jupe et pantalon

Je n’étais pas sûre de vouloir lire ce roman. Une appréhension plus liée à la narration – que je savais très particulière – qu’aux thèmes abordés qui eux avaient une grande chance de me parler. Je savais pourtant que je risquais fort de croiser sa route grâce à l’opération des 68 premières fois et je m’étais préparée à accepter de sortir de ma zone de confort sur les chaudes recommandations des autres lecteurs de la chaîne… Coup de cœur pour les uns, OVNI pour les autres, restait à savoir dans quel camp j’allais me situer…

 

Pour être honnête, ce roman m’a longtemps résisté. J’ai tourné les premières pages mi sceptique, mi agacée. J’ai grimacé, survolé certains passages, carrément sauté des paragraphes… Cette narration ne me parle pas. A plusieurs reprises je repose le livre en étant persuadée de ne pas le reprendre. Après tout ça peut arriver que la sauce ne prenne pas…

 

C’est rageant quand même de se sentir tellement en marge… Et puis ma Framboise, qui vient aux nouvelles régulièrement pour me demander si j’avance dans ce bijou. Parce qu’elle adore elle, elle se régale. Et elle n’est pas la seule. Alors je continue, je m’accroche…

 

Et puis vient cette deuxième partie. Ce n’est plus le corps de l’héroïne qui s’exprime – ses jambes, ses mains, ses fesses, son cerveau… – , même s’il a toujours voix au chapitre, même s’il a toujours son mot à dire. Et notre héroïne a enfin un prénom. C’est à ce moment là que l’histoire a pris tout son sens pour moi. A ce moment là que toute la première partie que j’avais si difficilement ingurgitée est apparue comme nécessaire. Tout est devenu limpide, les pièces se sont doucement imbriquées… et je n’ai plus du tout eu envie d’abandonner Agathe. J’ai eu envie de lui prendre la main, de l’accompagner, de l’aider, de la réconforter. J’ai eu envie de lui dire qu’on se ressemblait un peu et que non, les wonder-maman-épouse-amante-executive woman… ça n’existe pas. Je l’ai vue lentement glisser et se prendre les pieds dans le tapis, s’épuiser, s’éteindre. A force de trop tirer sur la corde…

 

Alors oui, il est déstabilisant ce roman. Prenant. Atypique. Passionnant. Original. Et vrai. C’est ce que je retiendrai surtout, ce très beau, très juste portrait de femme en plein désordre intérieur, ce combat intime qui permet un lâcher-prise salutaire et un coup de pied dans les sacro-saintes « habitudes » qui nous pourrissent la vie. Pour s’accepter fragile, imparfaite, égoïste, lâche et vivante. Enfin.

 

Comme quoi il est parfois bon de sortir de sa zone de confort… Merci à Framboise d’avoir partagé cette lecture avec moi… et merci aux fées des 68 premières fois de l’avoir mis sur ma route !

 

Les avis de Charlotte, Eimelle, l’Irrégulière, Joëlle, Kathel, Leiloona, Lucie, Miss Léo, Nicole, Sabine, Séverine, Sophie Adriansen

 

Le blog de l’auteure

 

Premières phrases : « Je me prénomme Marguerite. Ma jumelle c’est Mirabelle. Drôles de prénoms. D’aucuns verraient dans ces deux grands M une prédestination : deux jambes pour un même mouvement. »

 

Au hasard des pages : « L’avenir était devant nous. C’était avant le grand carrefour. Avant que l’amant devienne mari, avant que la femme soit mère, avant que l’envie se mue en rancœur et que l’insomnie détruise les rêves. » (p. 135)

 

Éditions Alma (Février 2016)

297 p.

 

Prix : 18,00 €

ISBN : 978-2-36279-170-3

 

  ob_fa2de0_logo


23 commentaires

luocine · 26 mai 2016 à 06h49

Un livre qui demande de passer sur une première partie avant de bien l’apprécier. Et une toute jeune auteure , je le mets dans un coin de ma mémoire. Elle a un bien joli sourire cette Julie.

Albertine · 26 mai 2016 à 08h13

J’ai hâte de le recevoir. Des « fesses » qui parlent ? Cela doit être effectivement une expérience de lecture…

clara · 26 mai 2016 à 08h26

J’attendrai qu’il soit à la biblio en gardant à l’esprit cette première partie .

framboise · 26 mai 2016 à 08h27

<3 <3 <3 ravie je suis de ce partage ma Noukette
et toutafé ravie aussi de cette folle aventure des 68 premières fois <3

Alex-Mot-à-Mots · 26 mai 2016 à 10h29

Tu avais un sacré coach pour finir de lire ce roman.

Nicole G · 26 mai 2016 à 11h53

C’est drôle, moi j’ai tout de suite accroché, j’ai adoré la première partie, la façon dont Julie Moulin s’en sort sans tomber dans un côté gadget… La seconde partie m’a permis de trouver l’émotion après le côté apparemment léger de l’entame.

eimelle · 26 mai 2016 à 12h25

une belle réussite!

keisha · 26 mai 2016 à 14h22

Intrigant! Heureusement qu’on t’a aidée à continuer, alors!

Pr. Platypus · 26 mai 2016 à 14h28

Je suis comme toi, franchement pas convaincu par cette idée de narration. Bon, je suis toujours sceptique, mais tu n’es pas loin de me convaincre de tenter le coup… Si je le trouve à la bibli peut-être !

L'Irrégulière · 26 mai 2016 à 16h50

C’est clair que c’est peu commun !

Kathel · 26 mai 2016 à 17h35

Je savais à quoi m’attendre pour la première partie, qui ne m’a pas déstabilisée. J’attendais un peu autre chose, un nouvelle ligne, quand la deuxième partie est arrivée, à point nommé.

Pierre · 26 mai 2016 à 17h58

J’ai beaucoup aimé ce livre. Original, tellement vrai et un humour qui compense la contemporainitude du sujet…

Delphine-Olympe · 26 mai 2016 à 19h32

M’est avis que, comme toi, je mettrais du temps à rentrer dedans. Mais apparemment on a tout à gagner à s’accrocher.

Leiloona · 26 mai 2016 à 21h44

Pareil, j’ai eu du mal avec la première partie, la seconde m’a plus plu, et c’est marrant car habituellement c’est l’inverse que j’ai lu ! 🙂

MYMY · 27 mai 2016 à 10h40

Bizarrement la première partie ne pas dérangée et j’ai même apprécié certaine scènes cocasses..et la seconde partie est également très chouette ! Pour moi belle découverte !MYMY des 68 PREMIERES FOIS
http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2016/05/09/33754409.html

jerome · 27 mai 2016 à 15h06

Même si tu as fini par succomber, je ne pense pas que ce sera mon cas (en mode vilain petit canard^^ ).

manU · 27 mai 2016 à 22h30

Comme quoi parfois, il faut persévérer…

Marion · 29 mai 2016 à 09h02

Décidément vous êtes plusieurs à me tenter avec ce titre là…

Mo · 30 mai 2016 à 07h42

Déstabilisant donc, dans un premier temps du moins. Je note, à l’occasion, cela me tente bien de faire l’expérience

krol · 30 mai 2016 à 22h33

Et bien dis donc, tu m’intrigues fort !

laurielit · 4 juin 2016 à 13h18

Je viens de le commencer, ta chronique me rassure car je suis à peu près dans le même état que toi au début du roman. Mais je vais m’accrocher, puisque cela a l’air d’en valoir la peine! biz

Philisine · 7 juin 2016 à 19h58

L’incipit est bien et l’extrait que tu as choisi est musical. De là, à ce que je le lise, il faut juste que je trouve du temps. Bises

Jupe et pantalon – Julie MOULIN – Bar à BD · 26 mai 2016 à 00h02

[…] découvrir le billet de ma Noukette, c’est par […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *