 17h12

tu y vas très fort, la barre est placée haut, … tu m’intéresses 🙂

Joëlle · 13 octobre 2018 à 21h46

Époustouflant… Quel talent !

Cajou · 13 octobre 2018 à 22h01

Ce billet m’a touchée. Beaucoup. Tu écris si bien. Je m’en vais commander le livre illico.
Bisous.
Cajou

Delphine-Olympe · 13 octobre 2018 à 23h45

Pourquoi, mais pourquoi donc est-ce que je n’arrive pas à avoir envie de lire ce livre ?!! Peut-être est-ce de trop le voir ? Et puis son titre : il n’y a rien à faire, il m’écorche les oreilles… J’ai sans doute tort…

Marie-Claude · 14 octobre 2018 à 01h58

Quel billet sensible et bien tourné… Au point que je suis maintenant plus que curieuse de découvrir ce roman dont tu dis tant de bien.

Alex-Mot-à-Mots · 15 octobre 2018 à 11h33

Exsangue oui, éblouie, beaucoup moins.

Jerome · 16 octobre 2018 à 13h01

Ah l’amour, cette vaste question ! Tu parles magnifiquement de ce livre en tout cas.

l'or rouge · 17 octobre 2018 à 00h28

Je me sens très hésitante par rapport à ce titre, tu es la première a me redonner l’envie de lui donner une chance ^_~

Nota bene · 18 octobre 2018 à 14h30

Pour moi au contraire cela sentait l’exercice de style à plein nez : je n’ai pas aimé !

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