Les rêves en noir et blanc – Hanna Vernet

les-reves-en-noir-et-blancLes premiers romans, c’est quelque chose, vous savez. Pour ceux qui s’élancent dans l’écriture comme pour nous, simples-lecteurs-ébahis-devant-tant-d’audace !

 

Découvrir une nouvelle plume, c’est magique. Un peu comme découvrir un trésor, un secret enfoui et qui promettrait le meilleur…

 

Découvrir des nouveaux mots, c’est une émotion un peu folle. Rare. Quelque chose de précieux. La saveur d’un présent inattendu …

 

Et quand c’est une amie qui écrit, soudain, ça devient autre. Ou du moins, plus fort encore, plus épatant, plus savoureux sans aucun doute !

 

Hanna est ma copine de fac. Celle qui me tient la main depuis 3 ans déjà, sur les bancs de l’Université. Avec elle, j’ai grandi, me suis lancée dans un doctorat et dans l’enseignement. Si ! Avec elle, tout contre elle plus justement, j’ai affronté les premiers cours, les premiers colloques, les premiers errements, les premières grandes joies, les premiers déboires aussi…. Avec elle, j’ai débuté ce changement de vie un peu fou, un peu incertain, qui me laisse parfois sans voix, sans force…. Elle, toujours, envers et contre tout, sans jugement, sans pression, est là…

Alors, pour toutes ses choses (et pour ce qu’on ne peut pas raconter ici ou là) et pour cette nouvelle écriture qui se dessine dans ce premier roman, je vais vous raconter, un peu maladroitement (l’émotion sans aucun doute) cette belle histoire d’amour et d’absolu. L’histoire de Philéa… Et de Théo…

 

« L’histoire en elle-même est tout aussi banale que la fille qui l’a écrite. Pourtant, elle mérite d’être racontée ici pour rendre hommage au courage de cet homme et de cette femme qui ont essayé de s’aimer, sans attache, tout en sachant que c’était perdu d’avance, tout en sachant qu’ils ne pourraient pas se sauver l’un l’autre, ni se soulager, et qu’ils mouraient un jour sans laisser aucune trace de cet amour. Voici l’histoire d’un homme et d’une femme qui ont fait l’expérience de la solitude à deux, sans jamais fléchir sous le poids de l’espoir, pour sauver la seule idée en laquelle ils croyaient : tout est perdu d’avance. Rien ne dure jamais. »

 

Philea, quel drôle de nom ! Elle est libraire, dotée d’une « petite boutique de livres anciens et d’occasions cachée au fond d’une ruelle. ». Philea a 25 ans. Jeune femme fragile, sensible, mélancolique, forte, lourde, intelligente, torturée sans doute, abimée déjà… qui se réfugie dans la littérature pour oublier un peu la pesanteur de l’être.

Et puis Théo. Rencontré à une soirée. Malsain et détestable. Un poseur. Un loup, qui « ne prend même pas la peine de se faire passer pour la Mère-grand. » Un taré ? Elle ne sait, elle joue. « Quelque chose l’attire et la repousse à la fois. »

Théo. Et Philea…

 

Une romance me direz-vous ? Pensez-vous ! C’est tellement plus que ça ! Une histoire sublime, passionnée, enchantée, sombre et tragique à la fois. Une histoire qui cause de la vie, qui dit l’intérieur, met en mots le vertige de l’amour.  Qui raconte cet élan qui nous pousse vers l’autre, vers toi peut être ?!

Les rêves en noir et blanc est un premier roman superbement écrit, finement ciselé, plein de vie et de noirceur. Avec de l’amour aussi dedans évidemment !

Hanna-ma-copine-qu’elle-est-tellement-pfiouuu-talentueuse dit les méandres du cœur. A travers Philea, à travers ses pensées, ses doutes, ses désirs, ses baisers, ses envies, ses abîmes, ses débordements…. Elle nous raconte un peu. Met des mots sur ce qui parfois nous dévore toutafé l’intérieur. Comme c’est beau, comme c’est bon de revivre les élans du cœur, moi, qui avec mon grand âge et ma petite vie si bien rangée/installée (pavillon-époux-minots-boulot-tisane-et-dodo-à10h-du-soir !) redécouvre, le temps d’une centaine de pages les frissons de la passion !

 

Évidemment, c’est un premier roman, évidemment son écriture doit prendre de l’ampleur, de la densité peut-être. S’étoffer. Grandir. Se patiner. Et en même temps, c’est déjà tellement beau, tellement bon, même dans les (rares) imprécisions. C’est d’ailleurs ce que j’aime par-dessus tout dans les premières publications : les imprécisions, les maladresses, les fragilités, les emportements… Les tournures peu convenues, peu formatées encore, pas calibrées ni bien-comme-il-faut. Et cette énergie folle qui s’en dégage. Comme si l’écriture venait de l’intérieur, presque sans filtre, presque sans protection. Nue. Un truc du ventre et du cœur. Un truc qui dit soi, qui dit l’autre et qui, comme dirait Sabine, fait BOUM !

 

Merci ma copine, je suis tellement, tellement fière de toi ♥

 

«  Elle voudrait pouvoir se dire que vivre n’est pas une urgence. Qu’elle a le temps. Mais elle ne peut pas. Elle est comme possédée par l’idée de TOUT faire, TOUT voir, TOUT ressentir avant qu’il ne soit trop tard. Pourtant, de l’extérieur, elle semble toujours très calme. Jamais un cri. Jamais un emportement. Ses colères sont profondes et silencieuses. Enfouies avec soin, sous une froideur impassible. Ses colères n’ont pas de raison. Elles sont sans origine. Sa tristesse aussi. Mais si quelqu’un prenait le temps de la regarder vraiment, il verrait les marques imperceptibles d’une violence à peine voilée. Là, à fleur de peau, ses veines, rigoles tourmentées de ses passions, de ses angoisses… »

 

A lire les copains, je crois vraiment….

 

Les rêves en noir et blanc, Hanna Vernet, IS Edition, 2016.

24 commentaires sur “Les rêves en noir et blanc – Hanna Vernet

    • Moi non plus héhé, mais cette histoire-là, elle vaut le coup je crois ! Tu me diras ?
      Merci d’être passée par là….

  1. Tout est dit et très bien dit… je garde un très doux souvenir de cette lecture, entière et sensible à l’image d’Hanna. A lire, à faire découvrir autour de soi !

  2. Je ne manquerais pas de le découvrir si je tombe dessus, ce n’est pas trop le genre qui m’attire mais c’est tellement beau ce que tu en écris.

    • Oh merci, suis toute émue de vos mots ! Avais un peu la pétoche la vérité ! Pas simple de raconter un roman qu’on a aimé, un 1er roman écrit par ma copine aussi ! Tu me diras s’il t’a plu ?

  3. A découvrir ! J’ai trouvé l’écriture très sensible, très sensuelle…..
    Moi non plus je ne suis pas attirée par ce genre, mais je me suis laissée complètement emportée par cette histoire ! Très fière d’Hanna aussi 🙂 🙂
    Bravo pour billet formidable 😉

    • Moi non plus pour tout te dire ! Jamais je n’aurai plongé dedans si Hanna ne l’avait pas écrit ! Et suis bien contente de cela, d’avoir franchi le pas, parce que, je crois, c’est une très belle lecture…. Tu me diras ?

    • Merci, j’espère que, si tu te lances dans cette lecture, ce 1er roman te plaira autant qu’à moi 😉 Il en vaut la peine, je crois !

  4. ce billet est à marquer d’une pierre blanche car il raconte trois choses , une belle amitié entre toi et l’auteure, ce que représente un premier roman et ce roman lui même , je ne suis pas certaine de le lire mais je me souviendrai longtemps de ce beau billet!

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