A la veille de ce séjour scolaire à Londres que tous ses camarades attendent depuis des mois, Félix aurait dû être aussi fébrile et excité qu’eux. Au lieu de cela, l’adolescent s’apprête à passer une semaine cloitré chez lui. Il lui aura suffi d’un bobard à sa mère pour s’épargner plusieurs jours d’horreur en compagnie de ceux qui lui pourrissent la vie au quotidien. Impossible d’être invisible avec ses lubies et ses TOC… et trop facile de devenir la cible de tous ces tordus qui s’amusent de sa « différence ».

Pour se défouler, Félix sort un carnet de son bureau et invente une histoire dans laquelle il sacrifie un par un tous les élèves qui chaque jour lui font vivre l’enfer au lycée. A chacun une fin aussi humiliante que sanglante digne d’un bon vieux film de série Z. C’est idiot mais ça lui fait un bien fou à Félix de tuer tous ses ennemis sur le papier. Mais le lendemain, jour du départ de ses camarades, un enchainement d’évènements les oblige à prendre le bus puis le ferry au lieu du train prévu. Des évènements que Félix avait lui aussi décrit – prédit ? – avec une précision étonnante dans son histoire… Hasard morbide ou simple coïncidence ? Horrifié, Félix décide finalement de se joindre au voyage avec sa classe. Si la suite de l’histoire s’écrit comme dans son scénario macabre, il doit absolument empêcher ce voyage de tourner au cauchemar…

Peut-être que la vie est moins extrême que son imagination ? Elle enclenche un machiavélique enchaînement de situations plus glauques les unes que les autres pour simplement exclure les tordus du groupe. C’est tout !

Le hasard, lui, ne le prend pas au pied de la lettre. Qu’il se rassure !

Quel pied ! J’ai pris un plaisir presque coupable à embarquer dans cette espèce de road-trip sanglant, ravie de constater que Gilles Abier n’avait pas l’intention de se contenter de gentilles petites coïncidences. On pourrait craindre le too much mais il n’en est rien. La cruauté est assumée, à tel point qu’on en redemande, l’humour aussi. Résultat, fasciné et horrifié à la fois, le lecteur est pris en otage de la première à la dernière ligne. Les bourreaux deviennent victimes et Félix, clairement dépassé par la tournure des évènements, obtient une vengeance pour le coup très… radicale !

J’ai pris autant de plaisir à lire ce roman que l’auteur a dû en prendre à l’écrire. Gilles Abier tient son histoire de bout en bout, aussi improbable soit-elle, sans oublier de faire réfléchir au passage sur l’acceptation ou le rejet de la différence, quelle qu’elle soit. N’empêche, une telle imagination, ça fiche les jetons… mais bon sang que c’est bon ! Bravo monsieur, il ne manquait plus que le paquet de popcorn, j’étais au spectacle ! Et pas besoin d’être devin pour savoir que ce roman devrait régaler les ados !

Un roman addictif et cruel lu en duo avec Jérôme, comme (presque) chaque mardi.

De Gilles Abier sur le blog : Un de perdu – La piscine était videComment je me suis débarrassé de ma mèreJe sais que tu saisUn jour il m’arrivera un truc extraordinaireTrouver les motsVa te changer ! (avec l’Atelier du Trio)

Éditions Slalom (Octobre 2020)

232 p.

 

Prix : 14,95 €

ISBN : 978-2-37554-267-5

pepites_jeunesse

 


6 commentaires

luocine · 23 février 2021 à 11h56

comme je l’ai dit à Jérôme ce sera sans moi la mort en ce moment …. non merci.

Alex-Mot-à-Mots · 23 février 2021 à 13h00

Ce petit côté Death Note me tente bien, sous la plume de l’auteur.

krol · 23 février 2021 à 21h10

Oh oh ! tout à fait tentant, très très tentant ! J’adore l’idée !

Jerome · 24 février 2021 à 13h08

Rien de too much non, même si le scénario va très, très loin. C’est hyper addictif et totalement déstabilisant, un vrai plaisir de lecture !

gambadou · 24 février 2021 à 18h49

Un super auteur, mais plutôt lycée, non ?

Violette · 25 février 2021 à 19h58

ce scénario qui va très loin me rend curieuse !

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