Les profondeurs insondables du lac Léman. Des morts anonymes qui remontent à la surface par centaines. En son sein veille la Bête. L’heure est à la révélation. La sauvagerie n’a pas de nom. La violence n’a pas de barrières. Et les hommes n’y pourront rien…

Ismaëlle va devenir mère. Seule. Le lac a englouti son père. Elle, a englouti sa propre mère en lui ôtant la vie à sa naissance. En son sein vit l’enfant. Lui survivra-t-elle ou rejouera-t-elle la malédiction familiale ?

Ezéchiel est le fils de l’Ogre. Héritier des sombres heures d’un tyran sanguinaire, sa peau noire et la réputation qui le précède tiennent les autres à distance. A quel point est-on responsable des horreurs perpétrées par son père ? Peut-on expier pour les fautes que l’on n’a pas commises ?

Ismaëlle et Ezéchiel. Inévitable rencontre de deux âmes esseulées. Ils affronteront la Bête. S’aimeront jusqu’aux larmes. Engendreront le beau. Et leurs voix se mêlent. Elles ont ce petit côté lancinant et incantatoire. Elles hypnotisent. Captent l’instant…

Il y a une vraie force dans le roman de Vincent Villeminot. Une force qui désarçonne et affaiblit son lecteur pour mieux le rendre vivant quelques pages plus tard. On voudrait le reposer ce livre là, on ne s’y reconnaît pas, ou on s’y reconnait trop. On voudrait savoir où l’auteur nous embarque, ce qu’il y a dans cet esprit là, ce qui le nourrit, ce qui le rend fou. On voudrait… mais on ne peut pas. Ça agace, ça ne prend pas, ça s’emmêle… et puis ça s’enflamme et ça foudroie quand ça dit le désir, la colère, la vengeance et l’amour. J’aurais pu ne pas l’aimer ce roman là. J’ai commencé par ne pas l’aimer d’ailleurs. Il a pourtant fini par me terrasser…

A quoi tiennent les rencontres finalement…? Les mots de Vincent Villeminot, sa folie, sa poésie, ses démons et sa vision hallucinée de notre monde… ont fait le reste. Merci à Moka d’avoir fait ce choix audacieux pour sa sélection de marraine des matchs de la rentrée littéraire ♥

Les avis de Charlotte, Géraldine, Petit carré jaune

Je ne comprends pas tout.

J’entends cette assurance que la sauvagerie peur reprendre cette nuit ; elle n’a jamais cessé, elle est tapie en nous.

Il se frappe la poitrine.

J’écarquille les yeux.

Et en voyant nos villes, pour la première fois, je vois. Des écailles tombent, elles font un petit bruit en roulant sur le pont. Les lueurs verdâtres des écrans, les lueurs d’incendie qui couvent. L’entreprise de pillage, même pendant la paix. Les cris qui montent des tombeaux et des coffres. Les corps qui se prennent, se possèdent, s’endorment. Des ventres, des ventres qui veulent encore s’emplir, sans cesse.

Les villes m’effraieront, désormais. Je verrai comme lui, à nu, la vérité des hommes.

Éditions Les Escales (Août 2018)

280 p.

 

Prix : 17,90 €

ISBN : 978-2-36569-340-0

#MRL18 #Rakuten

By Hérisson


8 commentaires

sabine · 29 octobre 2018 à 08h43

petit coeur qui bat !!!!

Delphine-Olympe · 29 octobre 2018 à 11h10

Je n’ai pas dû aller assez loin…

Jérôme · 29 octobre 2018 à 12h03

Ouais, ouais, ouais, pas certain d’être foudroyé autant que toi par ce roman. Et ce malgré ton avis hautement recommandable conjugué à celui de la délicieuse Moka 😉

krol · 29 octobre 2018 à 13h02

Faut voir… 😉

nicolemotspourmots · 29 octobre 2018 à 16h44

Tu vois, moi j’ai commencé par aimer et puis… je me suis perdue au fond du lac. Pas fait pour moi celui-ci 🙂

Sandrine · 30 octobre 2018 à 09h06

Une très belle découverte pour moi aussi. Je me suis laissée embarquer sans tout maîtriser !

Alex-Mot-à-Mots · 30 octobre 2018 à 18h02

Après avoir lu ton billet, je suis presque tentée de le relire.

Amandine · 2 novembre 2018 à 18h53

Un texte qui n’a pas l’air de faire l’unanimité mais qui éveille ma curiosité. Oserai je passer le cap?

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