9782265115699

« On est responsable du feu qu’on a allumé. »

 

Un livre qui débute avec des petits mots des Rita Mitsouko ne pouvait que me plaire ou du moins attiser follement ma curiosité !

 

C’est un polar, un polar sombre, un polar « social » et comme dans tout bon policier (du moins, à ce que j’en sais !), on y croise de l’intrigue, un meurtre ou deux, un accident terrible, du viol sordide, une enquête qui tâtonne, des policiers sur les dents, des victimes, des vies brisées, des secrets, des silences, des règlements de compte, de la tragédie, des rebondissements et un dénouement qui dépote … Mais pas que !

 

« Nous sommes le dimanche 12 juillet 1998 au soir et, depuis quelques heures, la France est championne du monde de football. Pour des raisons différentes, cette date va se graver dans les esprits de chacun des personnages de cette histoire. Ce qui se passera dans dix-huit ans dépend absolument de ce qu’ils vont vivre maintenant. Pour une jeune fille qui marche seule dans Nancy, rien ne sera plus jamais beau. Pour un jeune homme noir, athlétique et sans faille qui entre en discothèque en banlieue parisienne, cette nuit est celle où, à la surprise générale, à commencer par la sienne, il va se laisser dompter. En Normandie, près de Dieppe, pour l’instant occupés à se servir de grands verres de vodka, trois étudiants vont briser leur amitié, ainsi que leur avenir. Plus au Sud, dans le Var, un bébé va venir au monde. Sur le pays entier se lève un formidable vent. Combien de temps soufflera-t-il ? »

 

L’action se déroule dans un village, Vrainville, situé sur la côte normande, à côté de Dieppe. Près de vingt ans plus tard.

A Vrainville, se trouvent les ateliers Cybelle, LE poumon économique de la région. Et là est toute la force de ce polar ! Hervé Commère raconte, entre passé et présent, la vie de chacun des personnages qui peuplent ce livre, la mêlant avec l’histoire de cette entreprise familiale, qui, au départ, en 1919, était « une petite manufacture de bonneterie, spécialisée dans la confection de soutien-gorge et de culottes. » Quelle incroyable histoire que celle de cette usine de sous-vêtements, portée par l’énergie folle d’hommes et de femmes. De femmes surtout. Les ouvrières. Les petites mains dont j’ai adoré suivre le quotidien, le combat, l’engagement, le courage, la folie aussi peut être…. La liberté surtout !

 

« La nuit tombe sur le village. […] il y a de la rage et l’envie de combattre. Plusieurs des couturières ont le sentiment d’être enfin sur le front. L’un d’elles, proche de la retraite, a vu chaque année depuis l’enfance une fille au hasard se déshabiller, revendiquer sa liberté sous les étoiles et les yeux des convives. Elle a à chaque fois envié ces filles qui osaient face à tous, elle a parfois failli, tout près, mais une, plus jolie qu’elle a toujours dégainé avant, la faisant d’un coup se sentir laide, ou bien trop grosse, ou mal faite, en tout cas inapte. Elle a toujours regretté ensuite. Et ce soir, elle s’en fout. Elle est belle. Elle est belle parce qu’elle n’a plus peur de rien, surtout pas du regard de celles et ceux qui sont aussi fragiles, et peureux, et timides qu’elle peut l’être. Ce soir, elle est une parmi tant d’autres, qui refusent de se laisser dompter. […]

La place entière résonne de l’entrain qui monte. Plusieurs autres couturières arrivent près d’elle qui a les larmes aux yeux. […] elles sont une quarantaine, de tous âges et de tous les gabarits, nues sous la lune, et, quelques instants au moins, heureuses comme elles ne l’ont été que très rarement. Elles sont libres. »

 

Hervé Commère nous parle du monde d’aujourd’hui. Raconte l’histoire terriblement humaine d’un conflit social sous fond de mondialisation et de crise économique.

Il dit surtout la nécessité de la lutte, le besoin fou de liberté et  la vie que l’on se choisit… Et c’est rondement mené !

 

GrandPrixdesLectricesElle

Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère, Fleuve-éditions, 2016, 19€90.


11 commentaires

luocine · 15 septembre 2016 à 04h34

J’aime bien ce que tu dis de ce polar , moi qui en lit si peu.

Delphine-Olympe · 15 septembre 2016 à 06h41

Mais dis donc, ça m’a pas l’air mal du tout, ce roman !
Je ne le lirai vraisemblablement pas tout de suite, mais je me le note dans un coin de ma tête, pour quand j’aurai une envie de polar.

LaFée · 15 septembre 2016 à 07h13

Je crois me souvenir que j etais moins enthousiaste que toi à la lecture, mais je ne garde qu un souvenir vague de ce roman…

Léa Touch Book · 15 septembre 2016 à 11h06

J’ai beaucoup aimé ce livre 🙂

Jerome · 15 septembre 2016 à 12h47

L’aspect social a tout pour me plaire. Parce que pour le reste, le polar et moi, tu sais que ça fait deux…

Emma · 15 septembre 2016 à 12h58

Voilà un moment que je veux lire cet auteur, et celui-ci a l’air très intéressant.

Alex-Mot-à-Mots · 15 septembre 2016 à 15h00

Le titre donne le ton !

Laure · 16 septembre 2016 à 09h03

Je n’avais pas vraiment noté ce livre je dois dire, mais le titre est vraiment accrocheur, et il a l’air pas mal du tout. C’est vraiment l’un des avantages du Prix Elle, de découvrir des romans, essais, polars.

sylire · 18 septembre 2016 à 21h56

Je ne suis pas très polar mais j’avais aimé son premier roman. Si l’occasion se présente, j’en lirai d’autres.

Lire au lit · 20 septembre 2016 à 12h02

Fais-tu partie du prix des lectrices ELLE 2017? Moi, j’appartiens au « jury d’octobre »…
J’ai beaucoup aimé ce roman policier… Une belle découverte!
Je n’ai pas encore posté mon article sur mon blog.
A très bientôt!

Valérie · 22 septembre 2016 à 21h09

Nous sommes raccords sur tous les livres pour l’instant.

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