Je me souviens avec précision du moment où j’ai lu les premiers mots de Comme un lundi

Les petites heures du jour, cette parenthèse rare de solitude dans une maison encore endormie, la tasse fumante et le soleil encore timide. Ces minutes précieuses de temps pour soi, ces heures parfaites qu’on voudrait pouvoir retenir encore un peu. Un dimanche un peu chagrin. Dernier instant de liberté. Dernières heures de lâcher prise avant le retour des jours où le temps n’en finit pas de filer. La fin des vacances et de ses journées interminables. La reprise d’une routine souvent usante, des horaires à respecter, des corvées dont on ne peut se défaire…

J’écris comme on ferme les yeux en embrassant quelqu’un.

Et puis sont venus les mots de Thomas Vinau. Et je crois qu’ils disent l’essentiel. Ces matins où tout semble morose, ces journées qui se suivent et n’apportent rien de nouveau, ces nuits qui se ressemblent dans l’oubli volontaire de tout ce qui pèse, abrutit, affadit. L’air de rien, presque à tâtons, il laisse éclore le beau, le doux et le moelleux dans ces instants banals du quotidien. Et soudain tout s’éclaire. Par la grâce d’une envolée d’oiseaux, par l’éclat du rire d’un enfant, par ce sourire qu’on voit naître sur le visage de l’être aimé.

Oui, ça n’a l’air de rien mais il est là le bonheur finalement. Dans ces petits moments suspendus où trivialité et poésie se conjuguent. Dans toutes ces premières fois qui prennent des allures de fête. Dans ces silences partagés. Dans ces heures parfaites où les planètes s’alignent et où tout parait limpide. Et beau. Tout simplement. On referme de recueil regonflé, souriant… heureux de s’être retrouvé, un peu, beaucoup, au creux de ces pages… ♥

La poésie m’a sauvé la vie. Elle accompagne mes peurs, mes manques et mes doutes. Elle tient ma solitude par la main. Elle m’a donné une raison valable de traverser la pluie. (…) Nous sommes ces petites bêtes tragiquement grotesques. Nous luttons, toutes et tous, avec nos grigris dérisoires. Notre insignifiante magie. Nous luttons. Nous nous mouillons. Et parfois d’un rapide coup de langue nous goûtons la pluie. Et parfois c’est bon.

Une douceur qui parle à l’intime partagée avec Hélène

De Thomas Vinau sur le blog : Bleu de travailIci ça vaLe camp des autres

Les avis de Leiloona, Moka, Petit carré jaune

Éditions La fosse aux ours (Août 2018)

114 p.

 

Prix : 15,00 €

ISBN : 978-2-35707-133-9

 

By Hérisson


11 commentaires

Hélène · 1 octobre 2018 à 09h23

J’ai aimé l’atmosphère ouatinée de ce recueil !!

Aifelle · 1 octobre 2018 à 13h09

Je vais le lire bien sûr, j’aime beaucoup cette veine-là chez Thomas Vinau.

Alex-Mot-à-Mots · 1 octobre 2018 à 14h21

Le camp des autres m’avait laissé dubitative. Mais celui semble posséder une petite touche de folie et de poésie.

Didi · 1 octobre 2018 à 20h07

Coucou
j’ai aimé Le camp des autres et j’aime la poésie ordinaire de Thomas Vinau que j’aime lire aussi sur son blog.
Allez bonne semaine de boulot :-S
Bisous

gambadou · 1 octobre 2018 à 21h41

Un auteur dont j’apprécie la plume poétique

krol · 1 octobre 2018 à 22h28

Il me le faut ce livre !

Jerome · 2 octobre 2018 à 13h58

Quel talent ce Vinau !

Nota bene · 4 octobre 2018 à 14h52

Tu viens de me faire ajouter un livre dans ma PAL ! Tendresse et poésie du quotidien : l’idéal pour entrer dans l’automne… J’avais apprécié « Ici ça va » du même auteur.

http://nota-bene.over-blog.fr/2017/09/ici-ca-va.html

Sandrion · 5 octobre 2018 à 16h49

On reconnait tellement le style de Thomas Vinau ! j’ai hâte de découvrir celui-ci…

Blandine · 12 octobre 2018 à 08h02

Merci pour la découverte, de ce livre et de l’auteur !

Antigone · 13 octobre 2018 à 10h10

Il faudra que je me fasse ce petit cadeau ! 😉 Merci pour ce coup de coeur, que tu partages avec Moka.

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