Dieu me déteste – Hollis Seamon

Dieu me détesteRichard Casey fêtera bientôt ses 18 ans. Du moins il l’espère. Avant ça il a une liste longue comme le bras de choses à faire, toutes plus urgentes les unes que les autres. Déjà, il faudrait qu’on respecte son intimité, mais sa mère est là, toujours, et elle ne le lâche pas d’une semelle. Si encore elle était la seule…

 

Vivre intensément, voilà le seul rêve de Richard. Aimer. Vibrer. Ressentir des émotions fortes. Faire l’amour aussi. Et pour ça Richard a peu de temps. « Remettre ça à demain, ici ? C’est risqué, vous ne croyez pas ? On n’en a pas des wagons en stock, des lendemains ». Ici, c’est l’unité des soins palliatifs, le bout du chemin en quelque sorte… l’étage d’où l’on ne ressort que les pieds devant. Oui mais en attendant, Richard compte bien vivre. Laisser exploser sa colère. Faire un pied de nez au destin.

 

Et il n’est pas né celui qui l’empêchera de vivre à fond ses derniers instants sur cette fichue planète où un dieu laisse crever les gosses…

 

C’est peut-être difficile à croire mais Dieu me déteste est un roman lumineux. On en ressort le cœur lacéré et pourtant, tout au long de la lecture, il aura battu plus fort. On y parle d’amour, d’espoir, on y dit la vie, la mort aussi bien sûr… et tellement plus que ça.

Richard et Sylvie sont un peu comme Roméo et Juliette, on aimerait leur faciliter la tâche, les aider à s’évader de leur prison en leur ouvrant grand la porte. On aimerait faire le guet devant leur chambre pour qu’ils se découvrent en toute intimité, éteindre la lumière et les laisser dans leur bulle… Parce qu’on les aime ces deux-là. Ils ont la fougue et l’obstination de la jeunesse, la rage des derniers instants, des rêves plein la tête, des promesses à concrétiser… et la vie devant eux. Non justement, ça ils ne l’ont pas. Pas une raison pour leur mettre des bâtons dans les roues. Aussi bien intentionné qu’on soit…

 

Les points forts de ce roman ? Un humour à toute épreuve et des personnages absolument irrésistibles. Un oncle dingo, une grand-mère fantasque et un personnel généreux prêt à braver les interdits au nom de l’amour. Des gamins têtus, irresponsables et un peu fous qui envoient tout valser et rendent chèvres ceux qui tentent vainement de les protéger. Des gamins fous de désir pourtant bien conscients que tout ceci est illusoire…

 

Triste ? Croyez-le ou non mais on se sent bien dans ce roman. On a envie de tenir la main de Richard et Sylvie longtemps. Et si on souffre avec eux, on sourit aussi souvent. Très fort ce roman, tellement juste et si plein de tendresse… Une vraie réussite et un beau coup de cœur !

 

 

Une lecture que j’ai grand plaisir à partager avec Jérôme, Karine, Liliba et Stephie

 

 

Les avis de Antigone, Cathulu, Clara et La sardine.

 

 

Premières phrases : « Eh, je vous baratine pas. Je suis fiable à cent pour cent, je vous jure. Moi, Richard Casey – alias l’incroyable garçon mourant -, je vis bien en ce moment même, quoique temporairement, dans l’unité de soins palliatifs que je vais vous décrire ici. Au troisième étage de l’hôpital Hilltop, à Hudson, dans le grand État de New York. »

 

 

Éditions La belle colère (Mars 2014)

276 p.

 

17 commentaires sur “Dieu me déteste – Hollis Seamon

  1. Elle a raison Liliba, tu as choisi le bon mot en qualifiant ce roman de lumineux, c’est exactement ça. J’y suis allé un peu à reculons au départ mais au final ça restera une lecture vraiment marquante.

  2. Plus je lis d’avis, et plus je vois que c’est un incontournable. J’ai déjà Nos étoiles contraires dans ma PAL que je comptais lire bientôt, à voir si je pourrai lire les 2 dans la même année. Ça me semble ambitieux, vu le sujet.

    • Effectivement, c’est plutôt ambitieux… Et ce sont finalement des lectures très différentes malgré leur thème… Hâte de savoir par lequel tu vas commencer, ce sont deux lecture marquantes !

  3. Maintenant que j’ai lu ce roman et réussi à écrire mon billet, je viens lire les avis des autres afin de rester encore un peu dans le royaume de King Richard.

    Tu parles de façon tellement juste de Richard et de son monde ! Comme toi j’ai vraiment aimé tous ces personnages qui rendaient les couleurs déprimants de l’hopital bien lumineux. Comme toi j’ai eu le coeur lacéré, mais encore comme toi, je me suis pourtant sentie très bien entre ces pages, notamment grâce à l’humour très juste <3
    Voilà un roman que je n'ai pas fini de conseiller autour de moi !
    Des bisous,
    Cajou

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